Le Japon ne se résume pas à Tokyo. Pourtant, par habitude ou par nécessité, une grande partie des informations destinées aux Français installés au Japon se concentre encore sur la capitale. Avec Aller-simple, nouvelle rubrique du Petit Journal, nous partons à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi de vivre une partie - voire toute - de leur vie au Japon, en dehors de Tokyo.


Pour ce premier épisode, direction l’ouest du pays. Arrivé au Japon en 1995 avec le sentiment inexplicable que sa place était ici, Jean-Jacques Truchot, représentant de l’UFE Japon de l’Ouest, raconte son parcours, la réalité de la vie française loin de Tokyo et la nécessité de créer davantage de liens entre les Français dispersés dans le pays.
Trente ans à Kyoto
En 1995, Jean-Jacques Truchot arrive au Japon avec le sentiment, difficile à expliquer, que « sa place était ici ». Il apprend le japonais, fait des petits boulots, essuie un refus de visa de travail et reste finalement avec un visa culturel.
Il construit ensuite sa vie professionnelle autour des relations franco-japonaises : enseignement du français, séjours linguistiques, formations et accompagnement de personnes souhaitant venir étudier ou travailler au Japon.
Mais il comprend rapidement qu’un autre besoin existe : celui de se rencontrer. À Kyoto, il crée les Réunions franco-japonaises, d’abord chaque semaine puis chaque mois. C’était avant les réseaux sociaux, à une époque où les Français étaient beaucoup moins nombreux dans l’archipel.
« Il était facile de se retrouver isolé », raconte-t-il.
Trente ans plus tard, le besoin de lien n’a pas disparu. Il a simplement changé d’échelle.
Une autre géographie française
Pour Jean-Jacques Truchot, le problème n’est pas l’absence de structures françaises dans l’Ouest. Il existe des associations, un consulat, des élus de passage et différentes initiatives locales.
Mais la géographie reste déséquilibrée. À Tokyo, institutions, entreprises et réseaux français se trouvent à proximité. Ailleurs, il faut davantage chercher l’information et les bons interlocuteurs.
« On peut être parfaitement intégré au Japon et avoir malgré tout plus de difficultés à savoir vers qui se tourner lorsqu’on a besoin d’aide ou d’informations en tant que Français. »
C’est là que l’UFE Japon de l’Ouest veut jouer un rôle : non pas créer une communauté française séparée de la société japonaise, mais mettre en relation ceux qui vivent loin de la capitale et les orienter lorsqu’ils en ont besoin.

De Kyoto à Tottori
Le parcours de Séverine et Jean-Sébastien illustre cette nouvelle géographie. Jean-Jacques les avait accompagnés lorsqu’ils envisageaient de venir étudier au Japon. Ils sont arrivés à Kyoto. Puis ils ont fait un choix moins attendu : s’installer à Tottori, dans l’une des préfectures les moins peuplées du pays.
Ce choix résume, à sa manière, l’évolution des Français au Japon. Tous ne cherchent plus Tokyo, Osaka ou Kyoto. Certains viennent précisément pour vivre autrement le pays : dans une ville plus petite, dans une région rurale, ou simplement dans un environnement où les étrangers sont moins nombreux.
Pour Jean-Jacques, c’est justement à ces Français qu’il faut pouvoir donner une place dans le réseau.
« Vivre en dehors de Tokyo ne doit pas signifier être moins français, moins visible ou moins représenté. »
C’est aussi le fil conducteur d’Aller-simple : raconter le Japon depuis ceux qui y vivent, y compris lorsqu’ils ont choisi de construire leur quotidien loin de la capitale.
Vous vivez dans l’Ouest du Japon et cherchez à rencontrer d’autres francophones ? L’UFE Japon de l’Ouest peut être un premier point de contact.
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