629,5 mm de pluie à Tokyo en septembre : comment expliquer un mois aussi sombre et détrempé ? Entre records, parapluies et touristes déconcertés, retour sur une météo qui a changé le quotidien.


35 jours de pluie sans interruption, à peine 45,8 heures de soleil et 629,5 mm de précipitations : septembre 2026 restera comme un mois hors norme à Tokyo. Derrière ces chiffres, une réalité très concrète : du linge qui ne sèche plus, des journées qui semblent finir avant l’heure et une lassitude qui s’installe.
35 jours avec un parapluie à portée de main
Depuis le 27 août, Tokyo a connu 35 jours consécutifs avec des précipitations, un record depuis le début des relevés météorologiques en 1886. Le précédent record était de 33 jours, en 2019.
Pour les habitants, cela signifie surtout une chose : 35 jours où le parapluie est devenu presque indispensable. Les sorties se préparent en fonction des averses, le linge s’accumule et les vêtements sèchent difficilement. Dans certaines laveries automatiques, les sèche-linges ont d’ailleurs tourné à plein régime. Un établissement interrogé par TV Asahi a enregistré un chiffre d’affaires environ 1,5 fois supérieur à celui de septembre 2025.
629 mm de pluie, mais surtout presque pas de lumière
Dans le centre de Tokyo, 629,5 mm de pluie sont tombés en septembre, soit près de trois fois la normale du mois.
Mais ce que les habitants ont probablement le plus ressenti, c’est le manque de lumière. Tokyo n’a enregistré que 45,8 heures d’ensoleillement sur l’ensemble du mois, environ 40 % de la normale. Durant 14 journées, le soleil n’est tout simplement pas apparu.
Sous les nuages épais, les journées pouvaient prendre des airs de fin d’après-midi dès 16 heures. Les lumières des commerces et des appartements s’allumaient alors que la journée de travail n’était pas encore terminée.
À 70 ans, Michiko résume ce sentiment : « Je n’ai jamais vu ça de toute ma vie. »
Même les visiteurs de passage en font les frais. Gabrielle, venue rendre visite à ses parents expatriés à Tokyo raconte « Je suis venue au Japon en pensant passer mes journées dehors, sillonner la ville à vélo, faire des excursions… Au lieu de ça, je regarde la météo tous les matins pour savoir quand je pourrai sortir. »
« On en a tous vraiment assez »
Cette météo finit par peser sur le quotidien, mais aussi sur le moral. Une enquête de Weathernews menée auprès de 7 999 personnes montre que 57 % des personnes interrogées disent ressentir fortement ou modérément une fatigue liée aux longues pluies. Dans le Kantō, elles sont 65 %.
Akiko, elle, décrit surtout une forme de lassitude collective : « On en a tous vraiment assez, les gens ne parlent que de la météo. C’est difficile pour le moral. »
Après un mois pareil, une chose est sûre : à Tokyo, en septembre 2026, le sujet de conversation le plus partagé n’était ni la rentrée, ni les sorties, ni les voyages. C’était la pluie.
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