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8.000 Birmans refugiés le long de la frontière thaïlandaise

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 09/01/2022 à 00:00 | Mis à jour le 14/01/2022 à 11:34
Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha - Des réfugiés ayant fui les combats entre l'armée birmane et des groupes d'insurgés se sont installés temporairement sur les bords de la rivière Moei à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie.
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Plusieurs milliers de villageois birmans vivent sous des tentes de fortune le long d'une rivière bordant la Thaïlande, craignant de retourner dans leurs maisons qui, selon eux, ont été bombardées par des frappes aériennes militaires, mais néanmoins réticents à chercher refuge de l'autre côté de la frontière.

De violents combats entre l'armée birmane, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'État l'année dernière, et les combattants de la résistance ont tué ou déplacé des milliers de civils.

Beaucoup ont fui vers la Thaïlande, mais les conditions difficiles dans les camps de réfugiés ont poussé certains à retourner du côté birman de la frontière. Des groupes de défense des droits humains appellent à la mobilisation d’une aide plus importante pour les personnes déplacées.

Vendredi, des journalistes de Reuters ont pu constater qu’environ 2.000 hommes, femmes et enfants vivaient sous des bâches à quatre différents endroits sur du côté birman de la rivière Moei qui marque la frontière avec la Thaïlande, peu surveillée.

Ils ont notamment pu parler avec une femme du camp, Sabal Phyu, qui venait de traverser à gué le cours d’eau, pour collecter des dons de nourriture et d'eau, avant de retourner du côté birman.

"Là-bas, nous avons reçu de bons dons d'aide mais c'était bondé et il est difficile d’y vivre. Ici, nous avons plus de liberté", a déclaré Sabal Phyu.

8.000 réfugiés birmans en Thaïlande

La femme de 42 ans a confié être passée dans un premier temps en Thaïlande avec son mari et ses quatre enfants, mais qu'ils étaient revenus dans la zone frontalière après s’est retrouvés entassés dans une étable désaffectée avec d'autres réfugiés près de la ville thaïlandaise de Mae Sot.

Environ 8.000 réfugiés birmans seraient hébergés dans des abris temporaires en Thaïlande, selon le Comité international de la Croix-Rouge.

 

Des refugies birmans recoltent des vivres a la frontiere thailandaise
Des déplacés ayant fui les combats entre l'armée birmane et des groupes d'insurgés reçoivent des vivres à la frontière thaïlandaise, à Mae Sot, le 7 janvier 2022. Photo REUTERS /Athit Perawongmetha

Interrogée sur les conditions des camps thaïlandais, la porte-parole du gouvernement thaïlandais, Ratchada Dhanadirek, a déclaré que le pays "prenait soin des réfugiés" et accomplissait ses devoirs "conformément aux normes internationales sur les droits humains".

Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) a toutefois déclaré vendredi que le gouvernement thaïlandais ne lui avait pas accordé l’accès aux sites de Mae Sot où les réfugiés sont hébergés et qu'il ne pouvait pas non plus accéder au côté birman de la frontière.

Le HCR a fourni des moustiquaires, des matelas, des couvertures et des masques en appui de la réponse humanitaire menée par les autorités thaïlandaises, a déclaré la porte-parole Kasita Rochanakorn.

Faire plus qu'autoriser les dons

Le directeur adjoint pour l'Asie de l’ONG Human Rights Watch, Phil Robertson, a estimé que la Thaïlande devait faire davantage pour aider les personnes déplacées par les combats en Birmanie.

"La Thaïlande doit reconnaître que ses obligations humanitaires envers les réfugiés ne se limitent pas à autoriser des colis de nourriture et de médicaments à traverser la frontière", a déclaré Phil Robertson.

La Birmanie traverse une crise politique majeure depuis que l'armée a renversé le 1er février le gouvernement civil dirigé par la lauréate du prix Nobel, Aung San Suu Kyi, déclenchant des manifestations et des affrontements sporadiques entre les milices anti-junte et l'armée.

Plus de 1.400 civils et manifestants ont été tués par les forces de sécurité birmanes depuis le coup d'État, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, un groupe militant.

L'armée a soutient que ces chiffres, largement cités par les organisations internationales, sont exagérés.

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