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Le village blanc suspendu qui va vous donner des frissons

Dans le classement des villes les plus visitées d’Andalousie, on trouve Ronda. Outre d’avoir été un chef- lieu de la tauromachie, les premières méthodes de combat du taureau sont nées ici, c’est aujourd’hui un site très apprécié des touristes : vous serez saisi par les points de vue imprenables sur la ville et sur le Puente Nuevo, le célèbre pont suspendu au-dessus des gorges du Tajo. Mais les frissons ne s'arrêtent pas là, entre bonne nourriture et vestiges mauresques, les surprises ne s'arrêtent pas là non plus!

RondaRonda
Ronda (Photo de David Vives)
Écrit par Fanny Lopez
Publié le 14 mai 2026

Présentation et histoire de la ville

Présentée comme le berceau de la tauromachie moderne et une des plus anciennes villes d’Espagne, datant du Néolithique, Ronda est nichée dans les montagnes de la province de Málaga, à environ 100 km de la côte.
 

 Vue sur Ronda et l’Andalousie – Fanny LOPEZ
Vue sur Ronda et l’Andalousie – Fanny LOPEZ

Pour y accéder, plusieurs possibilités dont celles depuis Marbella par le sud, ou depuis Málaga par l'est, en traversant le parc national de la Sierra de las Nieves. Sur le chemin, vous croiserez les troupeaux de chèvres des agriculteurs locaux, un premier signe que vous quittez la Costa del Sol pour une Andalousie plus authentique. Pensez à prendre une veste : Ronda est une ville de montagne, à plus de 700 mètres d'altitude, où la fraîcheur surprend souvent les visiteurs venus de la côte.

ronda
Un village si particulier (Ronda)

La création de Ronda par les romains date du IIème siècle avant J-C. Ils chassèrent les Carthaginois pour pouvoir s’y installer. Mais les traces que vous apercevrez sont davantage de l’époque mauresque. C’est à partir de 711, victoire de Tariq ibn Ziyad sur les Wisigoths que la ville passe sous domination musulmane. Après l’effondrement du califat en 1031, le territoire passe aux mains des Taïfas ayant pour chef Abu Nur. Il crée le royaume de Ronda et fit construire de nombreux édifices.

Jusqu’au XVème siècle, cette ville reste aux mains des maures. A la fin de ce siècle, la Reconquista, époque marquante de la ville, commence. La ville est reprise en 1485. Les nouveaux dirigeants laissent l’opportunité à la ville de continuer ses coutumes. C’est dans ce contexte que nait la corrida moderne. En 1752, le torero Francisco Romero, à la fin d’une course, demande l’autorisation de tuer lui-même le taureau.

Trente ans plus tard, en 1785, la ville se dote d'une arène à la hauteur de cette tradition. Construite par José Martin de Aldehuela, le même architecte que le Puente Nuevo, la Plaza de Toros est aujourd'hui l'une des plus anciennes d'Espagne. Sous ses 68 arches de pierre, elle peut accueillir 5 000 spectateurs.

L’arène de la Plaza de Toros - Fanny LOPEZ
èL’arène de la Plaza de Toros - Fanny LOPEZ


Elle abrite un musée de la Tauromachie où l'on découvre costumes, affiches et objets historiques. Chaque septembre, la Corrida Goyesque y est organisée en costumes inspirés du peintre Francisco de Goya.

 

La vieille ville : fraîcheur et vestiges mauresques

La ville est marquée par les vestiges mauresques. En effet, l’époque a laissé les monuments les plus fondamentaux de la ville.

- La puerta de Amocabar – Fanny LOPEZ
La puerta de Amocabar – Fanny LOPEZ

Cette porte date du 13ème siècle. Elle est voutée de pierre et doit son nom à sa situation proche de l’ancienne nécropole. Son nom provient de l’arabe « Al-maqabir ». Elle est située à la place de San Francisco qui fut le lieu où, le 20 mai 1485, se rassemblèrent les troupes castillanes commandés par le Marquis de Cadix. La bataille a mis fin à la domination arabe de Ronda. La Puerta de Almocábar est un excellent point de départ pour explorer le quartier historique de Ronda. Juste après cette porte se trouve le Barrio San Francisco.


 

Ces bains datent de l’époque nasride, du XIIIème siècle au XIVème siècle. Ce lieu de vie sociale et de plaisir est un des mieux préservé d’Espagne. Il se compose de trois pièces d’eau, dont une réutilisée pour expliquer le fonctionnement passé. Durant un temps, il devait servir à purifier les visiteurs, installé près de la porte d’entrée de la ville pour laisser aux visiteurs se nettoyer et empêcher la contamination. Cette coutume prit fin à l’arrivée des chrétiens. Les bains furent redécouverts et restaurés vers les années 1920, et c’est en 1935 que l’Etat espagnol acquit le site archéologique.

Pierre en forme de géant à la casa del gigante- Michel wal - Search media - Wikimedia Commons
Pierre en forme de géant à la casa del gigante- Michel wal -
Wikimedia Commons

C’est un ancien palais d’architecture nasride est situé dans la vieille ville. Aujourd’hui, il est réutilisé pour abriter le musée du Patrimoine de Ronda.
 

Son nom est dû à deux reliefs en pierre en forme de géant qui ornaient les angles de l'édifice. La maison est un exemple remarquable d'une demeure aisée de l’Espagne musulmane.

 

Le Puente Nuevo : un pont vertigineux au-dessus des gorges du Tajo, et les vestiges catholiques

- Le puente nuevo depuis le mirador del viento – Fanny LOPEZ
Le puente nuevo depuis le mirador del viento – Fanny LOPEZ

Le lieu emblématique de cette ville, autre que son arène, est son pont. Le Puente Nuevo, construit au XVIIIème siècle, est une référence en ingénierie. Sa construction dura quarante-deux ans et il culmine à cent mètres de hauteur. Cela équivaut à un immeuble de trente étages. Le vertige est vite arrivé.
On peut y visiter la salle placée sous le pont qui été destinée à l’enfermement des prisonniers politiques pendant la guerre civile espagnole, de 1936 à 1939.

On peut l’admirer depuis plusieurs postes : Le Mirador del viento est le positionnement parfait pour admirer le pont avec sa cascade. Sinon depuis la Casa del Rey Moro, l’emplacement est tout aussi stratégique.

La casa del Rey Moro représente un ensemble de plusieurs maisons datant du XVIIIème siècle et édifié par la duchesse de Parcent. Dans ses jardins, vous pourrez observer l’une des mines d’eau les mieux conservées d’Espagne – accessible en descendant un escalier de deux-cent-trente-six marches.

La casa del rey Moro – Fanny LOPEZ
La casa del rey Moro – Fanny LOPEZ

Pour visiter la ville et ses nombreux monuments, l’office de tourisme en lien avec la municipalité a mis en place le Bono turistico. Il permet de visiter le Puente Nuevo, les bains arabes, la Casa del Gigante, le Palais de Mondragón et le couvent de Santo Domingo pour moins de dix euros.

 

Ronda est de ces villes qui surprennent. On croit arriver dans un village touristique de plus et on repart avec des frissons plein les yeux.

Prenez le temps de flâner dans la vieille ville, déclaré Bien d’Intérêt Culturel depuis 1966, de manger à prix très correct dans un bar local, et arrêtez-vous longtemps au bord des gorges du Tajo. Le vertige, lui, ne vous quittera pas de si tôt!

 

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