À l'occasion de cette rentrée scolaire, la communauté éducative du Lycée Français International de Malaga accueille sa nouvelle proviseure, Mme Florence Vourch. Personnelle de direction depuis 2016, elle a exercé des responsabilités dans des établissements aux profils et aux enjeux variés, jusqu’à présent le lycée Jules Lesven à Brest. Elle prend aujourd'hui les rênes de l'établissement avec une ambition claire : faire rayonner l'excellence académique tout en favorisant l'épanouissement des élèves. Pour Lepetitjournal.com, Mme Florence Vourch a accepté de se confier sur son parcours professionnel, sa récente installation à Malaga, ses premières impressions et les projets qu'elle souhaite porter pour le lycée.


Lepetitjournal.com en Andalousie: Mme Florence Vourch, vous venez d’entamer votre première rentrée à la direction du lycée français parlez-nous de vous. Quel a été votre parcours avant de poser vos valises à Malaga?
Florence Vourch: Avant de rejoindre le lycée Français International de Malaga, mon parcours professionnel s’est construit progressivement autour de l’enseignement et de la formation. J’ai commencé comme enseignante d’espagnol dans le second degré. Cette première expérience m’a ensuite conduite à intervenir également dans le premier degré, notamment pour accompagner les professeurs des écoles qui, à cette époque, n’étaient pas encore systématiquement habilités à enseigner une langue étrangère. J’ai ainsi pu découvrir d’autres approches pédagogiques et d’autres façons d’accompagner les élèves dans leurs apprentissages.
Parallèlement, j’ai participé à la création et à la mise en place de la 13e section internationale espagnole à Brest. Mon expérience dans la formation s’est progressivement développée, d’abord à l’échelle académique, puis à l’IUFM, l’Institut universitaire de formation des maîtres, où j’ai accompagné de futurs enseignants dans la préparation du CAPES, le concours de recrutement des professeurs du secondaire, mais aussi dans la construction de leur posture professionnelle et dans la conception de leurs cours.
La pédagogie reste d’ailleurs un fil conducteur de mon parcours ; j’ai notamment eu l’occasion de participer à la conception d’un manuel d’espagnol
J’ai ensuite souhaité élargir mon champ de compétences en passant le concours de personnel de direction. Cette nouvelle fonction m’a permis de découvrir des établissements et des environnements très différents. J’ai notamment exercé dans un lycée de près de 1 600 élèves, avec une offre de formation très diversifiée : filières générales et technologiques, BTS (Brevet de technicien supérieur), CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), mais aussi des formations dans des domaines comme l’aéronautique ou le bois.
J’ai également eu la responsabilité d’un internat de 500 élèves, au sein d’un campus regroupant près de 4 000 élèves. Une expérience particulièrement formatrice, qui m’a permis d’appréhender encore davantage les enjeux liés à l’accompagnement des élèves au-delà du temps scolaire, à leur vie collective et à leur bien-être.
J’ai par ailleurs travaillé dans un lycée professionnel tourné vers les métiers de l’automobile, un univers où l’innovation et les relations avec les entreprises sont particulièrement importantes. Ces expériences très différentes m’ont permis de mieux comprendre la diversité des parcours et des besoins des élèves, mais aussi la nécessité d’adapter le fonctionnement d’un établissement à son environnement et à son public.
J’ai aussi eu l’occasion d’exercer des responsabilités au sein d’un Greta, dont j’ai été présidente. Les Greta sont un réseau d’établissements publics qui mutualisent leurs moyens et leurs compétences pour proposer des formations au plus près des besoins des territoires. Dans ce cadre, j’ai notamment travaillé sur le développement de formations par apprentissage, permettant à des jeunes de se former tout en étant salariés d’une entreprise dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, mais aussi sur la formation continue, notamment pour des adultes en reconversion professionnelle ou souhaitant développer leurs compétences. Cette expérience m’a beaucoup appris sur l’importance des liens entre l’éducation, la formation, le monde professionnel et les besoins d’un territoire.
Toutes ces expériences ont progressivement construit ma manière d’aborder aujourd’hui la direction d’un établissement. Même si la pédagogie reste au cœur de mes préoccupations, j’ai développé une vision plus globale du système éducatif et de ses différents acteurs. C’est aussi ce qui m’a menée vers l’international et vers le réseau de l’AEFE : l’envie de découvrir un autre environnement éducatif, de confronter mes pratiques à d’autres réalités et de continuer à apprendre.
Quelles sont vos premières impressions après quelques semaines d’installation à Malaga?
Mon arrivée à Malaga a été très positive. J’ai découvert une ville avec une véritable ouverture internationale, des infrastructures modernes, tout en ayant su conserver son authenticité et son identité. C’est une première impression qui m’a beaucoup plu. Et je trouve que le Lycée Français International de Malaga en est une belle illustration! C’est un établissement tourné vers l’international et vers les compétences dont les élèves auront besoin demain, tout en bénéficiant d’un cadre de vie exceptionnel. Le parc floral, notamment, participe à créer un environnement propice au bien-être des élèves.
J’ai également été très chaleureusement accueillie par la communauté du lycée. J’ai découvert des équipes qui portent déjà de nombreux et beaux projets, avec beaucoup d’énergie et d’engagement. Cela donne naturellement envie de s’inscrire dans cette dynamique et de construire la suite avec elles.
Ce qui m’anime au quotidien dans ce métier, c’est justement cette construction collective. J’aime construire des projets dans lesquels chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Pour moi, les ingrédients d’une bonne recette sont assez simples : la synergie entre les personnels de l’établissement, l’équipe de direction, le comité de gestion, les associations de parents, l’AEFE et le poste diplomatique, mais aussi les partenaires locaux et étrangers. Chacun apporte son regard, ses compétences et son expérience
Je crois beaucoup à cet équilibre entre exigence et convivialité. L’exigence, parce que nous avons une responsabilité importante dans la formation et l’accompagnement des élèves ; la convivialité, parce que l’éducation est avant tout une aventure humaine.
Ce qui m’intéresse particulièrement dans le réseau des lycées français à l’étranger, c’est cette culture de l’amélioration continue. Il faut savoir régulièrement se questionner, revisiter ses pratiques, parfois sortir de sa zone de confort pour rester en mouvement, répondre aux attentes des familles et préparer au mieux les élèves aux évolutions du monde qui les attend. L’excellence est évidemment un objectif, mais elle doit aussi s’accompagner d’une attention portée à la singularité de chaque enfant.
Après ces premières semaines à Malaga, je suis donc très heureuse d’avoir rejoint cette communauté. Je mesure tout ce que je peux encore apprendre au contact des personnes qui la composent et, de mon côté, j’espère apporter les compétences que j’ai construites au fil de mes différentes expériences, mais aussi ce que mes engagements et mes passions m’ont appris, notamment le sport et le milieu associatif.
Finalement, je souhaite que tout cela reste très concret et très naturel : avancer ensemble, être à l’écoute, avoir de l’ambition pour nos élèves et faire en sorte que chacun trouve sa place dans cette belle communauté.
Le LFI Malaga est un important établissement, accueillant pour cette rentrée des élèves de la maternelle à la terminale, de plusieurs nationalités différentes. Quelles sont vos premières impressions sur ce lycée à votre arrivée ?
Le Lycée Français International de Malaga accueille cette année 776 élèves, de la maternelle à la terminale, et réunit une communauté de 40 nationalités. C’est donc un établissement important par sa taille, mais aussi par la diversité des parcours, des cultures et des langues qui s’y rencontrent. C’est une vraie richesse, et je souhaite que cette diversité soit pleinement vécue comme une force.
À mon arrivée, je souhaite m’inscrire dans ce qui existe déjà et poursuivre une dynamique qui est engagée. Je ne suis pas arrivée avec l’idée de tout réinventer. Le lycée a déjà construit de nombreux dispositifs et porte une véritable ambition pédagogique. Mon rôle est d’abord de les comprendre, de les consolider, puis d’identifier avec les équipes les domaines dans lesquels nous pouvons encore progresser.
Quelles sont vos priorités et objectifs pour cet établissement ?
Un des chantiers importants de cette année sera le développement du baccalauréat français international (BFI) trilingue et quadrilingue à partir de la première et de la terminale. Ce projet vient compléter une politique des langues déjà très structurée dans l’établissement : les 5h45 d’anglais mises en place dès la maternelle, la section européenne avec les DNL, les dispositifs de FLE et de FLS, ou encore l’EMILE, qui consiste à enseigner une discipline, par exemple les sciences ou l’histoire-géographie, dans une langue étrangère. La langue devient alors un outil pour apprendre une matière, ce qui permet de développer simultanément les compétences disciplinaires et linguistiques.
Tout cela montre qu’il existe ici une véritable politique du plurilinguisme. Le développement du BFI trilingue et quadrilingue constitue donc une nouvelle étape, dans la continuité de ce qui est déjà construit. Il correspond aussi pleinement à ce que j’ai pu observer de Malaga : un territoire international, ouvert sur le monde, dans lequel nos élèves doivent pouvoir développer de solides compétences linguistiques et interculturelles.
Une autre priorité sera le bien-être et l’épanouissement des élèves, mais aussi celui des personnels. C’est une priorité portée par l’AEFE et je souhaite en faire un véritable fil rouge de cette année. Pour moi, le bien-être ne signifie pas rechercher une forme de confort permanent : il s’agit de créer un cadre sécurisant, bienveillant et exigeant, dans lequel chacun peut apprendre, travailler, prendre des initiatives et trouver sa place. La réussite scolaire et l’épanouissement ne sont pas deux objectifs qui s’opposent ; ils se nourrissent l’un l’autre.
Bien sûr, nous avons aussi une responsabilité très forte en matière de réussite scolaire. Les résultats du lycée sont excellents et je souhaite naturellement les maintenir. Aujourd’hui, pour beaucoup de nos élèves, obtenir le baccalauréat n’est presque plus le sujet : l’ambition est de l’obtenir avec mention et de permettre à chacun de poursuivre ensuite le parcours d’études qui correspond à ses capacités et à ses aspirations. Mais cette ambition doit rester accompagnée d’une attention particulière à chaque élève, à ses besoins, à son parcours et à son projet.
La question de la double culture me tient également particulièrement à cœur. En réalité, elle est déjà très présente dans l’établissement, notamment à travers tous les dispositifs linguistiques et pédagogiques que nous venons d’évoquer. Mais je pense que nous pouvons aller encore plus loin dans la valorisation de ce que cette double culture nous apporte.
Nous avons ici une communauté exceptionnelle : des élèves, des personnels, mais aussi des parents qui possèdent des parcours, des métiers, des compétences, des langues et des cultures extrêmement variés. J’aimerais davantage faire entrer toutes ces compétences dans l’établissement, donner aux parents une place dans cette dynamique et faire en sorte que leurs expériences puissent bénéficier aux élèves.
Des nouveautés sont-elles prévues ?
Je souhaite aussi ouvrir davantage le lycée sur son environnement et faire découvrir ce lieu exceptionnel. Nous avons la chance de disposer d’un cadre qui mérite d’être connu et partagé. Le lycée peut devenir un véritable lieu de rencontre, de culture et d’échanges, où l’on fait entrer la ville, ses acteurs, ses associations, ses entreprises, ses institutions, mais aussi les familles et leurs savoir-faire. Et, dans le même temps, nous pouvons aller davantage à la rencontre de Malaga et de son territoire.
C’est aussi une manière de faire rayonner davantage le lycée à l’extérieur. Un lycée français international ne doit pas être un établissement qui fonctionne en vase clos : il doit être ouvert sur son environnement et contribuer à la vie du territoire.
Finalement, mes priorités pour cette première année pourraient se résumer autour de quelques mots : consolider, ouvrir et faire grandir. Consolider ce qui fonctionne déjà très bien, ouvrir davantage l’établissement sur son environnement et sur les cultures qui nous entourent, et faire grandir chaque élève dans un cadre exigeant, plurilingue et bienveillant
Et surtout, je souhaite que ces chantiers soient portés collectivement. Une direction ne peut pas tout faire seule. Les meilleures idées sont celles qui émergent des équipes, des élèves, des parents et de l’ensemble de la communauté. Mon rôle est de créer les conditions pour que cette intelligence collective puisse pleinement s’exprimer.
Qu’est-ce qui vous différencie par rapport aux autres écoles internationales de Malaga?
Notre première force, c’est évidemment notre réseau. Les familles internationales sont souvent amenées à bouger, parfois d’un pays à l’autre, et pouvoir retrouver une même philosophie éducative, les mêmes exigences et des repères communs dans différents établissements à travers le monde est un véritable avantage. C’est une continuité qui rassure les familles et qui permet aux élèves de poursuivre leur parcours dans un cadre qu’ils connaissent.
Mais je pense que l’éducation à la française est aussi une force à elle seule. Elle ne consiste pas simplement à transmettre des connaissances ou à préparer les élèves à obtenir un diplôme. Elle cherche à former des jeunes capables de réfléchir par eux-mêmes.
Nous n’avons pas vocation à formater les élèves, mais à leur donner des outils pour comprendre le monde : apprendre à analyser une information, à prendre du recul, à confronter des points de vue, à argumenter et à développer leur propre esprit critique. Dans un monde où les informations circulent très vite, où les opinions s’opposent et où les repères évoluent constamment, je crois que cette capacité à penser par soi-même est essentielle.
La laïcité, qui est un principe fondamental de l’école française, participe aussi à cette construction. Dit simplement, elle permet à chacun de croire, de ne pas croire ou de penser différemment, tout en partageant un même espace commun et les mêmes règles. Elle apprend aux élèves à respecter les convictions de l’autre sans avoir besoin de les partager. C’est une façon très concrète d’apprendre à vivre ensemble.
Et c’est finalement ce que nous voulons transmettre à nos élèves : la capacité à se débrouiller dans un monde en perpétuel mouvement.
Nous voulons qu’un jeune qui sort de notre établissement ne sache pas seulement restituer des connaissances, mais qu’il sache comprendre une situation, écouter l’autre, décoder différents points de vue, travailler avec des personnes qui ne lui ressemblent pas forcément et expliquer clairement ses propres idées.
C’est ce que j’appellerais une forme d’intelligence sociale : savoir comprendre le fonctionnement de l’autre sans renoncer à ce que l’on est soi-même. Savoir dialoguer, argumenter, parfois être en désaccord, mais toujours être capable de construire une relation avec l’autre.
C’est aussi cela, pour moi, préparer un enfant à son avenir. Nous ne savons pas exactement à quoi ressemblera le monde dans dix, quinze ou vingt ans. En revanche, nous pouvons lui donner les capacités qui lui permettront de s’y adapter : la curiosité, l’esprit critique, l’autonomie, la capacité à communiquer et l’intelligence des relations humaines
Les résultats au baccalauréat 2025 sont évidemment une vraie satisfaction et montrent l’efficacité du système :
- 100 % de réussite
- 96,1 % de mentions
- 5,9 % de mentions Félicitations
- 51 % de mentions Très Bien
- 25,5 % de mentions Bien
- 13,7 % de mentions Assez Bien
Mais je pense qu’il faut justement savoir regarder au-delà de la vitrine. Un taux de réussite ou un pourcentage de mentions donne une photographie à un instant donné. La qualité d’un établissement ne se résume pas à quelques chiffres. Elle se construit dans la durée, à travers la qualité des équipes, l’accompagnement des élèves, les pratiques pédagogiques et surtout ce que nous sommes capables de leur transmettre pour leur vie future.
Nous évoluons par ailleurs dans un environnement concurrentiel, et je le considère plutôt comme une force. La présence d’autres écoles internationales à Malaga nous pousse à rester exigeants et à nous remettre régulièrement en question. Elle nous empêche de nous reposer sur nos acquis. Même lorsque les résultats sont bons, il faut continuer à avancer, à écouter les familles, à observer ce qui se fait ailleurs et à chercher constamment à améliorer ce que nous proposons.
Je crois beaucoup à cette idée : la qualité et l’efficacité d’un système éducatif se mesurent dans la durée. Ce qui compte, ce n’est pas seulement d’obtenir de bons résultats une année, mais d’être capable de construire une dynamique solide et durable.
Notre lieu est également une véritable force. Nous avons la chance d’évoluer dans un environnement exceptionnel, qui a une âme et une histoire. Dans un contexte international, je trouve important de ne pas perdre de vue nos racines. L’ouverture au monde ne signifie pas l’effacement de son identité ; au contraire, elle est d’autant plus riche lorsque l’on sait d’où l’on vient.
Nous avons donc à cœur de préserver cette authenticité, de faire vivre la culture et l’éducation françaises tout en étant pleinement ancrés dans notre environnement espagnol.
C’est cette combinaison entre ouverture internationale, exigence académique, formation de l’esprit critique, intelligence sociale et authenticité qui fait, selon moi, notre singularité.
Notre objectif est avant tout de poursuivre cette dynamique et de continuer à progresser. Je ne crois pas beaucoup à l’idée de tout changer simplement pour donner l’impression de nouveauté. Dans l’éducation, certaines évolutions demandent du temps pour être réellement efficaces.
Nous souhaitons donc travailler dans une logique d’amélioration continue, en conservant ce qui fonctionne tout en faisant évoluer nos pratiques lorsque cela est nécessaire. Cela peut concerner la pédagogie, l’accompagnement des élèves, les projets proposés ou encore les services destinés aux familles.
L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre innovation et continuité. Nous devons être capables de nous adapter aux nouvelles attentes des familles et aux évolutions du monde, sans pour autant perdre ce qui constitue l’ADN de l’établissement.
Finalement, notre ambition est assez simple : ne jamais nous reposer sur nos acquis, tout en restant fidèles à ce qui fait notre identité.
Pour conclure, dites nous comment voyez-vous le rôle du Lycée français de Malaga dans le paysage éducatif local ? Quel message fort souhaitez-vous adresser aux parents d'élèves, parfois très investis dans la vie de l'école ?
Je vois le Lycée français de Malaga comme un acteur incontournable du dynamisme éducatif de la ville, mais aussi comme une véritable porte ouverte sur le monde. Notre appartenance à un réseau international donne à nos élèves des perspectives très larges, et nous avons déjà de beaux parcours de jeunes qui poursuivent leurs études dans différents pays.
Mais l’international ne signifie pas nécessairement partir. Un jeune qui choisit de poursuivre ses études en Espagne après le lycée fait également un très beau choix. Notre rôle est justement de lui donner la liberté de construire son parcours en fonction de ses envies, de ses capacités et de son projet, qu’il souhaite poursuivre ses études en France, en Espagne ou ailleurs dans le monde.
Nos partenaires dans l’enseignement supérieur nous disent d’ailleurs régulièrement qu’ils reconnaissent, chez les jeunes issus de l’éducation française, une véritable « marque de fabrique » : une capacité à analyser, à argumenter, à être autonome dans sa réflexion, mais aussi à s’adapter à différents environnements. C’est une vraie fierté, et c’est surtout quelque chose que nous devons continuer à cultiver.
Je souhaite que notre établissement soit capable de jongler entre tradition et innovation. La tradition, parce que nous avons un modèle éducatif solide, une histoire, des valeurs et une identité auxquelles nous sommes attachés. L’innovation, parce qu’une école qui regarde uniquement vers le passé ne peut pas préparer correctement les élèves au monde de demain.
Nous avons d’ailleurs déjà plusieurs idées et projets en réflexion. Nous aurons plaisir à les dévoiler progressivement. Je crois aussi qu’une innovation réussie n’est pas nécessairement celle qui fait le plus de bruit : c’est celle qui apporte une réelle valeur ajoutée aux élèves et aux familles.
Et puis, il y a un sujet qui me paraît absolument essentiel : la communication avec les familles.
J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer l’association des parents d’élèves, d’échanger avec des parents à l’entrée de l’établissement, lors de réunions parents-professeurs ou simplement au quotidien. Et s’il y a un mot qui revient, c’est celui de communication. Un autre mot est également très important : équipe.
Je crois profondément que nous devons fonctionner comme une équipe autour de l’enfant. Cela suppose de pouvoir se parler, de s’écouter et parfois aussi de ne pas être d’accord, mais toujours avec le même objectif : la réussite et le bien-être de nos élèves.
C’est pour cela que la mise en place de moments fédérateurs me paraît essentielle. Une école ne peut pas être uniquement un lieu où l’on vient déposer son enfant le matin et le récupérer le soir. C’est une communauté. Il faut créer des occasions de se rencontrer, d’échanger, de mieux se connaître et de construire progressivement une relation de confiance.
Quand je parle de « parler la même langue éducative », je ne parle évidemment ni de français ni d’espagnol. Je parle d’avoir une compréhension commune de ce que nous voulons transmettre à nos enfants : quelles valeurs ? Quelle exigence ? Quelle place pour l’autonomie ? Comment accompagner un enfant lorsqu’il rencontre une difficulté ? Comment lui apprendre à devenir progressivement responsable de ses choix ?
Les parents sont très investis dans la vie de notre établissement, et c’est une chance. Je veux que cet investissement soit une force collective. Notre responsabilité, en tant qu’équipe éducative, est de faire en sorte que les parents se sentent écoutés, informés et pleinement associés à la vie de l’école, tout en conservant à chacun son rôle.
Si je devais adresser un message aux familles, ce serait donc celui-ci : faites-nous confiance, mais surtout, construisons cette confiance ensemble. Nous avons la responsabilité de préparer vos enfants non seulement à réussir leurs études, mais à trouver leur place dans un monde qui évolue très vite. Nous voulons leur donner des connaissances, bien sûr, mais aussi de la curiosité, de l’autonomie, de l’esprit critique, une capacité à comprendre les autres et à défendre leurs idées
Et pour y parvenir, nous avons besoin d’une communauté éducative soudée : des élèves qui osent, des équipes qui s’engagent et des familles qui participent.
C’est cette dynamique collective qui permettra au Lycée français de Malaga de continuer à grandir, sans perdre son identité, tout en restant pleinement ouvert sur le monde.
Le mot de la fin : Si vous deviez résumer l'esprit que vous souhaitez insuffler à cette rentrée en quelques mots (ou une devise), quel serait-il ?
Il y a quelques années, nous avions imaginé une devise avec un assistant d’éducation : « Du mouvement pour le corps, de l’élan pour l’esprit. ». Avec le recul, je trouve qu’elle correspond particulièrement bien à l’esprit que je souhaite insuffler au Lycée français de Malaga aujourd’hui.
Du mouvement, parce qu’une école ne doit jamais être figée. Parce que nos élèves évoluent dans un monde en perpétuel changement, parce que les familles sont mobiles, parce que nous devons nous-mêmes savoir nous remettre en question et continuer à avancer.
De l’élan pour l’esprit, parce que notre ambition n’est pas de formater les élèves, mais de leur donner envie de comprendre, d’analyser, de questionner, d’échanger et de penser par eux-mêmes. De leur donner suffisamment de confiance et de curiosité pour aller vers les autres et vers le monde.
Et peut-être qu’aujourd’hui, j’ajouterais une troisième idée :
« Du mouvement pour le corps, de l’élan pour l’esprit, des racines pour grandir. »
Parce que l’ouverture au monde n’empêche pas d’avoir une identité. Au contraire. C’est en sachant d’où l’on vient que l’on peut aller sereinement vers les autres.
C’est finalement ce que je souhaite pour cette rentrée : une école qui avance, qui ose, qui se réinvente, mais qui reste profondément fidèle à ce qui fait son identité. Du mouvement pour le corps, de l’élan pour l’esprit, des racines pour grandir























