Fin mars, la réduction des subventions pétrolières a fait bondir les prix de 22% en une nuit. Bangkok a voté 7,74 milliards de bahts d’aide samedi 11 avril 2026.


Pendant des décennies, le Fonds pétrolier thaïlandais a fait le même travail en silence : absorber les chocs du marché mondial pour maintenir les prix à la pompe artificiellement bas. Fin mars, le fonds est entré en déficit. Le gouvernement a réduit ses subventions. En une nuit, l'essence a bondi entre 14% et 22%. Le diesel a dépassé 40 bahts le litre pour la première fois. La Thaïlande importe la quasi-totalité de son pétrole brut et n'avait, jusqu'ici, que repoussé l'échéance.
Samedi 11 avril, le conseil des ministres a approuvé 7,74 milliards de bahts de nouvelles mesures d'urgence. Les 13,22 millions de détenteurs de cartes d'aide sociale verront leur allocation mensuelle passer de 300 à 400 bahts jusqu'au 12 mai. Pour contenir la hausse des prix à la consommation, 2,06 milliards de bahts financeront une subvention carburant pour les transporteurs et les pêcheurs sur 42 jours. Les agriculteurs bénéficieront de subventions à l'achat d'engrais. Les PME pourront accéder à 100 milliards de bahts de prêts souples, et les entreprises dont les contrats publics sont affectés par le conflit au Moyen-Orient pourront les résilier sans être inscrites sur liste noire.
Encourager le solaire
Sur le long terme, la Caisse d'épargne gouvernementale offrira des prêts à faible taux pour l'achat de véhicules électriques ou l'installation de panneaux solaires, avec un plafond de 2 millions de bahts par emprunteur sur cinq ans. Les particuliers pourront déduire jusqu'à 200.000 bahts de leur impôt sur le revenu pour une installation solaire. Enfin, un programme de reprise de véhicules anciens doit accélérer le passage aux modèles hybrides.
Interrogé par le Bangkok Post, Tanit Ruangrungchaikul, professeur associé à l'université Thammasat, a salué ces mesures comme une « occasion d'accélérer la transition énergétique » du pays. La hausse des coûts d'électricité et l'instabilité des marchés mondiaux rendent urgente la réduction de la dépendance au gaz naturel liquéfié importé, a-t-il dit. Il a toutefois pointé une lacune : ces dispositifs ne toucheront pas les ménages les plus modestes, qui subissent les factures d'énergie les plus lourdes mais n'ont pas accès aux avantages fiscaux ni au crédit formel. Il a plaidé pour des subventions ciblées sur les petits systèmes solaires et pour la relance d'un mécanisme permettant de revendre l'électricité excédentaire au réseau.
Un sondage Suan Dusit, réalisé auprès de 1.266 personnes, chiffre cette ambivalence : 72,27% soutiennent les réformes énergétiques, mais seuls 34,36% se disent confiants dans le fait qu'elles résoudront la crise. Le ministre des Finances Ekniti Nitithanprapas a déclaré vouloir porter la croissance du PIB à au moins 3%. Le FMI prévoit 1,6% pour 2026, après 2,1% en 2025, sous l'effet des droits de douane américains et de la faiblesse de la demande intérieure.












