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Arts et culture - «Au bord de l'eau», l'un des quatre grands classiques de la littérature chinoise

La littérature chinoise compte quatre chefs d'oeuvre classiques : Le Roman des Trois Royaumes, Le voyage en Occident, Le rêve du pavillon rouge et Au bord de l'eau. Ce dernier se distingue par sa multitude de héros - pas moins de 108 ! - et sa portée symbolique : l'importance de la lutte contre la corruption et l'injustice

Au milieu des 3 autres grands romans classiques chinois, «Au bord de l'eau» fait figure d'ouvrage à la fois mystérieux et populaire. Mystérieux car même si on en attribue la paternité à Shi Nai'an (XIVe siècle), le doute continue d'exister quant à l'origine de ce livre épique.

Inspiré de faits réels à l'époque des Song, l'ouvrage s'apparente à une compilation de récits populaires oraux sur le rebelle Song Jiang et sa bande, vaincu par les armées de l'empereur vers 1121, non sans avoir livré une résistance héroïque.

La trame du roman s'inspire donc de faits réels, et fait de Song Jiang le leader d'une armée de 108 héros et de leurs soldats. A l'origine simples fonctionnaires, militaires ou civils, ils sont poussés dans la clandestinité un à un par la faute des nombreux cadres corrompus de l'administration Song.

Se réunissant autour de Song Jiang, ils vont former un contre pouvoir tellement puissant qu'ils susciteront l'admiration de la population et de l'empereur lui-même. Ce dernier, après les avoir amnistiés, les fera combattre au nom de l'Empire dans plusieurs campagnes militaires épiques face au Royaume Liao des Tartars ou à l'état rebelle de Fang La (ou Fang Xi selon les traductions).

Des 108 héros, tous ne prennent pas la même importance dans le récit : les plus importants restent les 36 astres dits célestes, les 72 autres héros, à quelques exceptions près, n'ont qu'une place mineure dans l'histoire.

Certains avec leur histoire personnelle, ont grandement inspiré le patrimoine culturel chinois (proverbes, pièces d'Opéra...). Parmi eux, on peut citer Song Jiang (symbole de l'idéal chevaleresque), Wu Song (qui tue un tigre à mains nues), Yan Qing (l'image du héros parfait), Lin Chong, Li Kui ou encore Hua Rong...

La force du roman se trouve en partie ici : avec autant de héros, l'ouvrage attribué à Shi Nai'an arrive à toucher un public extrêmement vaste.

Il se dit que cette histoire, universelle par sa thématique, aurait été plus lue que le Coran ou la Bible. Le roman, édité en trois versions principales (une de 71, une de 100 et une de 120 chapitres), a notamment rencontré un fort succès au Japon dès le XVIe siècle.

Il fut traduit en anglais dès 1933 par la sinologue Pearl S.Buck, et se trouve aujourd'hui dans de nombreuses langues. Plusieurs adaptations télévisées ont vu le jour, ainsi qu'une série de jeux vidéos japonais : «Suikoden».

Si vous aimez les histoires épiques et la littérature chinoise, Shuǐhǔzhuàn 水浒传, de son nom chinois, est incontestablement un ouvrage à ne pas manquer. Il fait partie des oeuvres permettant de mieux comprendre la civilisation chinoise...

De la rédaction de notre partenaire Ici la Chine. 29 janvier 2009

Crédit photo: HK Cinemagic
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