Dimanche 24 octobre 2021
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Patricia Diaz Izquierdo, Fallera : « Nos bras sont grands ouverts »

Par Isabelle Reffas | Publié le 08/02/2018 à 21:00 | Mis à jour le 08/02/2018 à 20:51
Photo : ©Florence Cassisi pour IKameleon
Patricia Diaz Izquierdo, une Fallera de Valencia moderne

Pour en finir avec les clichés, nous sommes allés à la rencontre d'une Fallera qui est tout sauf une potiche. Patricia Diaz Izquierdo a 37 ans, elle est divorcée et travaille dans l'administration. Cette mère d'un petit Fallero de 8 ans, suit la tradition familiale avec bonheur et nous invite à entrer dans la danza avec elle. 

Lepetitjournal Valence : Depuis quand es-tu Fallera ?

Patricia Diaz Izquierdo : Depuis ma naissance, déjà bébé j'étais vêtue en tenue traditionnelle et je participais à la fête. Ma grand-mère travaillait dans le quartier du Mercado Colón et elle a fondé la commission de la Falla locale. Mes grands parents étaient Falleros, ainsi que me parents et à présent moi, ma s?ur et mon fils de 8 ans reprenons le flambeau. Il a 8 ans et il adore ça.

Quel est ton rôle en tant que Fallera ?

Chaque Falla de chaque quartier élit une Fallera mayor et sa cour royale par le biais de sa commission. J'ai été Fallera mayor il y a 15 ans et aujourd'hui je fais partie de la cour. Je participe à chaque acte des Fallas, les officiels et les autres comme aujourd'hui (dimanche 12 mars) où nous préparons une paella géante au Mercado Colón.

On a parfois l'image d'une Fallera pas très moderne. Quel est ton avis ?

C'est absolument faux. Dans les Fallas, la femme a exactement le même pouvoir que les hommes. Il y a des présidentes de commission. Tout le monde peut se présenter: homme ou femmes. Nous sommes très actives et nous avons beaucoup de responsabilités.

Patricia, une fallera de Valencia bien dans ses baskets
©Florence Cassisi pour IKameleon

Ton costume traditionnel est-il pesant et difficile à porter ?

Non, el corpiño, qui ressemble à un corset, n'en est pas un. Ça n'a rien à voir avec ceux qu'on voit dans le film Autant En Emporte Le vent. Il est ajusté mais je peux bouger, lever les bras et surtout danser la danza. Nous sommes tenues de porter nos vêtements traditionnels pendant les cérémonies officielles mais en dehors nous faisons ce que nous voulons. Et ce qu'il faut savoir, c'est que nos robes font travailler les artisans locaux. La soie est valencienne et il faut des mois pour fabriquer un mètre de tissu de cette toile typique appelée el espolín. Aujourd'hui, tout n'est plus fait à la main mais les boutiques sont ici.

Est-il possible d'être Fallera sans être née dans la communauté valencienne ?

Oui bien sûr. On peut tout à fait imaginer une Fallera mayor qui ne soit pas née ici mais qui vit à Valencia. Si mon fils épouse un jour une Française et qu'elle veut rejoindre notre Falla. Pourquoi pas ?

As-tu un message à faire passer aux Francophones qui vivent ici ?

Je veux leur dire qu'ils peuvent tout à fait pousser la porte de la Falla de leur quartier et la rejoindre s'ils le souhaitent. Les gens se trompent s'ils pensent que les Fallas sont des lieux très fermés qui leur sont interdit. Tout le monde peut venir et participer. Nos bras sont grands ouverts.

 

Retrouvez le programme de la Semana Grande ainsi que l'ensemble de nos articles consacrés aux Fallas 2017 dans notre dossier spécial !

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Photo de la journaliste Isabelle Reffas

Isabelle Reffas

Journaliste diplômée de l’ESJ Lille et spécialiste du cinéma et des séries TV, Isabelle aime plus que tout mettre en lumière le travail des artistes valenciens ou non. Elle rêve de participer au rayonnement de Valencia à travers le monde.
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