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Réfugiés en Thaïlande : entre précarité juridique et quête d’autonomie

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés ce samedi 20 juin 2026, lepetitjournal.com a échangé avec les responsables d’une association qui aide les réfugiés à Bangkok, des individus fantômes, privés de statut.

Femme réfugiée en Thaïlande Femme réfugiée en Thaïlande
Écrit par Louis DELAUNOIS
Publié le 18 juin 2026


 

Malgré l’absence de statut légal reconnu, des milliers de réfugiés tentent de reconstruire leur vie en Thaïlande. L’organisation Asylum Access Thailand (AAT) plaide pour leurs droits, tout en développant des projets favorisant leur autonomie économique et leur dignité.

 

Une présence discrète mais importante

 

Fondée en 2007, l’organisation Asylum Access Thailand (AAT) accompagne depuis près de vingt ans les réfugiés vivant dans les centres urbains thaïlandais. Contrairement aux populations réfugiées installées dans des camps, ces « réfugiés urbains » vivent au sein des villes, souvent dans une grande précarité et dans l’incertitude quant à leur avenir.

Selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), environ 7.000 réfugiés urbains issus de 45 pays différents résident actuellement en Thaïlande. Parmi eux figurent des ressortissants du Pakistan, du Sri Lanka, du Vietnam, de Somalie ou encore de Birmanie. Beaucoup ont fui des conflits armés, des persécutions politiques ou religieuses, des discriminations ethniques ou de graves violations des droits humains.

« Il n’existe pas de profil unique », souligne Yves, de l’association AAT. « Ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils ne peuvent pas rentrer chez eux en sécurité. »

Au total, entre les officiels demandeurs d’asile et les réfugiés qui se font volontairement discrets, ils seraient quelque 100.000 à chercher un peu de quiétude en Thaïlande.

 

Un vide juridique persistant

 

« L’un des principaux obstacles auxquels sont confrontés les réfugiés en Thaïlande réside dans leur absence de reconnaissance légale. » En effet, la Thaïlande n’a pas signé la Convention de Genève de 1951 relatives au statut des réfugiés, ni son protocole de 1967. Concrètement, les réfugiés ne disposent d’aucun statut officiel dans le droit thaïlandais. Ils n’ont ni droit au séjour, ni droit au travail et leur accès à l’éducation ou aux soins demeure extrêmement limité. Nombre d’entre eux arrivent légalement avec un visa touristique avant de basculer dans l’irrégularité à l’expiration de celui-ci. D’autres franchissent les frontières sans documents, faute d’alternative. Dans les deux cas, ils vivent sous la menace constante d’une arrestation ou d’une détention administrative.

 

Membres association réfugiés Thaïlande

 

Lorsqu’une ONG locale thaïlandaise reconnaît une personne en tant que réfugié, cette démarche n’a aucune valeur juridique auprès de l’État.

 

Travailler pour s’intégrer

 

Pour Asylum Access Thailand, la question du travail est centrale. L’association estime que les réfugiés ne recherchent pas l’assistance permanente mais les moyens de devenir autonomes. « Lorsqu’une personne réfugiée obtient le droit de travailler, tout change », affirme l’organisme qui les accueille. Elle peut alors contribuer à l’économie locale, subvenir à ses besoins.

Cette revendication s’appuie également sur des arguments économiques. Une étude menée par la Birmanie Response Network, en partenariat avec l’université de Chiang Mai, conclut que chaque baht investi dans le soutien aux droits des réfugiés pourrait générer plus de sept bahts de retombées économiques.

Dans un pays confronté à des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, les défenseurs des réfugiés considèrent que leur inclusion représenterait non seulement un impératif humanitaire mais aussi une opportunité économique.

 

Une aide à l’insertion

 

En attendant une évolution du cadre légal, AAT développe des projets permettant aux réfugiés de générer des revenus et de valoriser leurs compétences. Le premier, baptisé Click Aroi, repose sur la gastronomie. Des familles réfugiées y préparent des plats traditionnels issus de leur culture d’origine, proposés ensuite via un service de livraison.

L’initiative comprend également des dîners mensuels organisés sous forme de « tables de chef ». Ces rencontres permettent aux convives de découvrir des cuisines venues d’ailleurs, tout en échangeant directement avec les personnes qui les préparent. D’autres activités sont proposées, comme notamment des cours d’anglais et de thaï.

 

Affiche journée réfugies Thaïlande 2026

 

Samedi 20 juin, si vous souhaitez marquer la journée à votre manière, passez à Bangkok 1899, un lieu qui, en plus d’être magnifique, est dédié à différentes formes de philanthropie, notamment l’aide aux réfugiés. De nombreuses activités vous y attendent entre 16h et 21h.

C’est ici :

https://maps.app.goo.gl/Nh69vUjR1ACFKBu5A?g_st=ic

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