Édition internationale

ANTOINE FREROT – Fin de l'im-Proglio


La nomination d'Antoine Frérot à la tête de Veolia met un terme à la polémique de la double casquette de son ancien patron Henri Proglio, également président d'EDF. Aujourd'hui seul aux rênes du numéro 1 mondial de l'environnement, Antoine Frérot n'en oublie pas pour autant son illustre prédécesseur


Henri Proglio a présenté dimanche dernier sa démission du groupe Veolia Environnement. Le patron d'EDF avait tout fait pour conserver sa place au haut de la pyramide du leader mondial des services à l'environnement. En mars 2009, promu à la tête du géant français de l'électricité, il avait alors laissé la direction opérationnelle du groupe Veolia à Antoine Frérot tout en s'octroyant le poste de président non-exécutif avec en prime un joli salaire. Ce cumul des positions, bien que provisoire, avait déclenché une vive polémique pour laquelle l'Elysée avait dû jouer les arbitres. Henri Proglio quitte donc "avec émotion" le groupe qu'il dirigeait depuis neuf ans et où il a fait "toute sa carrière".

Proglio toujours présent
Si Antoine Frérot (photo AFP) a acquis ce week-end les pleins pouvoirs de Veolia Environnement, l'ombre de Proglio plane toujours, ce dernier demeurant administrateur de la société. "Je suis désormais seul à décider mais je continuerai à voir régulièrement Henri Proglio et à lui demander conseil", avoue-t-il. Polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, Antoine Frérot, 52 ans, a occupé plusieurs postes à responsabilités dans le secteur des transports et de l'eau. Entré dans le groupe Vivendi en 2000, il devient trois ans plus tard directeur général de Veolia Eau, la division Eau de Veolia Environnement. "J'éprouve une grande fierté et un sentiment fort d'exigence", explique aujourd'hui le nouveau patron de la multinationale tricolore.

EDF jamais loin
L'ère Frérot devrait se dérouler dans la continuité de l'action menée par son prédécesseur. Contrairement aux rumeurs, l'entreprise ne renoncera à aucune de ses quatre branches à savoir l'eau, la propreté, l'énergie (Dalkia, filiale commune avec EDF) et les transports. "Il n'est pas question de se séparer de l'une d'entre elles, d'autant moins que les nouveaux besoins, les nouvelles offres, s'imaginent à l'articulation de ces quatre métiers", souligne Antoine Frérot. "Il n'est pas question de rupture stratégique. Nous visons à retrouver rapidement un équilibre entre croissance et rentabilité.", ajoute-t-il encore. Le nouveau patron met donc l'accent sur la consolidation des réserves financières avec une accélération de la cession d'actifs (4 milliards d'euros d'ici à 2014) et une stabilisation du capital avec l'arrivée de grands investisseurs (Marcel Dassault, Qatari Diar) qui pourraient empocher jusqu'à 35% des parts de l'entreprise. Bien que le chiffre d'affaires de Veolia soit légèrement en baisse en 2009, Antoine Frérot assure miser sur de nouveaux marchés pour assurer la croissance de l'entreprise. Les "créneaux porteurs" identifiés par Veolia Environnement concerneront en particulier le traitement de l'eau et des déchets, et ce dans les pays émergents (Chine, Brésil, Inde ?) mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. La direction du groupe envisage également de multiplier les partenariats avec d'autres entreprises comme Trenitalia pour les TGV, Trandsev pour le transport urbain et pourquoi pas EDF dans le secteur de la voiture électrique. Décidemment, la pomme Proglio ne tombe jamais loin de l'arbre Veolia.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) lundi 13 décembre 2010

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