Édition internationale

L’âge d’or du cinéma Grec

Fortement inspiré par le théâtre antique et porté par la comédie et le mélodrame, le cinéma grec a connu un essor spectaculaire au milieu du XXᵉ siècle. Une histoire riche, façonnée par les crises politiques autant que par l’audace artistique.

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Écrit par Rémi Barjolle
Publié le 9 janvier 2026

Le début du XXᵉ siècle marque l’entrée de la Grèce dans le monde du cinéma. C’est à cette époque que les Athéniens découvrent le premier court métrage grec, réalisé par les frères Manakis.

Peu après, ces derniers importent pour la toute première fois une caméra cinématographique, qu’ils utilisent pour tourner leurs premiers longs métrages. Intitulé Les Tisserands, ce premier film est un documentaire d’une heure consacré à leur grand-mère, tisseuse et fileuse.

 

Les guerres interrompent massivement la production

La production de films grecs se voit fortement interrompue par les nombreuses périodes de guerre qui marquent le début du XXᵉ siècle. La Première Guerre mondiale, les guerres gréco-turques, la Seconde Guerre mondiale ainsi que la guerre civile grecque freinent durablement le développement du cinéma dans le pays.

Cependant, cette période voit également naître des œuvres importantes qui marquent leur époque. Daphnis et Chloé (1931) d’Orestis Laskos devient le premier film européen à proposer une scène de nudité. L’Amoureux de la bergère (1932) de Dimitris Tsakiris est quant à lui le premier film parlant grec.

 

Le mélodrame et la comédie se démarquent comme genres principaux

Après cette période troublée, le cinéma grec connaît un renouveau à partir de 1950, considéré par de nombreux critiques comme son apogée. Cet âge d’or dure jusqu’en 1969. Durant cette période, la Grèce devient le pays produisant, proportionnellement à son nombre d’habitants, le plus de films au monde.

Plusieurs genres émergent alors, notamment le mélodrame et la comédie, qui s’imposent comme dominants. Le cinéma grec dépasse désormais les frontières nationales et obtient une reconnaissance internationale. De nombreux réalisateurs, acteurs, producteurs et scénaristes sont salués par la critique. Ces deux genres sont largement inspirés du théâtre grec, nombre de cinéastes étant également dramaturges et adaptant eux-mêmes leurs pièces à l’écran.

 

Un public en quête de légèreté

Pour le mélodrame, cette période marque également le début de son déclin. Étroitement surveillé par les vainqueurs de la guerre civile qui a divisé le pays, il est soumis à une forte censure. Par ailleurs, une population marquée par une décennie de souffrances se reconnaît davantage dans un cinéma plus léger et insouciant, favorisant ainsi l’essor de la comédie.

Néanmoins, le mélodrame offre encore plusieurs œuvres de référence, telles que Les Lanternes rouges (1963) de Vasílis Georgiádis, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, mais aussi La Louve (1951) de Maria Plyta ou La Terre noire (1952) de Stélios Tatassópoulos.

La comédie, quant à elle, attire massivement des spectateurs de toutes les générations dans les salles. Le public est séduit par la mise en scène de personnages souvent issus de la classe moyenne ou populaire, plongés dans des situations comiques, parfois poussées jusqu’à l’absurde.

Parmi les grandes références de cette époque figurent Stella (1955) et La Fille en noir (1956) de Michael Cacoyannis, tous deux récompensés par un Golden Globe, ainsi que Jamais le dimanche (1960) et Zorba le Grec (1964), tous deux couronnés par un Oscar.

 

La comédie grecque traverse les époques

Après cet âge d’or, dès les années 1970, le cinéma grec connaît une baisse importante de sa production, progressivement supplanté par la télévision. Toutefois, contrairement au mélodrame, la comédie continue d’exister et de se renouveler, y compris dans le cinéma contemporain.

Aujourd’hui encore, la comédie grecque séduit les amateurs de cinéma. Le réalisateur, producteur et scénariste grec Yórgos Lánthimos en est l’un des exemples les plus marquants. Il remporte le prix Un certain regard au Festival de Cannes en 2009 pour Canine, puis le prix du jury en 2015 pour The Lobster.

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