Le 18ème Sommet des BRICS+ s’est tenu à New Delhi, les 12 et 13 septembre 2026. Un Sommet un peu mièvre qui a tout de même permis à la Thaïlande, pays partenaire, de réaffirmer ses ambitions.


Entre un consensus « très lisse et équilibré » et un « dégel prudent », selon les analystes, le 18ème Sommet des BRICS+, organisé les 12 et 13 septembre 2026 à New Delhi, en Inde, n’a pas accouché de grand-chose de passionnant. Mais aucun incident ne s’y est produit non plus et c’est peut-être cela qui est à retenir. Lorsque, en 2026, un Sommet réunit notamment la Russie, la Chine, l’Iran et les Émirats arabes unis, on peut craindre le pire. Il n’est pas arrivé, cédant plutôt la place à des réchauffements sporadiques. C’est déjà un petit quelque chose.
La Thaïlande, un partenaire qui veut faire entendre sa voix
Rappelons que les BRIC se sont formés en 2009, comme une sorte de contre-pouvoir face au G7, l’organisation qui réunit les sept plus grandes puissances du monde et compte le mener à sa main. BRIC, pour Brésil, Russie, Inde et Chine. Puis, en 2011, s’est adjoint le S de South Africa (Afrique du Sud). Puis ont adhéré, en 2024, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Iran. Et enfin, en 2025, l’Indonésie.
Et la Thaïlande dans tout cela ? Depuis 2017, elle est un satellite actif des BRICS+, associé au mécanisme global. Le mois d’octobre 2024 a marqué un nouveau tournant. La Russie, qui assurait alors la présidence annuelle, a invité les représentants de Bangkok à franchir un nouveau pas. Le 1er janvier 2025, la Thaïlande est devenue officiellement pays partenaire des BRICS+, aux côtés du Vietnam, de la Malaisie et d'autres nations du « Sud global » désireuses, elles aussi, de faire entendre leur voix sur la scène internationale.
Une stratégie d'équilibre
Ce rapprochement n'est pas un revirement diplomatique, insistent les autorités thaïlandaises. Le Royaume poursuit sa politique traditionnelle de « diplomatie du bambou », cette flexibilité légendaire qui lui permet de s'adapter sans se plier complètement à aucune puissance. C’est ainsi qu’elle maintient le grand écart de ses relations avec la Chine et les États-Unis et a choisi de ne pas prendre parti dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Participer aux BRICS+ sans être happé par les rivalités géopolitiques, tel est le mot d’ordre martelé par Sihasak Phuangketkeow, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères. « Les BRICS+ offrent une plateforme pour se concentrer sur le développement, le multilatéralisme et l'ordre fondé sur des règles, tout en évitant d'être entraîné dans la compétition géopolitique », a-t-il déclaré après le sommet de New Delhi.
Des débouchés concrets
La Thaïlande attend de ses relations avec les BRICS+ des retombées pratiques et économiques. Des contrats ça et là bien sûr mais aussi l’instauration de relations nouvelles avec des pays d’Asie, des Caraïbes ou d’Afrique. Coopération technique, nouveaux investissements, partenariats commerciaux positionneront différemment la Thaïlande, demain, sur la carte du monde. Tel est le pari.
Amplifier la voix du Sud
En participant au 18ème sommet des BRICS+ à New Delhi, sur le thème « Construire la résilience, l'innovation, la coopération et la durabilité », la Thaïlande ambitionne une chose : que ceux qu’on appelle, malgré l’abus de langage, les pays du « Sud global », pèsent davantage dans un ordre mondial bouleversé, notamment par les tensions entre les États-Unis et la Chine et les différents conflits qui désorganisent à peu près tout.
« Les BRICS peuvent transformer notre force collective en influence et en action, donner au Sud global une plus grande voix et nous aider à renforcer notre capacité à répondre ensemble », conclut Sihasak Phuangketkeow. Pour Bangkok, voilà une opportunité de consolider sa place de puissance moyenne influente, ni alignée ni isolée, partenaire utile et fiable de tous, dans un monde qui se réorganise.
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