Édition internationale

L'alliance « MC2 » pour hisser l'enseignement supérieur thaï au sommet de l’Asie

Le 17 janvier 2026 marquera un tournant pour le savoir thaïlandais. Les universités Chulalongkorn, Mahidol et Chiang Mai s'unissent pour transformer la recherche nationale et rivaliser avec les leaders mondiaux.

Calots étudiants Calots étudiants
Écrit par Laetitia VILLA
Publié le 20 janvier 2026


 

Dans l'auditorium NSP Rice Grain du parc scientifique de Chiang Mai, une page de l'histoire académique s'est écrite. Sous l'impulsion du Dr Surakiart Sathirathai, les trois institutions les plus prestigieuses du royaume ont scellé l'alliance « MC2 ». Derrière ce nom de code, se cachent les initiales de Mahidol, Chulalongkorn et Chiang Mai University (CMU). L’enjeu ? Créer un « effet multiplicateur » pour que la recherche thaïlandaise ne soit plus seulement locale, mais globale.

 

Un niveau d'étude entre excellence d'élite et défis régionaux

Le système éducatif thaïlandais est souvent méconnu en Occident, pourtant il possède des atouts majeurs. Le pays affiche un taux d'alphabétisation impressionnant de 99%. Au sommet de la pyramide, les universités de l'alliance MC2 sont de véritables poids lourds : Chulalongkorn est solidement ancrée dans le Top 230 mondial, tandis que Mahidol est mondialement réputée pour ses percées en médecine et en santé publique.

 

Logos trois universités thaï

 

Toutefois, la Thaïlande doit faire face à une réalité férocement compétitive. Si ses élites sont brillantes, le pays est talonné par le Vietnam et reste loin derrière l'excellence technologique de Singapour (11e mondial). En se regroupant, ces universités cherchent à corriger une faiblesse historique : la dispersion des ressources. L'objectif est de muscler le capital humain pour sortir de « la trappe des revenus intermédiaires » et devenir une économie de pure innovation.

 

Le concept « MC2 » : plus qu'un simple partenariat

La collaboration se concentre sur trois piliers stratégiques :

- La mutualisation des infrastructures : partager les laboratoires de pointe, les professeurs, pour réduire les coûts.

- L’impact social et la transparence : l'alliance s'engage à promouvoir une gouvernance éthique pour attirer davantage d'investissements étrangers dans la recherche.

- Le classement mondial : en unissant leurs publications scientifiques, elles espèrent grimper mécaniquement dans les rangs des classements QS et Times Higher Education.

 

Un écho frappant au modèle français

Cette stratégie de regroupement n'est pas sans rappeler les grandes manœuvres opérées en France depuis une décennie. Pour exister face aux universités américaines (Harvard, Stanford) ou chinoises (Tsinghua), la France a dû elle aussi s’imposer.

On pense immédiatement à l'Institut Polytechnique de Paris, qui regroupe l'École Polytechnique, l'ENSTA et d'autres écoles d'ingénieurs, ou encore à l'Université Paris-Saclay, devenue la première au monde en mathématiques selon le classement de Shanghai. La Thaïlande adopte aujourd'hui cette même logique : fusionner virtuellement les cerveaux pour devenir trop grande pour être ignorée sur la scène internationale.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos