

L'homme soupçonnéd'avoir enlevéla petite Aurélia a étéarrêté, mardi soir, dans son domicile du Maine-et-Loire. Quelques heures auparavant, sa compagne avait appeléla gendarmerie, affirmant qu'il "souhaitait se rendre". Il s'agit d'un succès pour le système d'alerte "Amber", qui avait étédéclenchépour la première fois en France
La diffusion du portrait robot dressépar la soeur d'Aurélia, témoin de l'enlèvement, dans la quasi totalitédes médias français, a fait pression sur le ravisseur (Photo : AFP)
Fin du suspense. Le ravisseur présuméd'Aurélia Bosseau, un père de famille de 36 ans, a étéinterpellémardi soir àson domicile de Villedieu-la-Blouère (Maine-et-Loire), à18 kilomètres du lieu de l'enlèvement. Interrogépar les gendarmes, il a reconnu avoir séquestréla fillette pendant une trentaine d'heures et a étéplacéen garde àvue avec sa compagne. Leurs deux filles, de 2 et 10 ans, ont étéconduites àl'hôpital d'Angers pour des examens médicaux.
C'est un simple coup de téléphone qui a permis de mettre fin àla traque. Plus de deux jours après le kidnapping, et vingt-quatre heures après la découverte de la petite Aurélia saine et sauve àCholet, la compagne du ravisseur a appeléles gendarmes en indiquant que ce dernier "souhaitait se rendre". Ces derniers n'ont eu qu'àvenir chercher le couple àson domicile.
Trop de pression
D'après les premières explications recueillies par les enquêteurs, le ravisseur ?un homme dépressif qui vivait d'allocations handicapés? n'avait pas préméditél'enlèvement d'Aurélia. Il n'aurait eu l'idée de la kidnapper qu'en la voyant jouer sur un parking, àJallais (Maine-et-Loire). Pris de panique, suite àson geste, il se serait arrêtédans un bois pour enfermer la fillette dans un sac de sport, puis serait rentréchez lui ouvrir le sac devant son épouse, avec qui il avait eu une altercation.
Arrivéàun niveau de pression qui n'était plus supportable, le couple aurait finalement décidéde se rendre àla police. "Même sans cet appel, l'homme aurait étéinterrogé", a assuréla procureure d'Angers Brigitte Angibaud. Un appel avait en effet étéreçu au numéro vert qui le "dénonçait expressément au vu du portrait-robot et de la description de la voiture."
Un succès pour la justice
Le dénouement de cette affaire est un succès pour la justice, qui avait lancépour la première fois en France une opération "alerte Amber"("Alerte médiatique, but enfant recherché"). Cette stratégie, calquée sur des modèles américains et canadiens, consiste àmobiliser très rapidement d'énormes forces de police et àdiffuser largement la photo de l'enfant et le signalement du ravisseur dans les médias locaux et nationaux, quand un témoin du rapt existe.
La preuve de l'efficacitéde ce système ? La question continue de faire débat. Certes, dans le cas de l'affaire Aurélia, le battage médiatique a pousséle ravisseur àlibérer rapidement la fillette, puis sa femme àle dénoncer. Mais selon ses détracteurs, Amber est une arme àdouble tranchant. La médiatisation àoutrance aurait ainsi pu avoir l'effet inverse... en amenant le criminel àcéder àla panique.
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 24 novembre 2004
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Le Figaro, Enlèvement d'Aurélia : un couple en garde àvue
Le Monde, Le dispositif déployéaurait pousséle ravisseur d'Aurélia àse rendre




































