

Elle est considérée comme l'une des meilleures photographes de la
première partie du XXe siècle alors que les femmes étaient quasi
inexistantes dans ce secteur, Florence Henri, décédée à Compiègne en
1982, est exposée à Nice dans le nouvel espace alternatif de la galerie
Depardieu. Suivez le guide...
« Autoportrait, 1938 / 1977 » © Archives Martini &Ronchetti
Née à New York en 1893 de père français et de mère allemande, décédée à
Compiègne en 1982, Florence Henri est considérée comme une artiste qui,
en son temps, a revalorisé l'art photographique et l'une des meilleures
photographes de la première moitié du XXe siècle.
En 1928, à Dessau, elle fréquente le Bauhaus avec Paul Klee et
Moholy-Nagy. Son ?uvre s'inscrit dans la lignée de l'École de Gropius
qui mettait la photo au même niveau que la peinture et les autres formes
influentes de la créativité. Une position bien « révolutionnaire » pour
l'époque, la photographie ayant du attendre les années 80-90 pour être
reconnue comme un art à part entière.
Cette école pose en effet le moyen photographique comme élément primaire
de la créativité. Florence Henri a su utiliser avec une grande habilité
l'appareil photo, cet instrument prodigieux permettant d'atteindre une
nouvelle dimension de la réalité.
Elle a exploré les possibilités de communication qu'offre la
photographie et découvert de nouvelles opportunités qu'elle capte sur un
mode expressif, comme lorsqu'elle fixe son image réfléchie par un
miroir. L'utilisation de miroirs crée, grâce aux changements continus de
perspectives, des formes d'objets décomposées, flottant harmonieusement
dans des espaces raréfiés.
Reconnue comme une grande portraitiste, en même temps, elle réalise des
photo-montages et des compositions abstraites avec des objets
géométriques, comme des poutres, des baguettes, des boules de billard,
en créant des images illusoires en trois dimensions.
Florence Henri inventa une nouvelle façon d'employer l'appareil photo
qui tient compte du broyage des plans et des formes géométriques. Elle
aimait aussi extraire les objets de leur contexte d'origine et y ajouter
parfois des éléments étrangers. En plus, elle utilisait la décomposition
des formes, le photo-montage, la fusion de perspectives intérieures et
extérieures, en revalorisant les outils les plus élémentaires. Chez
elle, l'approche de l'objet à capter est extrêmement présente.
L'emploi de miroirs crée, grâce à des changements élémentaires de plans,
des espaces où les formes décomposées se réorganisent dans une nouvelle
vision de la réalité qu'aujourd'hui, on peut bien appeler "virtuelle".
Florence Henri a su témoigner du climat culturel d'une époque. Grâce à
sa singulière maîtrise de l'appareil photo, elle a trouvé les langages
innovants d'un monde moderne en évolution permanente.
Ph.D pour www.lepetitjournal.com - Monaco, 22 novembre 2007
Exposition « La virtualité de Florence Henri », ?uvres d'une collection
particulière
jusqu'au 21 décembre 2007
Galerie Depardieu 64 bd Risso 06300 Nice / Tél. 04 97 12 12 97
galerie.depardieu@orange.fr
ouverture : 9h30-12h30 et 14h30-18h30 du lundi au vendredi / samedi
sur rdv
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