Par rapport au reste de l’Union européenne, le pays compte moins de grandes entreprises capables d’investir dans son futur, ce qui complique en premier lieu la pérennité de son modèle économique.


Depuis la crise de la Covid-19, l’économie grecque semble avoir définitivement tourné la page des années 2010 : croissance économique soutenue, excédents budgétaires obtenus sur plusieurs années, et confiance retrouvée de la part des marchés financiers. Mais il subsiste un problème insidieux qui ralentissait déjà Athènes avant même le crash financier de 2008 : la nature de ses entreprises.
Un nombre élevé d’entre elles sont de petite ou moyenne taille, ce qui en font l’équivalent des PME françaises, et emploient une part importante de la main-d'œuvre, notamment dans les secteurs à faible intensité. Ceci explique en partie le retard de la Grèce en matière de productivité par rapport à l'UE, retard aggravé après les années de crise en raison de la faiblesse des investissements productifs.
1 Grec sur 2 travaille en PME
Selon le bulletin économique hebdomadaire d'Alpha Bank, un salarié de petite et moyenne entreprise hellène ne produit en moyenne que 25,5 % de la valeur ajoutée produite par un salarié d'une grande entreprise. Les estimations de la Commission européenne montrent qu'il s'agit du pourcentage le plus bas de l'UE, où la moyenne est de 60,9 %. Plus précisément, près d'un salarié grec sur deux (47,5 %) travaille dans une structure de moins de 10 personnes, qui éprouve généralement des difficultés à réduire ses coûts d'exploitation et à investir dans les nouvelles technologies. Dans l'UE, ce chiffre est de 30,4 %.
Bien que ces entreprises emploient une part beaucoup plus importante de la main-d'œuvre en Grèce, elles ne produisent que 23,5 % de la valeur ajoutée brute (VAB), contre 20,4 % dans l'UE. En revanche, les grandes entreprises d'au moins 250 salariés, qui affichent une productivité du travail plus élevée, n'emploient que 15,4 % des Grecs et produisent 41,7 % de la valeur ajoutée brute (VAB). Au sein de l'UE, la situation est beaucoup plus équilibrée : les grandes entreprises représentent une part bien plus importante de l'emploi (36,3 %) et produisent 48,3 % de la VAB.
Une composition qui ne favorise pas
Par ailleurs, l'économie grecque repose fortement sur le secteur des services, notamment la restauration, l'hébergement, le commerce et les transports, des secteurs à faible intensité de main-d'œuvre et à productivité relativement faible. Selon les analystes d'Alpha, le secteur des services emploie environ 37 % de la population active et produit environ 25 % de la valeur ajoutée brute totale. À l'inverse, l'industrie, où la production repose davantage sur les machines et les technologies que sur le travail humain, emploie environ 9,5 % des travailleurs grecs et produit 15,2 % de la valeur ajoutée brute totale, affichant une nette amélioration ces dernières années.
Un autre facteur expliquant le retard de productivité de la Grèce est la baisse des investissements productifs pendant la crise. Selon le bulletin, les investissements en pourcentage du PIB se sont cependant redressés au cours des cinq dernières années, atteignant 16,9 % en 2025, un niveau légèrement supérieur à celui enregistré en 2010, et réduisant ainsi l'écart avec l'UE.


















