Le pétrole coûte cher. Les matériaux aussi. Les promoteurs thaïlandais préviennent que les prix des maisons vont suivre.


Un cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran a fait souffler les marchés, le baril repassant sous la barre des 100 dollars. Mais près de 1.000 navires restent encore bloqués dans le Golfe, l'Iran exige des droits de passage en Bitcoin et personne ne sait ce qu'il se passera dans quinze jours. Pour les promoteurs thaïlandais, les coûts de construction s'envolent et ils n'ont visiblement pas l'intention d'absorber la différence.
Prateep Tangmatitham, président exécutif de Supalai, l'un des plus grands groupes immobiliers du pays, le dit clairement. Les prix de vente vont augmenter, à cause du pétrole. Le transport coûte plus cher, l'acier, le ciment également. Supalai prévoit une hausse de 4 à 5% en moyenne.
Les constructeurs de maisons individuelles prédisent des hausses de 3 à 5% sur le marché des maisons sur mesure, et jusqu'à 10 % pour les nouveaux projets immobiliers.
Une structure de coûts qui ne reviendra pas en arrière
Kiatnakin Phatra Bank a mis un nom sur ce que les promoteurs observent depuis des semaines. Le « New Cost Base », une nouvelle base de départ.
L’achat de matériaux revient à 60% du coût d’une maison. L'acier seul en représente près d'un cinquième. Ces matériaux dépendent de l'énergie pour être produits et transportés.
Le baril a reflué avec la trêve mais les prix des matériaux ne se réajustent pas du jour au lendemain.
Les promoteurs ont commandé, signé, engagé des contrats au prix fort, ils devront donc assumer ce surcoût.
Le marché intermédiaire pris en étau
Les maisons entre deux et cinq millions de baht concentrent 54% des ventes, soit 76,2 milliards de baht. C'est la tranche la plus exposée. Les stocks invendus s'y accumulent déjà dans plusieurs banlieues de Bangkok, Rangsit-Pathum Thani, Bang Bua Thong-Nonthaburi, Bang Na-Samut Prakan.
Kiatnakin Phatra Bank prévoit 290.000 ventes immobilières en 2026, le niveau le plus bas depuis huit ans.
Acheter maintenant ou attendre ?
Les promoteurs jouent sur cette incertitude et ils ont intérêt à le faire. Acheter aujourd'hui, c'est encore bénéficier des prix calculés sur l'ancienne base de coûts, des offres promotionnelles et des taux fixes. Attendre, c'est parier sur une accalmie qui ne tient que quinze jours.
Il y a pourtant une fenêtre réelle, le gouvernement a réduit les frais de transfert de 2% à 0,01% et les frais d'enregistrement hypothécaire de 1% à 0,01% pour les biens immobiliers d'une valeur inférieure à sept millions de baht. Pour relancer un marché en difficulté et aider les ménages à accéder à la propriété malgré la hausse des coûts.
Les promoteurs eux-mêmes réduisent leurs nouvelles autorisations de construction dans la région de Bangkok, signe qu'ils n'y croient plus vraiment.












