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Peñíscola, ancienne résidence pontificale et merveille de la région valencienne

Par Paul Pierroux-Taranto | Publié le 19/09/2021 à 23:04 | Mis à jour le 20/09/2021 à 10:34
Photo : Almudena_Sanz_Tabernero, Pixabay
Peñíscola, ancienne résidence pontificale et merveille de la région valencienne

Peñíscola est un village de la province de Castellon qui surplombe la mer. Une destination privilégiée pour les vacanciers passionnés d’Histoire, ou tout simplement en quête d’un peu de douceur de vivre. Cet écrin méditerranéen apparaît régulièrement en tête des classements des plus beaux villages d’Espagne, mais il n’a pas pour autant vendu son âme au tourisme de masse. Partons à la découverte de ce joyau de la région valencienne qui fut, il y a bien longtemps, la résidence d’un pape. 

 

Le château du pape Benoît XIII

 

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Le château de Peñíscola / Millars, CC BY-SA 3.0 ES

 

Symbole de la ville, le château de Peñíscola se dresse majestueusement sur le rocher le plus haut de la cité, à 64 m au-dessus du niveau de la mer. De là, des siècles d’Histoire contemplent l’immensité bleue. C’est aussi un paysage à couper le souffle qui s’offre à nos yeux. 

Bâti par les templiers sur une ancienne citadelle maure entre 1294 et 1307, le château de Peñíscola accueille un hôte très spécial au début du XVème siècle. Pedro de Luna, qui n’est autre que le pape Benoît XIII, y prend ses quartiers durant près de vingt ans. En pleine époque du Grand Schisme d’Occident, c’est à Peñíscola que cet aragonais, élu pape d’Avignon en 1394, se réfugie quand le vent commence à tourner en France et que son palais avignonnais est assiégé. 

Affaibli politiquement, abandonné de tous, y compris de son ami San Vicente Ferrer (le patron de la Communauté valencienne), il continuera de se présenter comme le seul pape légitime jusqu’à sa mort, et ce en dépit du concile de Constance qui l’excommuniera et mettra fin au schisme en élisant un nouveau pape. 

Dans son refus obstiné de rendre sa tiare, le pape Benoît XIII entraîne avec lui une petite cour de fidèles et de nombreux artistes qui font de la forteresse, plus qu’un refuge, une merveille d’architecture. Vous pourrez d’ailleurs admirer la statue du pape Benoît XIII qui domine de toute sa superbe la vieille ville et qui témoigne, à travers les siècles, de l’entreprise folle et solitaire d’un homme. Promenez-vous également dans les magnifiques jardins qui longent le château. La vue sur la mer et la montagne est extraordinaire. 
 

El casco antiguo

 

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Matías Callone, CC BY-NC-SA 2.0

 

La vieille ville - ou casco antiguo - est chargée d’histoire et pleine de charme. Protégée par les fortifications que le roi Philippe II fit construire sur l’imposant rocher, elle abrite le hameau de la citadelle - des maisons blanches qui s’amoncellent autour de ruelles étroites et pavées suivant un tracé médiéval. En déambulant le long de ce chemin sinueux, vous passerez devant de petits restaurants et des boutiques artisanales qui sont autant d’invitations à vous arrêter pour prendre le temps d’un repas ou d’un achat. 

Les passionnés d’histoire ne seront pas en reste non plus. Ils pourront par exemple passer sous la Porte du Saint-Père (Portal de Sant Pere), qui arbore en son centre le blason du pape Benoît XIII, visiter l'Église de Santa María construite dans un style gothique avec, plus tardivement, des influences baroques, ou encore aller à l'Ermitage de la Mère de Dieu dans lequel est conservée la statue de la patronne de la ville. Bien sûr, le phare de Peñíscola sera une étape incontournable de votre balade dans la vieille ville. Classé bien d’intérêt local de la Communauté valencienne, il veille sur le port et s’illumine la nuit. C’est là que vivait Jorge, le personnage principal du film Calabuig (1956) de Luis Garcia Berlanga tourné à Peñíscola.

La Casa de la Conchas

 

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Elisa Marianini, CC BY-SA 4.0

 

En flânant dans la vieille ville, vous tomberez sur une curieuse maison entièrement recouverte de coquillages : la Casa de las Conches (Maison des coquillages). Cette maison construite dans les années 1960 est devenue une attraction touristique à part entière. Nombreux sont les passants qui se prennent en photo devant sa façade. Mais peu savent que ceux qui l’ont fait construire - le couple Timoteo y Justa - sont, pour ainsi dire, les premiers guides touristiques de Peñíscola. Justa a d’ailleurs ouvert le premier magasin de souvenirs de la ville juste à côté de sa maison.  
 

Les plages de Peñíscola

Peñíscola, c’est aussi des plages et de superbes criques sauvages. On en dénombre seize. Citons, parmi les plus prisées des baigneurs, la Playa Norte, une longue plage de 5 km de sable fin faisant face au château, la Cala del Moro, une crique idéale pour se prélasser au soleil, ou encore la plage naturiste del Russo.
 

Du Cid à Game of Thrones

 

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Calabuig (1956)

 

Le réalisateur valencien Luis García Berlanga contribua à la renommée de Peñíscola en braquant par deux fois les projecteurs sur ce paisible village de pêcheurs. D’abord, en 1956, lors de son film Calabuig, où Jorge, un chercheur en physique nucléaire, se réfugie dans le village méditerranéen de Calabuch qui n’est autre, en réalité, que Peñíscola. Ensuite, bien des années plus tard, en 1999, Berlanga y tourne son dernier film París-Tombuctú. L’histoire d’un médecin qui abandonne Paris et part pour Tombouctou à vélo. À mi-chemin, le médecin s’arrête à… Peñíscola. Entre les deux films, le temps a passé, comme en témoigne la métamorphose de Peñíscola qui est désormais un village connu et apprécié des touristes.

Il faut dire qu’un autre cinéaste, Anthony Mann, dans les années 1960, fait de Peñíscola le théâtre d’un péplum au succès planétaire. Il réalise Le Cid avec Charlton Heston et Sophia Loren en 1961 en tournant les scènes extérieures dans le village. 
Enfin, le château du pape Benoît XIII et la vieille ville ont été le lieu de tournage de la sixième saison de Game of Thrones pour le décor de la cité de Meereen. La série espagnole El Chiringuito de Pepe a aussi été tournée pour partie à Peñíscola.

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Paul Pierroux-Taranto

Paul Pierroux-Taranto

C'est enthousiaste et motivé que ce jeune Français, Valencien de coeur et d'origine, qui a travaillé dans le domaine de l'écriture et de la communication à Paris, rejoint lepetitjournal.com/valence en tant que rédacteur en chef.
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