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Thaïlande : taxes aériennes et ambitions de hub régional

Le gouvernement thaïlandais veut faire de la Thaïlande un grand hub aérien en Asie. Mais entre hausse des taxes et nouveaux projets, le secteur du voyage commence à grincer des dents.

Extérieur aéroport Thaïlande Extérieur aéroport Thaïlande
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 7 mai 2026


 

Mercredi 6 mai 2026, le vice-ministre des Transports Phattrapong Phattraprasit a dévoilé un plan en sept axes destiné à renforcer le transport aérien du pays. L’objectif : attirer davantage de compagnies, fluidifier le trafic et augmenter les capacités des aéroports.

 

La réforme par la taxe

 

Première mesure concrète : les redevances facturées par Aerothai, l’organisme public chargé de la navigation aérienne, vont baisser de 30% sur les vols domestiques. Les compagnies pourront aussi repousser une partie de leurs paiements en mai et juin. Bangkok veut également accélérer l’ouverture de nouvelles routes aériennes, notamment entre la Thaïlande, le Laos et la Chine. Mais au même moment, une autre annonce a retenu l’attention du secteur. La société des Aéroports de Thaïlande (AoT) a confirmé la hausse du Passenger Service Charge (PSC), la taxe incluse dans les billets internationaux. À partir du 20 juin 2026, elle passera de 730 à 1.120 bahts, soit une augmentation de 53%, la plus importante depuis près de vingt ans. La présidente d’AoT, Paweena Jariyathitipong, assume cette hausse. Selon elle, elle ne devrait pas freiner la demande malgré des billets plus chers. L’argent récolté doit financer plusieurs grands chantiers : l’extension de l’aéroport de Suvarnabhumi, un futur terminal sud, mais aussi des travaux à Don Mueang et Phuket. Le gouvernement vise une capacité totale de 180 millions de passagers d’ici 2034.

 

Pas de privilèges

 

En parallèle, une autre taxe fait débat. Le gouvernement étudie la possibilité de prélever 1.000 bahts sur les Thaïlandais voyageant à l’étranger. L’Association thaïlandaise des agences de voyages (Atta) s’y oppose fermement. Son secrétaire général honoraire, Adith Chairattananon, estime qu’une telle mesure affaiblirait le tourisme et compliquerait les accords internationaux, notamment sur les exemptions de visa.

 

Et les compagnies alors ?

 

L’organisation rappelle aussi que les compagnies aériennes ont besoin d’un trafic équilibré dans les deux sens pour maintenir leurs lignes rentables. Une baisse du nombre de voyageurs thaïlandais pourrait donc finir par augmenter les prix pour tous. L’Atta évoque également les conséquences pour les petites entreprises envoyant des salariés à l’étranger ou pour les étudiants en mobilité internationale. Avec environ 2.300 vols quotidiens, la Thaïlande veut changer d’échelle. Encore faut-il que compagnies aériennes et voyageurs acceptent d’en payer le coût.

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