Le totem mythique du programme de télé-réalité s’impose là, planté dans le sable, au bord de l’eau. Autour, on n’y parle que français et on se prend en photo. Reportage au milieu des visiteurs de Koh Lanta.


Koh Lanta, ses plages arborées, ses bungalows en bambou, ses forêts, ses petits chemins de traverse, ses pâtisseries cachées au bout des mêmes chemins, ses eaux bleues, vertes, son sable blanc. Koh Lanta à mi-chemin entre les îles tranquilles et les îles ultra-touristiques. Et puis Koh Lanta et son nom, son totem, sa notoriété, notamment en France. Ailleurs, l’émission de télé-réalité s’appelle « Survivor » ou autre. En France, elle doit s’appeler « Opération Robinson » ou « L’Aventure Robinson ». Mais la marque est déjà déposée. Ce seront donc « Les Aventuriers de Koh Lanta », du nom du lieu de tournage de la première saison. Le nom s’adaptera ensuite aux nouveaux lieux de tournage. Ça, c’est ce que la production avait envisagé. Mais la marque s’installe avec une telle force qu’elle ne changera jamais, qu’importe le lieu de tournage. La force d’une marque qui amène à se demander si les touristes français se précipitent pour elle sur la plage du totem géant, au sud-ouest de l’île.
J’étais heureux comme un gosse
Pour Bernard, c’est un grand « OUI ». Il fête aujourd’hui ses 61 ans. Il est un fan absolu de l’émission. Alors, son frère, sa belle-sœur et son neveu ont eu une idée de cadeau originale et dépaysante pour ce Parisien de toujours. Eux vivent en Thaïlande, à Chiang Mai. Au nouvel an, ils étaient déjà venus découvrir la plage du totem, plus par curiosité qu’autre chose car ils ne regardent jamais l’émission. Ils l’avaient appelé en vidéo et avaient vu son œil briller. C’est là qu’a germé l’idée du cadeau, sachant qu’il venait leur rendre visite au moment de son anniversaire.

« Ce matin, au petit-déjeuner, alors que nous étions dans une autre île où je pensais rester une semaine, ils m’ont offert une carte et un bon pour une traversée vers Koh Lanta, quatre nuits sur l’île et un dîner d’anniversaire sur la plage du totem. J’étais heureux comme un gosse ! »
Quitte à être dans le coin, on vient voir
Le dîner sur la plage, très honnêtement, ne vaut pas le coup. Le restaurant ne semble pas faire beaucoup d’efforts puisque sa clientèle est là, quoi qu’il arrive. Et elle ne parle quasiment que français. Qu’ils le reconnaissent ou non, les touristes français choisissent l’île pour son nom et s’interdisent de ne pas passer saluer le totem.

Comme ce Lensois qui est venu à Koh Lanta trouver un peu de calme en famille après l’agitation de Phuket. « Dès que je suis arrivé, je suis venu prendre la photo et l’envoyer à mon ami qui est fan. » Une famille de Boulogne-Billancourt affirme être venue là comme elle serait allée ailleurs. Il n’empêche, elle enchaîne les photos devant le totem… Cette autre famille française vit à Abu Dhabi, un couple et leur fille de 14 ans. Première réponse : « on n’en a pas grand-chose à faire ». Et puis lui ajoute que, « quand même, ça joue inconsciemment. Quitte à être dans le coin, on vient voir. »
Le nom et la légende ont sûrement joué
Eux sont frère et sœur. Lui travaille en ligne à Bangkok. Il a 27 ans. Il est venu pour la balade. Il est ici. Il aurait pu être ailleurs. Il change d’île selon ses envies et ses voyages. Mais sa sœur intervient pour dire que oui, elle est contente d’être dans l’île de l’émission. Ils sont plusieurs à dire qu’ils ne sont pas venus spécialement pour ça mais qu’inconsciemment, au moment de choisir une île parmi toutes les autres, le nom et la légende ont sûrement joué. Et ils ne nous répondent qu’entre deux photos familiales ou entre amis devant le totem.

Idem pour Maël, Florian et Baptiste. Ils viennent de Nantes. Deux étudiants en école d’ingénieur et un jeune diplômé. « Nous ne sommes pas là pour ça, expliquent-ils en chœur, mais quand même, inconsciemment, ça a dû jouer lorsqu’on a choisi cette île-là, même si, avant tout, les guides l’indiquent comme l’une des plus agréables. »
Conclusion : on se situe donc entre le « oui mais » et le « non mais » En tout cas, une chose est sûre, autour du totem, on n’entend pas un mot dans une autre langue que le français !
Sur le même sujet













