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L’état de l’économie algérienne

Par Idir ABED | Publié le 02/12/2018 à 23:26 | Mis à jour le 04/12/2018 à 09:51
Photo : La croissance économique de l'Algérie baisse à 4% en 2018
Croissance économique de l'Algérie

Selon le dernier rapport de suivi de la situation économique de la Banque Mondiale, la croissance reste relativement élevée en Algérie, à 3,4% en 2018 pour le moment. 

C’est grâce à une forte reprise de la production d’hydrocarbures et à des dépenses publiques plus élevées en 2018, que la croissance s’est poursuivie en Algérie à un rythme relativement soutenu, qui a atteint 3,8 % vers la fin 2017, malgré la faiblesse des cours mondiaux du pétrole.

L’Algérie a amorcé l’année 2018, certes encore balbutiant à cause de la chute des prix mondiaux du pétrole. Une baisse de la croissance qui a été entamée en 2014 allant jusqu'à 2,9 % et qui nécessite un changement de stratégie économique. En effet, le gouvernement algérien s’attend à une croissance économique de 2,6% en 2019, en baisse par rapport aux 4% prévus pour cette année et à un taux d’inflation à 4,5%, contre 5,5% pour 2018.

Selon le rapport de suivi de la banque mondiale de l'année 2017 et le début de l'année 2018, la révision à la baisse des projections de la croissance par rapport aux projections de l’automne 2016 est due à l’annonce de l’assainissement des finances publiques et au ralentissement de la croissance de la production d’hydrocarbures.

 

La croissance hors hydrocarbures s’est toutefois ralentie tandis que l’inflation s’est accélérée. À moyen terme, une forte baisse de la croissance a été remarquée ainsi que des déficits sous l’effet de l’assainissement des finances publiques ont été mis en œuvre par le gouvernement. La baisse du taux de croissance du PIB par habitant qui s’ensuivra va inexorablement se répercuter négativement sur le bien-être des ménages. Or le rythme de l’activité économique algérienne devrait se ralentir à moyen terme et le taux de croissance du PIB réel devrait atteindre, en moyenne, 1,2 % durant la période 2017-2019.

L’économie algérienne a progressé de 2,2% en 2017, contre 3,3% l’année précédente

Dans le futur proche et durant la période de 2017 à 2019, un faible accroissement (2,5 %) de la production d’hydrocarbures dû à l’entrée en production de nouveaux puits et à une correction positive des cours du pétrole atténueront les répercussions négatives sur les secteurs réels hors pétrole des mesures de rééquilibrage des finances publiques et du compte courant. En effet, le maintien des cours pétroliers à un faible niveau et l’atonie de la demande des ménages due à des taux de chômage et d’inactivité élevés empêcheront l’inflation d'augmenter. Par conséquent, le déficit budgétaire étant à un niveau inférieur à 5 % en 2017 atteindra 1 % en 2019, et ce selon les estimations, si les pouvoirs publics parviendront à résolument maîtriser les dépenses.

L'Algérie vise une croissance globale de 4%

En tout état de cause, les responsables politiques font actuellement face a des compromis difficiles a l’avenir. Peu d’alternatives semblent se présenter a eux n’est ce que celle de rétablir les équilibres du budget et du solde extérieur. La croissance devrait rester élevée avec l’impératif de développer et soutenir les autres secteurs comme le tourisme en vue d’en faire un substitut aux hydrocarbures. Tout en sachant que l’Algérie reste un pays riche d’un potentiel et ressources aptes a en faire une destination de choix, pourvu que des efforts soient consentis en vue de la promotion de ces projets qui doivent booster l’économie Algérienne.

Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole représente une opportunité pour procéder à une réorientation structurelle de l’économie algérienne. Elle devrait pencher vers l’amélioration et la promotion des investissements privés et ce pour une croissance plus diversifiée et rapide . Il faut mettre fin à cette situation de crise qui ne peut pas perdurer car elle alimente la colère et le désespoir des Algériens et elle augmente le danger d’une escalade des hostilités.

L’économie algérienne est fortement soumises aux chocs exogènes, tel que les chocs de prix de matières premières, ce grand producteur et exportateur de pétrole est directement exposé aux chocs exogènes de prix de pétrole. D'autant plus que l’approche économique Algérienne actuelle est devenue intenable sous le double effet à la fois de la baisse du prix moyen du pétrole et au doublement du déficit budgétaire, faute d’assainissement des dépenses publiques.     

Le gouvernement algérien se voit donc contraint d’approuver de nouvelles coupes dans un contexte de crise ou la mise à la marge et la précarisation sont devenus tristement fréquentes. Cette consternante gabegie à laquelle tous les Algériens doivent faire face devient une inquiétude qui pèse de plus en plus.

Idir ABED

Idir ABED

Correspondant LePetitJournal.com/ Edition d'Alger - Amoureux du tourisme et des cultures
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