Derrière ses cinq milliards de tasses quotidiennes, le thé cache pesticides, gaspillage d'eau et microplastiques.


La Journée internationale du thé est célébrée chaque année le 21 mai, à l'initiative de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). L'occasion de rappeler que la deuxième boisson la plus consommée au monde, après l'eau, fait vivre 13 millions de personnes. Mais que son empreinte écologique est moins flatteuse.
La production mondiale a atteint 7,05 millions de tonnes en 2024, dont 53% pour la Chine seule. Ces volumes, en hausse constante (la production a presque doublé en vingt ans), reposent sur un modèle agricole intensif. Les plantations fonctionnent en monoculture, remplacent des forêts tropicales, appauvrissent la biodiversité et épuisent les sols. Pour maintenir les rendements, les exploitants recourent massivement aux pesticides et aux engrais chimiques, avec des conséquences documentées sur les cours d'eau et la santé des ouvriers agricoles.
Selon Mongabay, le glyphosate reste couramment utilisé sur les plantations au Bangladesh, alors qu'il est interdit ou restreint dans une trentaine de pays. Le séchage des feuilles, lui, repose souvent sur la combustion de bois ou de charbon, ce qui ajoute une couche de déforestation invisible.
L’empreinte sur l’eau et l’air
Selon le Water Footprint Network, une tasse de 250 ml nécessite environ 30 litres d'eau sur l'ensemble de la chaîne de production.
Côté carbone, le thé s'en sort tout de même cinq fois mieux que le café. Au Royaume-Uni, où 100 millions de tasses sont bues chaque jour, 80% des consommateurs remplissent leur bouilloire bien au-delà du nécessaire, gaspillant, selon la UK Tea and Infusions Association, 2,6 millions de kWh d'électricité par jour.
Les sachets, bombes à microplastiques
Une étude de l'Université McGill (Canada), publiée en 2019, a montré qu'un seul sachet en plastique plongé dans l'eau à 95°C libérait environ 11,6 milliards de microplastiques et 3,1 milliards de nanoplastiques.
Ces chiffres, jugés surestimés par l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR), ont été partiellement confirmés en 2024 par l'Université autonome de Barcelone, qui a aussi montré que ces particules pouvaient être absorbées par les cellules intestinales humaines.
Beaucoup de sachets vendus comme étant en « papier » contiennent du polypropylène en couche de scellage. L'alternative existe (thé en vrac, infuseur réutilisable) mais reste minoritaire.
En Thaïlande, la production se concentre dans les provinces de Chiang Rai et Chiang Mai, entre 1.200 et 1.400 mètres d'altitude. Le pays consomme environ 85% de sa production locale, largement dominée par le cha yen, le thé glacé noyé de lait concentré sucré.
Le nord se distingue par un mouvement vers le bio, porté par des exploitations comme Araksa Tea Garden. Mais ces initiatives restent l'exception dans un pays exposé à la surutilisation de pesticides en agriculture.












