Jeudi 26 novembre 2020

Balade à travers les 4 régions d’Algérie

Par Hadia Beghoura | Publié le 01/10/2020 à 13:00 | Mis à jour le 02/10/2020 à 15:00
Algérie Visite Balade

L’Algérie se situe au nord du continent africain, entre la Tunisie (à l’est) et le Maroc (à l’ouest). Sa capitale est Alger. En arabe algérien, on l’appelle « Al Djazair ». Sa superficie est de 2 381 741 km². C’est le plus grand pays d’Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen. Sa population est de 43 millions d’habitants. Les langues nationales et officielles sont l’arabe et le tamazight.

L’occupation française qu’a connue l’Algérie pendant 132 ans, de 1830 à 1962, a fait que le style architectural Haussmannien est prédominant dans ses villes. On retrouve aussi des œuvres d’architectes français du XXème siècle tel que Pouillon ou encore Le Corbusier.

Il y a aussi l’architecture néo – mauresque qui est un style développé essentiellement en Algérie et en Tunisie entre fin XIXe début XXe siècle.

Pour bien parler de l’Algérie, il faudrait faire un tour de ses 4 régions : centre, est, ouest et sud.

Je vous embarque ainsi dans un voyage à travers l’Algérie telle que je la connais et tel que les Algériens la décrivent.

Alger Rue Didouche
Rue Didouche Mourad, Alger, Algérie

Région centre : Alger et ses environs

La « région centre » est directement assimilée à la capitale du pays, Alger. On l’appelle « Alger la blanche », couleur de ses bâtisses. Les habitants de cette ville sont appelés les Algérois.  Alger est elle – même divisée en 3 zones : Alger centre, Alger est et Alger ouest. Chacune a son cachet.

Commençons par « Alger centre » qui est le cœur battant de la capitale. Elle est connue pour sa magnifique baie avec son imposant port qu’on peut admirer depuis ses hauteurs. Alger centre c’est aussi sa célèbre rue « Didouche Mourad », qui porte le nom d’un Moudjahid Algérien (combattant) de la guerre de libération nationale. C’est également sa grande poste au style néo – mauresque construite en 1910 par deux architectes français, Jules Voinot et Marius Toudoire. Elle est le symbole de tous les rassemblements et ce jusqu’en 2019 lors du Hirak (Mouvement).

Non loin du centre-ville, se trouvent les quartiers populaires tels que « Bab el oued » et un peu plus haut la « vieille ville » qui n’est autre que « La Casbah d’Alger », lieu emblématique et historique de la guerre de libération. C’est à la casbah qu’est né aussi un genre musical très populaire en Algérie qu’on appelle « Chaâbi » qui veut dire « populaire ».

Ensuite il y a « Alger est » qui est connue pour son quartier d’affaires, ses zones industrielles, les aéroports international et national ainsi que sa côte et ses plages.

Et enfin « Alger ouest » qu’on décrit souvent comme la « banlieue chic d’Alger ». Hydra est la commune où il y a une forte concentration d’expatriés, essentiellement des diplomates et patrons d’entreprise. On y trouve aussi quasiment toutes les ambassades. On a aussi les communes de Dely Brahim, Ben Aknoun, El Biar. Cette zone est connue pour ses quartiers résidentiels. Elle a aussi ses plages et son port de plaisance de Sidi – Fredj qui est connu de par son histoire lors de la conquête de l’Algérie par les français en 1830 comme étant le point d’entrée de l’armée française.

La région centre c’est aussi les wilayas entourant Alger comme : Boumerdès, Béjaia, Bouira, Tizi Ouzou, Tipasa, Blida, Médéa.  

La région de kabylie est une région de montagnes et de randonnées. Il y a aussi une station de ski à Tikejda (wilaya de Bouira). Dans certaines villes, montagnes et mer se rejoignent ce qui donne une beauté incroyable à ses plages. La kabylie c’est aussi ses poèmes, ses contes et ses chants en « berbère ». Tipasa quant à elle est dominée par le Mont Chenoua. Elle est connue pour ses ruines romaines classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses clubs de vacances et de détente ainsi que ses bons restaurants de poissons.

Il y a tellement à dire de la région centre qu’une rubrique lui sera dédiée dans mes prochains articles sur l’Algérie.

Pont Constantine
Constantine, Algérie

Région Est : du Constantinois au Annabi

Les villes les plus citées de la « région est » sont Sétif, Batna, Constantine, Guelma et Annaba.

Annaba est la ville limitrophe de la frontière avec la Tunisie, dont les habitants connus pour leur accent qui rejoint celui des Tunisiens. Un accent chantonnant !

Quant à la ville de Constantine, appelée « le rocher » car construite sur un bloc calcaire, elle est très connue pour sa culture et sa littérature d’où son appellation de « ville du savoir et des savants ». Elle a été désignée en 2015 « Capitale de la culture arabe ». Elle est aussi connue par ses spécialités culinaires dont nombreux plats sont à base de pâtes telles que tlitli, chakhchoukha, ses pâtisseries très célèbres telles que la djouziya, ghribia et enfin par son pont suspendu, l’un des plus hauts au monde.  

Un genre musical a vu le jour dans cette région, plus particulièrement à Constantine et Annaba, qui est le Malouf.

Les villes côtières de l’est ont aussi de très jolies plages comme à Annaba, Skikda, El Tarf.

La région regorge de lieux et d’histoire que je me réjouirai de partager avec vous plus en détail dans une édition dédiée à l’est Algérien.

Oran
Oran, Algérie

Région ouest : d’Oran la radieuse à Tlemcen la mauresque

Je pourrai citer tellement de villes de la région ouest d’Algérie mais je me limiterai aux plus emblématiques d’entre - elles afin de vous faire découvrir ce qu’il y a de plus attrayant dans cette région.

Je commencerai par Oran dite « Oran la radieuse » ou en arabe algérien « Wahran El Bahiya ». C’est une ville portuaire. On en parle toujours comme étant une ville où il y fait bon vivre. Beaucoup d’algériens aiment y séjourner pour un week – end ou quelques jours afin de sortir du stress quotidien.

La ville d’Oran a été fondée par les Andalous puis occupée par les Espagnols. C’est la raison pour laquelle on y trouve des traces de la culture espagnole. On prend comme exemple la Paella, un plat que prépare la plupart des oranais ou encore la langue espagnole parlée par ses habitants.

Bien que la ville soit caractérisée par son lien fort avec la culture espagnole,  il n’en est pas moins que l’architecture française y est très présente. D’ailleurs, son front de mer au style haussmannien a beaucoup été inspiré de l’architecture de la ville de Nice.

C’est aussi une ville qui a connu une forte cohabitation des 3 religions mono – théistes d’où la présence de mosquées, de la Cathédrale d’Oran ainsi que la célèbre Chapelle Santa – Cruz et enfin sa synagogue.

C’est dans la région de l’oranie qu’est né le célèbre genre musical « Raï » (Qui veut dire « opinion »). Il s’est fait connaitre sur la scène internationale par ses célèbres chanteurs : Cheb Khaled, le défunt Taha, Faudel, Cheb Mami, Zahouania et la défunte Chikha Rimiti.

On se dirige maintenant vers la wilaya de Tlemcen, la dernière ville d’Algérie proche des frontières avec le Maroc. Elle a été désignée « Capitale de la culture islamique » en 2011. Elle est aussi très connue par son genre musical arabo – andalou, le « haouzi ».  

Ses habitants, les Tlémcéniens,  ont une certaine particularité dans leur façon de parler. La prononciation de certaines lettres est différente du reste de l’Algérie et c’est ce qui fait leur charme.

On parle de Tlemcen la mauresque car il y a une forte présence d’un style architectural hispano – mauresque. Elle est aussi connue par sa grande mosquée Sidi Boumediene qui domine la plaine de Tlemcen.

Tlemcen fait aussi parler d’elle à travers ses mariages très festifs et où la mariée est vêtue de ce qu’on appelle « chedda » qui est un habit traditionnel de la région assez lourd à porter.

La région de l’oranie et ses alentours est gorgée de traditions et coutumes qui me tardent de partager avec vous dans mes futures rubriques qui lui seront consacrées.

Sahara Algerie
Sahara, Algérie

Le sud algérien : Entre nomadisme et sérénité

Cette région reste pour moi et pour bon nombre d’Algériens la région par excellence de la sérénité et de la beauté sauvage. Ses paysages vous envoutent et vous donnent un sentiment de quiétude.

Le Sahara algérien ne représente pas moins de 90% de la superficie de l’Algérie. Chaque année il avance vers le nord. Un projet appelé le « Barrage vert » a été entamé dans les années 1970 mais s’est ensuite interrompu. Actuellement, on parle de reprendre ce projet afin de faire barrière à l’avancée du Sahara vers les villes de l’extrême nord de l’Algérie.

La Sahara algérien ce sont des dunes à perte de vue, des plateaux rocailleux et des massifs montagneux, le plus connu est le Hoggar et le Tassili, ses peintures rupestres, ses oasis et ses terres sur lesquelles presque tout pousse grâce à ses nappes phréatiques. Il est incroyable de voir des pommes de terre, des melons, des pastèques, des tomates et j’en passe qui poussent dans le grand désert algérien. Néanmoins, elle reste une région où l’eau manque et où existent des zones très arides.

Les premières villes d’entrée dans le désert sont appelées « les portes du désert » comme : Bou Saâda, Djelfa, Laghouat ou encore El Oued. Puis, on pénètre au cœur du Sahara algérien à travers ses villes telles que : Taghit, Ghardaia, Djanet, Tamanrasset.

Le Sahara a une ethnie qu’on appelle les « Touaregs », appelés aussi « hommes bleus » de par leur habit traditionnel d’un bleu indigo fort. Dans cette population, une partie a gardé son mode de vie de nomade alors qu’une autre a choisi de se sédentariser. D’autres ethnies pratiquent le nomadisme dans différentes régions du Sahara.

Je consacrerai une rubrique spéciale pour le Sahara algérien afin de partager avec vous sa beauté et mon amour pour cette région.

C’est ainsi que j’arrive à la fin de mon tout premier article avec une de mes citations préférées sur le voyage :

« Même le plus long des voyages commence par un premier pas » (Auteur : Lao Tseu)

Zaijian !

Hadia Beghoura

Hadia Beghoura

Après 3 années passées à Pékin, un diplôme de Master en Commerce International de l’université UIBE en poche, je suis revenue en Algérie pour y travailler. Mes passions sont l’équitation, les voyages et l’art
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