Dans un nouveau plan présenté il y a quelques jours, Bangkok promet une diplomatie plus offensive et plus utile. Objectif affiché : peser davantage dans la région et mieux servir ses intérêts économiques.


Un bouton « reset » en guise de feuille de route, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères assume le terme et annonce un virage. Moins de réaction, plus d’anticipation et surtout, une diplomatie censée sortir de sa discrétion habituelle.
Présenté par le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow, le plan vise à adapter la politique étrangère à un environnement régional plus ou moins instable. Rivalités entre grandes puissances, tensions frontalières, concurrence économique : Bangkok veut éviter de subir.
Sortir du mode veille
L’idée est simple : ne plus attendre que les crises arrivent. Les diplomates sont encouragés à prendre des initiatives et à défendre plus activement les positions ainsi que les intérêts thaïlandais. Le ministère insiste aussi sur une nouvelle direction économique qui consiste à attirer des investissements, accompagner les entreprises et capter les opportunités liées aux nouvelles technologies. La diplomatie thaïlandaise penche vers l’outil de compétitivité, plus seulement de représentation. Dans la région, Bangkok veut également reprendre la main. Concernant la Birmanie, le Cambodge, l’ASEAN, les dossiers sensibles sont difficiles à éviter quand ils se jouent aux portes du pays.
Redorer le blason
Ce nouveau départ en dit long. Avec ces annonces, la Thaïlande reconnaît à demi-mot une perte d’influence ces dernières années. Instabilité politique, prudence diplomatique, visibilité limitée. Le ministère promet donc plus de clarté et une communication renforcée. Une manière de rendre la diplomatie plus lisible pour les Thaïlandais eux-mêmes et un peu moins opaque. Reste à savoir si le changement ira au-delà des mots et des annonces. Pour l’instant du moins, Bangkok affiche une ambition.










