Les discussions avec les autorités libyennes se sont concentrées sur les limites des domaines maritimes de chacun, celles avec Doha touchant plutôt à l’approfondissement des échanges économiques.


Depuis quelques années, le gouvernement grec a entamé une montée en puissance diplomatique, en prenant un ton plus actif dans les sujets concernant la Méditerranée ainsi que le Moyen-Orient. Ceci est allé de pair avec l’accroissement des dépenses militaires nationales en vue d’augmenter leurs capacités d’action, mais aussi la recherche de synergies avec des pays alliés, comme l’Ukraine concernant la construction de drones maritimes.
Les pourparlers entamés auprès du Qatar et de la Libye sont le symbole de cette nouvelle politique : bien que ne partageant pas les mêmes objectifs, ils permettent à la Grèce de chercher de nouveaux débouchés commerciaux tout en montrant qu’elle est un interlocuteur digne d’intérêt.
Une rencontre à Tripoli sous le thème d'un nouveau départ
Le ministre des Affaires étrangères, George Gerapetritis, a rencontré le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah (du Gouvernement d’unité nationale) à Tripoli la semaine dernière. Désireuses d’avancer sur le sujet des zones économiques exclusives (espace maritime sur lequel l’État côtier possède une totale souveraineté), les deux parties se sont entendu sur la création d’un comité mixte pour faciliter les négociations.
Selon George Gerapetritis, « nous avons décidé conjointement d'activer le comité mixte, pour s'occupera des questions critiques, réévaluer les accords qui ont été signés et en proposera de nouveaux ». Il a ensuite rappelé l'importance de la coopération entre pays voisins dans un environnement géopolitique turbulent, en déclarant que la Grèce et la Libye devraient promouvoir les questions d'intérêt commun ainsi que « les relations de paix et de prospérité ».
De nouvelles coopérations envisagées dans des secteurs variés
Des sources diplomatiques situées à Athènes ont confirmé une amélioration sensible des relations entre les deux nations depuis l’année précédente. En septembre 2025, une première conférence technique avait déjà eu lieu, suivi de l’ouverture d’un vol direct entre Athènes et Tripoli, et de nouvelles coopérations commerciales.
La question des migrations a aussi été mentionnée, la Libye étant un point de départ pour ceux souhaitant rallier l’Europe. De janvier à juin 2025, 24 583 migrants ont emprunté cette route, ce qui en fait le premier point d’entrée vers le Vieux continent. George Gerapetritis a fait remarquer que si les flux entre la Grèce et l’ouest libyen sont quasi-nuls, ceux entre la Crète et l’est libyen sont substantiels, ce qui rend nécessaire de plus amples discussions bilatérales.
Une visite de l’Émir du Qatar axée sur les échanges économiques
Le Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani a rencontré sur la même période le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis à Athènes, dans sa résidence officielle. Le premier point abordé durant cette entrevue concerne la liberté de navigation, les deux participants renouvelant le souhait de son rétablissement dans le détroit d’Hormuz. La situation au Liban a aussi été abordée, le communiqué réalisé ensuite affirmant la nécessité de soutenir le gouvernement libanais, de maintenir le cessez-le-feu et de conclure un accord de paix pour ramener la sécurité et la stabilité dans la région.
Le document annonce ensuite qu’un mémorandum entre le ministère grec de l’Alimentation et du Développement rural et le ministère qatari de l’Environnement et des Municipalités a été signé concernant la coopération agricole. Il évoque par ailleurs la perspective d’autres accords dans le domaine de la défense, de la culture et de l’éducation. Enfin, les possibilités d’investissement de Doha dans les infrastructures énergétiques et les data centers grecs ont été passées en revue.


























