L’ambassadeur de France en Thaïlande a passé ce mardi 19 mai 2026 à Chiang Mai. Visite d’école. Installation officielle du nouveau consul honoraire. lepetitjournal.com l’a accompagné.


Jean-Claude Poimbœuf n’avait jamais vu de la Windfield French International School de Chiang Mai qu’un terrain vague. Sur ce terrain, propriété de la France sur les bords de la rivière Ping, est née la première école française de la ville en septembre 2024. Sept élèves seulement la fréquentaient les premiers mois. Ils sont une soixantaine en cette fin de deuxième année scolaire.

Accompagné de son épouse et de la consule de France à Bangkok, Carole Josse, l’ambassadeur a visité chaque classe et chaque lieu important de l’école, questionnant enfants, enseignants, dirigeants et représentants des parents d’élèves. La scène la plus inattendue s’est déroulée chez les grands élèves de maternelle, une classe particulièrement internationale qui regroupe des enfants français, thaïlandais, israéliens, coréens, chinois, japonais.

Profitant de leur multilinguisme asiatique, Jean-Claude Poimbœuf et son épouse ont commencé à échanger en japonais avec une petite fille, avant de poursuivre en chinois avec un petit garçon. C’est cela aussi la diplomatie.
Les enfants lisent-ils ?
L’ambassadeur a posé énormément de questions, tant sur la langue parlée à la maison que sur les devoirs. Pour que le français entre un peu dans les foyers non francophones, des cours du soir sont désormais proposés aux parents. Quant aux devoirs, ils sont en quelque sorte dessinés sur-mesure, ce que permettent les effectifs réduits. Et au fur et à mesure que les cours de français langue étrangère (FLE) portent leurs fruits, la part de notre langue augmente dans l’enseignement quotidien. Classes suivantes, salles d’anglais, d’art, de musique, d’informatique, de robotique, la visite est complète. À la bibliothèque, Jean-Claude Poimbœuf ose un « les enfants lisent-ils ou ne sont-ils que sur les tablettes ? ». Réponse : « certains viennent ici, au frais, après le déjeuner, pour lire ». Réponse diplomatique ?

C’est une magnifique école
C’est dans un canapé, dans la grande salle polyvalente de l’établissement, que l’ambassadeur a livré ses impressions. « Venir voir cette école manquait dans la liste de ce que nous avions à faire en Thaïlande. C’est une magnifique école, très internationale, comme souvent en dehors de Bangkok. Il est bon pour les enfants d’être exposés à d’autres cultures et à d’autres langues dès l’enfance. Cela leur donne une grande ouverture sur le monde. Nous avons maintenant dix écoles françaises dans le pays dont sept dans le réseau AEFE. Nous le devons à la population qui grandit mais aussi à la force d’un système français en lequel les gens croient. Ce que nous proposons dans les écoles françaises est académiquement meilleur et souvent moins cher. Ma recommandation est de vous rapprocher de l’AEFE pour avoir l’homologation. Pour les parents c’est très important. C’est un processus très bureaucratique mais, à la fin, très positif. Cela permet aux élèves d’aller d’une école française à l’autre, n’importe où, c’est un vrai réseau. Je constate en tout cas que les enfants ont l’air très heureux et je pense que les parents aussi. » Ils ont acquiescé. Et lorsqu’il a interrogés leurs représentants sur le fait de savoir s’ils avaient choisi Chiang Mai parce que s’y trouve une école française, la réponse fut encore positive.
Je vous souhaite de battre le record
La délégation a ensuite pris la direction de l’Alliance française, qui héberge le consulat honoraire. Deuxième étape de la matinée. Il s’agissait d’installer officiellement le nouveau titulaire du poste, Christophe Gestin, dans ses fonctions.

En présence de quelques diplomates étrangers, du gouverneur de Chiang Mai, de personnalités et d’invités privés, l'ambassadeur de France en Thaïlande a tout d’abord tenu à « célébrer un important moment : la réouverture, depuis le 4 mars, du consulat honoraire de France à Chiang Mai. Une réouverture très attendue par nos compatriotes. » Jean-Claude Poimbœuf a tenu à remercier le président et le directeur de l’Alliance française de continuer à accueillir le consulat honoraire dans leurs murs. Il a également salué Thomas Baude, en fonction de 1995 à 2025. « Je vous souhaite de battre le record », a-t-il lancé à son successeur.
Merci de vous mettre au service de la France
L’ambassadeur a rappelé que Christophe Gestin aura désormais la charge des tâches administratives mais aussi d’assister les Français en cas de besoin, résidents ou touristes. 1.200 d’entre eux sont inscrits sur les listes consulaires, dont 40% de retraités. Il a rappelé que les Français de la région de Chiang Rai dépendaient également de lui, désormais, puisque le consulat honoraire y a été définitivement fermé. Auxquels s’ajoutent tous les Français résidents mais non inscrits, qui sont en général aussi nombreux que ceux qui ont entrepris la démarche. « Merci de vous mettre au service de la France », a-t-il conclu.

Carole Josse a tenu à souligner que le nouveau consul honoraire a déjà été « incroyable pendant ses deux premiers mois d’exercice ».
L’heure de la retraite a sonné
Une heure ou deux plus tard, après le verre de l’amitié, les photos d’usage et les conversations privées, l’heure de repartir vers Bangkok a sonné. Jean-Claude Poimbœuf a tenu à adresser quelques derniers mots à ceux qui étaient encore là. « Nous commençons à avoir un beau dispositif à Chiang Mai, avec l’agence consulaire, l’Alliance française, l’école Windfield, l’École Française d’Extrême-Orient (EFEO). Merci pour tout ce que vous faites tous pour la culture française. Ce n’est plus un secret, l’heure de la retraite a sonné (Jean-Claude Poimbœuf partira à la retraite mi-juillet, nous aurons l’occasion d’en reparler avec lui). À bientôt. »

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