Il y a les grands changements, ceux auxquels on s’attend en venant vivre au Japon. Et puis il y a tous les autres. Ceux qui s’installent doucement dans notre quotidien, jusqu’au jour où l’on réalise qu’on ne fait plus les choses tout à fait comme avant. Faire la queue sans râler. Remercier quelqu’un avec un « arigato gozaimasu » accompagné d’une petite courbette. Dire « sumimasen » beaucoup plus souvent que l’on disait ailleurs « je suis désolé ». Enlever ses chaussures dès que l’on rentre chez soi. Manger seul au restaurant sans se poser de question. Nous avons demandé à plusieurs Français installés au Japon de nous raconter ces petites habitudes qu’ils ont adoptées sans vraiment avoir décidé de le faire.


Au Japon, faire la queue devient un réflexe
Paul : « Je fais souvent la queue et j’accepte d’attendre patiemment et tranquillement, alors qu’ailleurs j’aurais été beaucoup plus impatient ! Ici, je me range dans la file, comme tout le monde. Même sur le quai du métro pour rentrer dans les wagons ou pour monter dans les escalators »
Au Japon, on se plie plus naturellement à une organisation collective qui finit par devenir naturelle : chacun respecte sa place, chacun sait comment faire, et l’ensemble fonctionne avec une fluidité assez étonnante.
À Tokyo, dire « arigato gozaimasu » devient automatique
Louis : « Je dis « arigato gozaimasu » au moins dix fois par jour ! Et maintenant, ma tête accompagne automatiquement le merci d’une petite courbette. »
Au début, on imite simplement les autres. Puis le geste s’installe. À la caisse, au restaurant, lorsqu’une personne vous laisse passer… « Arigato gozaimasu » finit par sortir avant même qu’on ait eu le temps d’y penser, accompagné de cette petite inclinaison de la tête ou du buste. Et parfois, le réflexe est tellement installé qu’on se surprend à le faire ailleurs !
Vivre au Japon, c’est aussi regarder les saisons autrement
Delphine : « Je me suis mise à photographier les feuilles et les arbres, surtout les momiji (les érables japonais). Je n’aurais jamais imaginé prendre en photo des arbres ou des feuilles qui tombent ! Je me suis découvert une passion pour les momiji ! Et maintenant dès début octobre je regarde les prévisions de la saison et organise mes week-ends en fonction.»

Au Japon, les saisons deviennent presque un programme. On surveille les cerisiers, les hortensias, les pruniers ou les érables, on regarde les prévisions de floraison. A Tokyo, il y a même un cerisier-témoin dans l’enceinte du sanctuaire Yasukuni-jinja dans l’arrondissement de Shinjuku. Le jour de la floraison officielle est celui ou 5 à 6 fleurs sont ouvertes sur l’arbre témoin.

Il en va de même pour les fruits et légumes, on prend l’habitude de vraiment attendre les fruits et légumes de saison. Ici, les fraises, les pêches ou les kakis ne sont pas simplement des fruits que l’on trouve toute l’année : on les retrouve à un moment précis, et on finit par les attendre presque comme un petit rendez-vous avec la saison.
Manger seul au Japon devient parfaitement normal
Frédéric : « Je mange seul sans même y penser, alors que dans d’autres pays je ne le fais jamais ».
Un restaurant pour une personne ? Un déjeuner seul ? Un café en solitaire ? Au Japon, cela devient vite banal. On entre, on commande, on mange, on repart. Personne ne semble particulièrement se demander pourquoi vous êtes seul, et surtout, vous ne vous le demandez plus non plus. On s’installe au comptoir, à côté d’autres solitaires, cela n’a rien d’inhabituel ou triste.
Konbini au Japon : ces supérettes dont on ne peut plus se passer
Blanche, 14 ans : « Depuis que je suis arrivée au Japon, j’ai pris l’habitude d’aller au konbini après l’école pour m’acheter un petit goûter. Avant, je ne faisais pas du tout ça ! Je peux prendre des nouilles, une petite glace, des bonbons… ça change tout le temps. Je trouve ça vraiment trop bien, les konbini au Japon : il y en a partout, c’est pratique, et on trouve toujours quelque chose qui donne envie. »

Au Japon, les konbini font tellement partie du quotidien qu’on finit presque par ne plus les remarquer. On y va presque tous les jours pour y acheter un café, payer une facture, retirer de l’argent… Une présence de tous les jours, particulièrement japonaise, dont on mesure la praticité une fois qu’on y a pris goût.
« Sumimasen » : un réflexe que les Français adoptent au Japon
Claire : « Je dis « sumimasen » beaucoup plus souvent que "désolé ou sorry". Le mot me vient maintenant presque automatiquement dès que je gêne quelqu’un, même très légèrement. Je crois que je ne réfléchis même plus. »
Une petite bousculade dans le métro, quelqu’un que l’on doit dépasser, un passage un peu étroit… Le « sumimasen » arrive parfois avant même qu’on ait eu le temps de réfléchir. À force, le mot s’installe dans le quotidien, comme un nouveau réflexe.
Au Japon, les chaussures restent à la porte
Anne : « Je retire mes chaussures dès que je rentre. C’est vraiment devenu un réflexe ! Et bien sûr quand je rentre chez quelqu’un, quelle que soit la nationalité, je me déchausse. Je suis presque sûre que je garderais cette habitude dans les prochains pays dans lesquels j’habiterais. D’ailleurs, j’ai lu quelque part qu’en France la pratique se généralisait ».

Et toutes ces micro choses qui sont devenues des automatismes, des habitudes…
Quand Pascale part promener son petit chien, elle veille bien à prendre une bouteille d’eau. Et oui, ici il faut nettoyer les pipis !
Christophe remercie les automobilistes sur la route en utilisant ses warnings ! Il a pris l’habitude de ne pas refermer la porte des taxis, une fois en France ou ailleurs, gare à cette habitude !
Anthony n’accroche plus son vélo avec un anti-vol, et inutile de prendre la batterie avec soi ! Ici, ça ne risque rien !
Ce ne sont pas de grandes leçons de culture japonaise. Ce sont des petits gestes qui se sont installés dans nos journées sans qu’on les ait vraiment invités.
Et vous ? Quelle habitude avez-vous adoptée au Japon que vous ne suiviez jamais en France ?
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