La Chine reste, malgré les défis géopolitiques et économiques, un marché incontournable pour les entrepreneurs français. Avec une croissance de 5 % en 2025, un marché de 1,4 milliard de consommateurs et des secteurs porteurs comme la tech, la santé ou les énergies renouvelables, les opportunités sont réelles. Mais attention : la complexité réglementaire, les différences culturelles et la concurrence locale exigent une préparation rigoureuse. Voici tout ce qu’il faut savoir pour se lancer en 2026, dans un contexte de nouvel an chinois sous le signe du cheval de feu, symbole de puissance et dynamisme pour les entrepreneurs.


Pourquoi la Chine en 2026 ?
La Chine n’est plus seulement l’usine du monde. Elle est devenue un hub d’innovation, avec des investissements massifs dans les véhicules électriques, l’IA, les semi-conducteurs et les biotechnologies. Le gouvernement chinois a aussi assoupli certaines réglementations pour attirer les capitaux étrangers, notamment dans les zones pilotes et les secteurs stratégiques. Les principales zones pilotes sont Shanghai Pilot Free Trade Zone (PFTZ), Guangdong-Hong Kong-Macao Greater Bay Area (GBA), Hainan Free Trade Port, Zhejiang (Hangzhou, Ningbo), Tianjin, Chongqing et Fujian (Xiamen).
Les Secteurs porteurs en 2026 sont la technologie (IA, drones, robotique, semi-conducteurs), santé et biotech (médicaments, équipements médicaux), les énergies renouvelables et véhicules électriques, les Services financiers et l’agroalimentaire. Certains secteurs sont à éviter ou plus difficiles d’accès, notamment l’immobilier neuf, en crise depuis 2023, et certains secteurs comme les médias, l’éducation et les télécoms.
Choisir la bonne structure juridique en Chine
Lorsqu’on souhaite créer une entreprise en Chine, le choix de la structure juridique est une décision stratégique. Trois options principales s’offrent aux entrepreneurs étrangers, chacune avec ses avantages et ses contraintes.
La WFOE (Wholly Foreign-Owned Enterprise) : le contrôle total, mais des exigences strictes La WFOE est la structure la plus prisée par les investisseurs étrangers, car elle permet de détenir 100 % du capital et d’avoir un contrôle absolu sur la gestion de l’entreprise. Elle est idéale pour les projets à long terme, notamment dans les secteurs des services, du commerce ou de la technologie. Cependant, sa création est soumise à des procédures administratives rigoureuses : il faut prévoir un capital social minimum (variable selon l’activité), un business plan détaillé approuvé par les autorités, et des délais d’immatriculation pouvant aller jusqu’à 6 mois. Les coûts initiaux (frais administratifs, avocat, comptable) peuvent être très élevés selon la ville et le secteur.
La Joint-Venture : un partenariat local, mais un partage des décisions La Joint-Venture (coentreprise) est une option pour les secteurs où la présence d’un partenaire chinois est obligatoire ou recommandée, comme l’industrie lourde ou certains services réglementés. Elle permet de bénéficier de l’expertise locale et des réseaux du partenaire, mais implique de partager le contrôle et les bénéfices. Les conflits potentiels et la complexité de la gestion partagée en font une solution moins attractive pour les entrepreneurs souhaitant garder la main sur leur projet.
Le Bureau de représentation : une solution temporaire pour tester le marché Le Bureau de représentation est la structure la plus simple et la moins coûteuse à mettre en place. Il permet de prospecter, de nouer des contacts et de comprendre le marché chinois sans engager de lourds investissements. Cependant, il ne peut pas générer de chiffre d’affaires et est soumis à une fiscalité défavorable (imposition sur un bénéfice "présumé"). Beaucoup d’entrepreneurs l’utilisent comme une première étape avant de créer une WFOE, une fois leur modèle validé.
Les étapes clés pour créer son entreprise en Chine
Créer une entreprise en Chine est un processus complexe, mais bien préparé, il peut être maîtrisé. Voici les étapes incontournables pour une implantation réussie.
La préparation : étude de marché et business plan
Avant toute démarche administrative, une étude de marché approfondie est indispensable. La Chine est un marché vaste et hétérogènes : les attentes des consommateurs, la concurrence et les réglementations varient fortement selon les régions. Il est aussi crucial de rédiger un business plan solide, obligatoire pour les WFOE, qui doit être approuvé par les autorités chinoises. Ce document doit inclure une analyse financière, une stratégie commerciale et une description détaillée de l’activité.
Les formalités administratives : un parcours semé d’embûches
Enregistrement du nom : Le nom de l’entreprise doit être pré-approuvé par l’Administration de l’Industrie et du Commerce (AIC). Il doit être unique et respecter les normes chinoises (ex : inclure le type de structure et la ville d’implantation).
Approbation du projet : Le dossier doit être soumis à la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) ou aux autorités locales, selon le secteur et l’ampleur de l’investissement. Cette étape peut prendre plusieurs semaines.
Capital social : Bien que les règles aient été assouplies (plus de montant minimum fixe depuis 2024), il est recommandé de prévoir un capital suffisant pour couvrir les premières dépenses et rassurer les autorités. Ce capital doit être déposé sur un compte bancaire chinois avant l’immatriculation.
Licences spécifiques : Selon l’activité, des licences supplémentaires peuvent être requises (ex : licence d’import-export pour le commerce international).
Ouverture du compte bancaire : Une fois l’entreprise enregistrée, il faut ouvrir un compte en RMB (obligatoire) pour opérer légalement.
Après l’immatriculation : démarches fiscales et opérationnelles
Enregistrement fiscal : L’entreprise doit s’enregistrer auprès du bureau des taxes local et se conformer aux obligations déclaratives (TVA, impôt sur les sociétés, etc.).
Embauche : Les contrats de travail doivent respecter le droit chinois, avec des cotisations sociales obligatoires. Pour le salarié, entre 10% et 12% du salaire brut (selon la ville). Pour l’employeur, entre 30% et 45% du salaire brut, selon la localisation et les spécificités locales.
Comptabilité : La tenue de comptes en chinois est obligatoire, et les déclarations fiscales sont mensuelles ou trimestrielles. Il faut aussi avoir des comptes annuels audités, et une déclaration des bénéfices/pertes.
Pièges à éviter et conseils pratiques
S’implanter en Chine est une aventure passionnante, mais semée d’écueils. Voici les erreurs à éviter et les bonnes pratiques pour maximiser ses chances de succès.
Sous-estimer la bureaucratie : Les réglementations changent fréquemment. « En 2025, les WFOE créées avant 2020 devaient se mettre en conformité avant le 1er janvier, sinon tout était bloqué », rappelle un expert. Il est crucial de se tenir informé et de travailler avec des conseillers locaux.
Négliger la propriété intellectuelle : La Chine a renforcé ses lois sur la PI, mais les litiges restent fréquents. Déposez vos marques et brevets avant de vous implanter pour éviter les copies ou les usurpations.
Ignorer les différences culturelles : La gestion des équipes, les négociations et la hiérarchie diffèrent fortement de la France. « En Chine, la relation (guanxi) est souvent plus importante que le contrat », souligne un entrepreneur français.
S’entourer de professionnels locaux : Un avocat et un comptable chinois sont indispensables pour naviguer dans les méandres administratifs et fiscaux. Choisir un comptable avec un bon ‘credit score’ impacte directement les démarches.
Commencer petit : Beaucoup d’entrepreneurs testent d’abord le marché avec un bureau de représentation ou une structure légère avant d’investir dans une WFOE.
Se former aux spécificités locales : Participer à des séminaires organisés par la Chambre de Commerce et d'Industries franco-chinoise, à des missions de prospection organisées par Business France ou intégrer des incubateurs locaux peut éviter bien des écueils.
Ressources utiles
Sites officiels : National Development and Reform Commission 中华人民共和国国家发展和改革委员会
Réseaux : Business France, Chambre de commerce franco-chinoise, French Tech Shanghai, CCEF (Conseillers du Commerce Extérieur de la France), EFE Entrepreneurs Français de l’Etranger.
Aides : Bpifrance propose des accompagnements pour les PME françaises, les Conseillers du Commerce Extérieur de la France proposent le programme « 60 Minutes pour Convaincre » (1h d’échange avec des CEO et entrepreneurs français en Chine), le réseau EFE à mis en place le label EFE, signe du « Made by French » à l’international.
Créer une entreprise en Chine en 2026 est un pari ambitieux, mais réalisable avec une bonne préparation. La clé ? Bien s’entourer, anticiper les coûts et les délais, et accepter de s’adapter en permanence. Pour les Français prêts à relever le défi, les opportunités restent immenses, à condition de jouer selon les règles locales.
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