Édition internationale

AFFAIRE MAHÉ - Le général Poncet sous une mauvaise étoile

Le général Henri Poncet, ancien commandant de la Force Licorne en Côte-d'Ivoire, a été mis en examen hier soir. Il est soupçonné de complicité dans le meurtre de Firmin Mahé, un civil ivoirien, en mai 2005

Henri Poncet a-t-il donné l'ordre implicite de tuer Firmin Mahé ? (Photo : AFP)

Le général Henri Poncet a été mis en examen hier par la juge d'instruction du tribunal aux armées de Paris (TAP). Il était le commandant de la Force Licorne, 4.000 soldats en charge du maintien de la paix en Côte-d'Ivoire. Le général Poncet est soupçonné de "complicité d'homicide volontaire" sur la personne de Firmin Mahé, en mai dernier. Le militaire avait déjà été suspendu de ses fonctions en octobre dernier par le ministère de la Défense.
Même s'il a, pour l'instant, été laissé en liberté, Henri Poncet représente un cas très rare. Il est en effet général de corps d'armée (quatre étoiles) ; il faut remonter à la guerre d'Algérie pour trouver une mise en examen à ce niveau.
L'affaire remonte à mai 2005 dans une Côte d'Ivoire en état de guerre civile. Firmin Mahé, un civil ivoirien, décéde dans des circonstances obscures. Il était fiché par les hommes de la Licorne comme un "coupeur de route" : bandit de grand chemin, braqueur de voitures, proche des rebelles.
"Roulez doucement"
Firmin Mahé a été arrêté dans la région de Man par des militaires français. Alors qu'il était blessé, les hommes du Général Poncet, alors commandés par le colonel Eric Burgaud, devaient l'amener à l'hôpital. Il y est arrivé mort.
Mis en examen fin novembre, c'est le colonel Burgaud qui a mis en cause le général Poncet dans cette affaire. Il a indiqué que son supérieur lui aurait dit de "rouler doucement", en ajoutant "vous me comprenez". Traduction : Firmin Mahé ne devait pas arriver vivant à l'hôpital mais succomber en chemin à ses blessures.
Depuis, les médias français relayent tous les informations d'une "source proche du dossier", selon laquelle Mahé aurait été étouffé dans la camionnette militaire qui le transportait. Le général est ainsi accusé d'avoir couvert l'assassinat commis par les soldat. Certains laissent entendre qu'il en aurait même donné l'ordre implicite. L'instruction devra le démontrer.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 14 décembre 2005

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