Édition internationale

Santé sexuelle : en Thaïlande, deux actualités se télescopent confusément

En Thaïlande, alors qu’une enquête est en cours sur la mort d’un influenceur venu élargir son pénis, une importante clinique spécialisée en santé sexuelle ouvre. Gare aux confusions.

Hôpital Rajavithi Bangkok Hôpital Rajavithi Bangkok
Écrit par Paul FINQUEL
Publié le 9 septembre 2026


 

On a seulement appris il y a quelques jours qu’un célèbre influenceur anglais d’origine nigériane était mort début mars 2026 en Thaïlande d’une embolie pulmonaire, à la suite d’une injection d’acide hyaluronique dans le pénis. Une enquête a été diligentée,  notamment au sein de la clinique. Les personnes interrogées au sein de l’établissement ont déclaré qu’Igho Ubirido était un client régulier. Il aurait subi cinq injections d’élargissement du pénis depuis 2024. Lors de la séance fatale, le médecin lui aurait conseiller de faire l’injection en deux fois mais le patient aurait refusé, demandant une injection de 40 cc en une seule fois.

Le ministre thaïlandais de la Santé publique espère surtout que l’enquête prouvera qu’il n’y a pas eu erreur médicale. Il tient avant tout à maintenir la confiance des patients thaïlandais et étrangers dans la qualité et les normes des installations médicales thaïlandaises. Car la santé, dans le pays, est un business, aussi bien local que touristique. Et le bien-être sexuel fait partie de l’offre.

 

Un calendrier perturbant

 

C’est dans ce contexte pour le moins particulier qu’à la fin du mois d’août, l'hôpital Rajavithi de Bangkok, l'une des plus grandes institutions publiques de Thaïlande, a annoncé l’ouverture d’une « Clinique de Santé Sexuelle » révolutionnaire. Annoncée par le Docteur Natthapon Wongwivatrana, directeur général du Département des Services Médicaux, l’ouverture de cette nouvelle structure s'inscrit dans le cadre de la création d'un Centre d'Excellence en Santé Sexuelle qui vise à institutionnaliser et normaliser la prise en charge des patients.

La nouvelle clinique compte s’appuyer sur une approche médicale stricte, respectueuse des différences et de l'intimité des patients, tout en suivant les recommandations internationales.

 

Une couverture sans précédent

 

Le Centre de Rajavithi affiche une ambition d’inclusivité et compte s’adresser aux hommes, aux femmes, aux personnes transgenres et à toutes les identités sexuelles (LGBTQIA+), sans limite d'âge. Il propose de régler des problèmes ou simplement de donner des conseils.

 

Les services proposés englobent :

- Le dépistage et le traitement des infections sexuellement transmissibles (IST),

- La prévention du VIH (PrEP, PEP),

- Les conseils et thérapies en matière de santé sexuelle,

- Les services de santé reproductive,

- L'accompagnement pour les transitions de genre,

- L'accès aux traitements hormonaux.

 

Des initiatives avaient ouvert la voie

 

En Thaïlande, des pionniers privés et associatifs ont pris en main le sujet depuis quelques années déjà. On peut citer la Clinique Anonyme de la Croix-Rouge Thaïlandaise, la PULSE CLINIC, fondée sous forme d'entreprise sociale, la Fondation Path2Health, ou encore WellMed Bangkok

 

Avec l'inauguration de la Clinique Rajavithi, la Thaïlande consolide son image de destination médicale inclusive. Il lui reste à bien faire comprendre le distinguo entre le confort et le bien-être d’une part, et les réels besoins de santé et de prise en charge équitable de tous de l’autre.

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