Édition internationale

ARNOLD SCHWARZENEGGER – Terminator à la tête de l'UE ?


L'ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger pourrait postuler à la présidence de l'Union européenne. Cette révélation d'un de ses proches conseillers fait bien marrer les parlementaires européens. Une fois les gausseries passées, le rire se fait pourtant jaune

L'ancien chef de cabinet du Governator (contraction de gouverneur et de Terminator, ndlr), Terry Tamminen a affirmé au magazine américain Newsweek : "Dans les prochaines années, l'Union européenne va devoir se trouver un président de plus grande envergure, quelqu'un capable d'unifier l'Europe". Arnold Schwarzenegger (photo AFP) se verrait donc bien endosser le costume de super sauveur du vieux continent.

La retraite politique forcée
Après deux mandats de gouverneur de Californie, le quintuple Mr Univers, 63 ans hyperactif, n'a pas du tout envie de se reposer dans ses propriétés luxueuses. Le projet d'un dessin-animé baptisé Gouvernator le mettant prochainement en scène comme un super-héros combattant le crime après la fin de son mandat politique, l'occupe certes un peu. Mais le bodybuilder a la compétition dans le sang et la politique le démange. Problème : si la course présidentielle est taillée sur mesure pour ce républicain grand gagnant du rêve américain, sa naissance en Autriche ne lui permet pas de briguer la Maison-Blanche. Alors pourquoi pas se rediriger vers Bruxelles ? "Les Français ne voudront pas d'un Allemand, et les Allemands ne voudront pas d'un Italien. Et s'ils choisissaient plutôt un Européen parti aux Etats-Unis, ressuscitant la vision d'un Washington ou d'un Jefferson d'une Europe nouvelle et unifiée ?", questionne Terry Tamminen.

Ça fait rire le Parlement
Conan le barbare semble oublier que le siège de président de l'UE n'est pas soumis au vote populaire. "J'aime bien Arnie, c'est un personnage, mais il n'a manifestement pas compris que le président de l'UE n'est pas élu. Il est coopté après un marchandage de maquignons entre les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays", rappelle l'eurodéputé britannique eurosceptique Nigel Farage, chef de file des pourfendeurs de l'Union européenne. Bien que né en Autriche, Arnold Schwarzenegger reste avant tout un acteur et un homme politique américain et ne possède pas de réseaux politiques sur le vieux continent. Dans les couloirs du Parlement, on se moque donc de cette candidature saugrenue. "Ça m'a bien fait rigoler", avoue ainsi l'ancien Premier ministre belge Guy Verhosftadt et chef de file des libéraux au Parlement européen. La comparaison avec l'actuel président Herman Van Rompuy a de quoi faire sourire. D'un côté la bête Schwarzy, adepte du culturisme et des phrases cultes ?il a quitté son poste de gouverneur par son légendaire "I'll be back"-, de l'autre, Herman le discret belge, fan de poésie japonaise. 

U.E recherche président effacé
Le contraste est d'autant plus saisissant qu'il est révélateur de la fonction présidentielle européenne. Le président de l'UE ? poste créé depuis 2009, et dont le mandat dure 2 ans et demi ?  n'a finalement que peu de responsabilités et s'efface au profit des dirigeants des Etats-membres les plus puissants (France, Royaume-Uni, Allemagne). "Il est au service des dirigeants de l'UE et ne préside rien d'autre que leurs réunions, sans aucun pouvoir de décision", résume Peter Cleppe, du centre de réflexion bruxellois Open Europe. L'Union européenne demeure donc une entité politique morcelée par les égos nationaux. "Quand Van Rompoy et Ashton [chef de la diplomatie européenne, ndlr] ont été nommés, c'était la consternation. Non pas que les deux personnes ne soient pas compétentes, mais en terme de représentation, c'est calamiteux", avoue ainsi Marie-Hélène Aubert, ancienne députée européenne d'Europe Ecologie les Verts (UELV). Les prochaines nominations pourraient donc être bien différentes. S'il est fort peu probable qu'Arnold Schwarzenegger ravisse un jour la tête de l'UE, un autre Homme fort pourrait donc devenir président de l'Union.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) lundi 25 avril 2011


En savoir plus

Article de La Tribune, Et si Terminator devenait la tête d'affiche de l'Union européenne ?
Article du JDD, "Schwarzy" à la conquête de l'Europe?
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