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Que reste-t-il de Jakarta du 18ème siècle ? (2/2)

Par Brigitte Crosnier Bernard | Publié le 19/02/2020 à 22:30 | Mis à jour le 10/03/2020 à 08:32
Photo : Archives nationales@J.Rach
Johanne Rach indonesie

Pour faire suite à notre article paru hier sur le dessinateur Johannes Rach, découvrez aujourd'hui quelques-uns de ses dessins, certains sont mis en perspective avec leur situation en 2020.

 

J,Rach dessin

Vue de l’Hôtel de Ville de Batavia place Koningsplein (place du roi):

Aujourd’hui devenu le Musée d’Histoire place Taman Fatahillah, avec sa fontaine où les habitants venaient prendre l’eau provenant de la rivière Ciwilung (!), ses porteurs d'eau et ses habitants pour une promenade accompagnés de leurs servants et esclaves. La partie droite du bâtiment principal était la prison pour les civils et la partie gauche la prison pour le personnel de la VOC. Vous noterez que le pignon, le toit du portique et la fenêtre centrale du bâtiment central étaient à l’époque de forme arrondie. Son pignon porte plusieurs armoiries, parmi lesquelles figurent le lion hollandais, le monogramme VOC et les armoiries de Batavia. 

À gauche de la place, le quartier résidentiel de l’élite, le long de Tijgersgracht, le célèbre canal du Tigre, aujourd’hui Jl Pos Kota. A droite, la nouvelle et grande église néerlandaise, aujourd’hui remplacée par le musée du Wayang.

 

J.Rach dessin

Grande église néerlandaise de Batavia (Groote Hollandse Kerk tot Batavia)

 

Prise de vue côté kali krutuk à partir de Jl Kali Besar Barat. Au premier plan, plusieurs personnages et un bateau rempli de marchandises.

J.Rach

 

Vue du Tijgersgracht (canal du Tigre).

Très belle voiture d’une famille riche se dirigeant vers la résidence Van Riemsdijk située au bord du canal. La voiture est précédée de deux «précurseurs», des esclaves obligés de courir devant ; des esclaves portant des parasols, un pour chaque passager, sont à l'arrière de la voiture ; un homme à cheval derrière la voiture comme « garde du corps ». De l'autre côté du canal, deux hommes européens fument sous un tamarinier.

J.R dessin

Vue de la résidence du gouverneur général Reinier de Klerk

Anciennement maison des archives (Arsip Nasional), n°111 Jl Gaja Mada, cette somptueuse demeure avec dépendances et magnifique jardin d’agrément, située le long du canal Molenviet, est l’exemple des maisons dites de campagne appartenant à l’élite de l’époque. Au premier plan, des embarcations avec de la marchandise sur le canal Molenviet, aujourd’hui à moitié rebouché. Devant la maison, une très belle diligence et des marchands ambulants.

JR dessin

Vue arrière de la résidence. Jardin aménagé à la Française, populaire à cette époque. 

A gauche, des esclaves coupant les haies et arrosant le jardin. 150 esclaves travaillaient dans la propriété et la plantation de De Klerk. Au premier plan, De Klerk lui-même, représenté main dans la main avec un enfant, probablement l'un de ses deux enfants adoptés. De Klerk, très à la mode, est vêtu d'une redingote, porte une perruque, une petite épée et son tricorne sous le bras.

J.Rach

Vues de splendides demeures situées Jalan Jacatra (aujourd’hui Jl Pangeran Jayakarta) qui n’existent plus aujourd’hui

Cette demeure a abrité plusieurs gouverneurs généraux avant qu’ils ne partent sur Bogor. Attaquée par les termites, elle a été détruite en 1820. A cet emplacement a été construit l’hôpital militaire Gatot Soebroto.

J.Rach dessin

Vue du manoir appartenant à Jacob Riemersma.

Au premier plan, un groupe de personnes accompagnées d’esclaves ; un monsieur s'incline devant une dame

 

J.Rach dessin

Vue des navires dans la baie de Batavia vers 1772, de Slingerland (connu aujourd’hui sous le nom d’Ancol). 
Les longues ombres projetées suggèrent qu’il est tôt le matin. Les pêcheurs naviguent vers la mer ou vers leurs pièges à poissons. Une flotte d'environ 15 indiaman de l’est, navires affrétés par la VOC, est à l'ancre dans la rade. Et, avec l’air encore frais, des dames et messieurs européens se promènent sur la plage de Slingerland (Ancol). Les femmes sont habillées dans des tenues de style à la française. Des esclaves mâles font de l’ombre avec des ombrelles. Une esclave sur la gauche tient une boîte à betel, prête à satisfaire l’envie de sa maitresse d’en chiquer. Une autre tient un télescope pour que sa maitresse puisse regarder l’animation de la baie.

De Batavia, on distingue la coupole de la grande église néerlandaise, place Taman Fatahillah et le mât du drapeau du chantier naval (Gedong Galangan). Dans la baie on distingue quelques îles (les mille iles !).

J.Rach dessin

Vue des exercices militaires de l'artillerie à Batavia, effectués dans un champ du domaine Slingerland près de la plage d'Ancol. Étant donné le joyeux groupe de dames et de messieurs buvant représenté en bas à gauche, il semble que de tels exercices étaient une occasion festive.

J.Rach dessin

Sur la gauche, le bastion nord-ouest Parel du château de Batavia (détruit en 1808). De l’autre côté de la rivière Ciliwung, au centre, le chantier naval (mât avec le drapeau) et le bastion de Culemborg (à côté de l’actuelle Menara Syahbandar). À l'arrière, à gauche, les bâtiments représentés sont les entrepôts de la VOC dans lesquels toutes les marchandises et en particulier les épices étaient stockés, aujourd’hui le musée maritime. 

Rach a dû dessiner cette vue de l’entrée actuelle du port de Sunda Kelapa.

 

J.Rach

Vue du manoir de Buitenzorg, aujourd’hui Istana Bogor. Derrière un petit fort, le fort Philippin, qui abrite une garnison de 16 soldats, on voit deux villas de 30 mètres sur 15 chacune. L'intention initiale était de relier les deux ailes en construisant une partie centrale, mais aucun des propriétaires du 18ème siècle n'a effectué ces travaux. Jardins à la française.

Aujourd’hui le palais présidentiel de Bogor est construit au même endroit pour remplacer l’ancien palais détruit lors d’un incendie.

 

J.Rach dessin

Vue du monument Batu Tulis, ou pierre gravée, près de Buitenzorg (Bogor). Au premier plan, la dalle avec des empreintes de pieds. Cette pierre gravée est l’un des rares vestiges du royaume hindouiste Pajajaran ( 1333-1579) qui domina la région. Aujourd’hui ces deux pierres sont visibles Jl Batu Tulis, à Bogor.

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Brigitte Crosnier Bernard

Brigitte Crosnier Bernard

Apres avoir vécu 9 ans en Malaisie et Indonésie où je m'occupais de l'association Indonesian Heritage Society. Je suis de retour à Paris mais continue de faire partager ma passion pour l'archipel indonésien
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