L’année 2025 restera dans les mémoires comme une période de fortes contradictions pour la Grèce. D’un côté, le pays a consolidé sa place sur la scène européenne. Mais de l’autre, des catastrophes naturelles, des crises sociales et une opinion publique pessimiste ont mis à rude épreuve la cohésion nationale.


Sur le plan économique, 2025 a été marquée par des indicateurs positifs. La croissance du PIB s’est stabilisée autour de 2,1 %–2,2 %, portée par la consommation et les investissements publics. Le pays relève une baisse du chômage significative à hauteur de 8,1, niveau le plus bas enregistré depuis 2009. Le ratio dette/PIB poursuit sa baisse, amorcé depuis plusieurs années, ce qui améliore la confiance des investisseurs.
La hausse du coût de la vie et les difficultés sociales ont persisté
Dans ce contexte, la Grèce a renforcé sa présence européenne. L’élection de Kyriakos Pierrakakis à la présidence de l’Eurogroupe a été saluée comme une reconnaissance de la discipline budgétaire du pays par la Banque centrale européenne. Cette récompense diplomatique place Athènes dans un rôle stratégique au sein de l’Union européenne.
Malgré ces succès, la hausse du coût de la vie et les difficultés sociales ont persisté. En décembre, le Parlement a approuvé le budget 2026 au milieu de grèves généralisées et d’une flambée des loyers dans les grandes villes. L’augmentation du salaire minimum à 950 € est parvenue à apaiser certaines tensions, mais beaucoup de citoyens estiment que cela reste insuffisant face à la hausse des dépenses quotidiennes.
Vulnérabilité face aux nouvelles dynamiques géologiques et climatiques.
L’un des épisodes les plus marquants de 2025 a été la crise sismique à Santorin. Plus de 12 800 secousses ont été enregistrées dans l’archipel des Cyclades, forçant l’évacuation de plus de 11 000 habitants et touristes. Cela a révélé la vulnérabilité du pays face aux nouvelles dynamiques géologiques et climatiques.
À l’été, l’île de Chios a subi des incendies dévastateurs. Les feux ont ravagé environ 6 200 hectares de forêts et de terres agricoles, amplifiés sous l’effet de vents violents et d’une vague de chaleur extrême. Ces événements ont rappelé l’intensification des risques liés au changement climatique dans le bassin méditerranéen.
Des manifestations dans tout le pays
Les mobilisations sociales sont devenues un autre thème central de l’année. Les agriculteurs ont secoué le pays, avec des milliers de tracteurs bloquant l’autoroute Athènes-Thessalonique. Ces mobilisations ont été déclenchées par un scandale de fraude dans l’agence de paiement des subventions agricoles (OPEKEPE), laissant de nombreux agriculteurs sans fonds essentiels.
En parallèle, les débats sur la tragédie de Tempi ont ravivé une profonde indignation publique. Ce drame ferroviaire tragique a continué à alimenter la frustration à l’égard des autorités tout au long de l’année. Les manifestations, présentes dans tout le pays se sont rassemblée sous le slogan :
« Je ne peux plus respirer ».
Une collaboration énergétique avec les Etats-Unis renforcée
Sur le plan stratégique, la Grèce a poursuivi ses efforts pour devenir un pôle énergétique et militaire régional. Un accord avec l’entreprise américaine ExxonMobil a relancé l’exploration pétrolière offshore près de Corfou, marquant un tournant dans la politique énergétique du pays. La collaboration énergétique avec les États-Unis s’est poursuivie, notamment avec le port d’Elefsina, destiné à devenir un pôle stratégique majeur dans l’acheminement de GNL.
Athènes a aussi avancé ses projets de défense, renforçant ses capacités militaires avec de nouvelles frégates et avions de combat. Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large de sécurité dans l’est de la Méditerranée.
Une année riche en évènement pour la Grèce
Malgré ces évolutions, l’optimisme populaire a reculé. Selon un baromètre récent, seulement 35 % des Grecs considèrent que le pays va dans la bonne direction, contre une part plus élevée l’année précédente. L’insécurité économique et les défis sociaux expliquent en grande partie cette désillusion.
L’année 2025 a été riche en événements pour la Grèce : entre croissance économique, défis environnementaux, tensions sociales et avancées stratégiques, le pays se trouve à un tournant décisif. Tandis que certains secteurs progressent, d’autres mettent en lumière des fractures profondes qui restent à combler dans les années à venir.






















