Les organisateurs du mouvement de protestation des forconi avaient annoncé qu'ils feraient entendre leur voix contre la pression fiscale et contre le gouvernement lundi 9 décembre, et ce dans toute la Péninsule. C'est surtout à Turin que la journée d'hier a été marquée par des heurts violents entre la police et les manifestants. La très centrale Piazza Castello, où se trouve le siège de la Région Piémont, a vite été transformée en champ de bataille avec les tirs croisés de pierres et de bouteilles de la part les manifestants et de gaz lacrymogènes par la police. D'autres moments de forte tension ont eu lieu devant l'Hôtel de Ville, devant le Centre de recouvrement des impôts, mais également dans les gares de Porta Nuova et de Porta Susa, occupées par les manifestants pendant quelques heures.
"Cet établissement adhère à la manifestation, nous y croyons" - via Mazzini. Certains magasins ont sciemment choisi de fermer boutique, et ils le font savoir (photo L.G. lepetitjournal/Turin)
Parti de Sicile, en janvier 2012 le mouvement des forconi avait paralysé l'île pendant quelques semaines mais n'avait pas réussi à s'étendre dans le reste de la Péninsule. En cette fin d'année lourdement marquée par la crise et par la hausse du chômage, par une imposition fiscale excessive et par un sentiment montant d'hostilité à la politique, ce mouvement anti-européiste a trouvé au contraire un terrain propice à sa diffusion. Pourtant des doutes planent encore sur l'identité précise du mouvement, où seraient présents des groupuscules d'extrême-droite. La situation est d'autant plus explosive que les manifestations ont lieu à quelques jours seulement de la sentence de la Consulta qui a jugé la loi électorale italienne anti-constitutionnelle.
Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 10 décembre 2013