Indice de chaleur « dangereux », 36-38°C en journée. Bangkok subit une semaine météo chaotique. Et selon un rapport de l'ASEAN, ce n'est qu'un avant-goût.


La Bangkok Metropolitan Administration a émis mardi 5 mai 2026 une alerte chaleur classée « dangereuse », avec un indice de chaleur dépassant les 52°C. Le seuil au-delà duquel les autorités demandent à la population d'éviter strictement toute activité en extérieur.
Mercredi 6 mai, des pluies intenses ont noyé Thepharak Road à Samut Prakan dès 7h30, coupant la circulation autour du carrefour Si Thepha. Des automobilistes ont vu leur trajet du matin tourner au chaos, forcés de rebrousser chemin ou de patienter dans les embouteillages pendant que le niveau d'eau montait.
Recommandations des autorités
La BMA conseille de surveiller l'indice de chaleur en temps réel sur le site et l'application AirBKK. Pour les groupes à risque, enfants, personnes âgées, femmes enceintes et malades chroniques, la consigne est claire : à la moindre sensation de vertiges, de fatigue anormale ou de malaise, consulter immédiatement.
La chaleur ressentie au-dessus de 52°C entre dans la catégorie « danger extrême » et les symptômes d'un coup de chaleur peuvent survenir vite.
Ce jeudi 7 mai, une nouvelle masse d'air froid en provenance de Chine a commencé à s'étendre sur la Thaïlande, apportant avec elle des rafales de vent et des pluies isolées sur le Nord, le Nord-Est et Bangkok. Le département météorologique avertit de risques de crues soudaines et d'inondations dans les zones exposées.
Une situation qui s’aggrave
Au-delà de la semaine en cours, un rapport publié par l'ASEAN Centre for Energy replace ce que nous vivons dans un contexte bien plus inquiétant. Bangkok compte aujourd'hui environ 45 jours de chaleur extrême par an, définis comme des jours dépassant les 35°C. En 2050, ce chiffre devrait atteindre 120 jours, soit pratiquement un tiers de l’année.
La température maximale journalière moyenne devrait grimper à 38,1°C d'ici le milieu du siècle, contre 33,3°C en 2000. Bangkok dépasse dans ces projections Ho Chi Minh-Ville (37,7°C), Manille (37,2°C), Kuala Lumpur (36,9°C) et Jakarta (36,1°C).
L'effet d'îlot de chaleur urbain aggrave la situation. Le béton et le bitume absorbent la chaleur pendant la journée et la restituent la nuit, empêchant la ville de refroidir. Les quartiers centraux denses peuvent afficher jusqu'à 3°C de plus que les zones périphériques plus vertes.
La climatisation, dont l'usage explose, rejette de la chaleur vers l'extérieur, alimentant le cycle.
Les conséquences sont aussi économiques
Le rapport chiffre aussi l'impact économique. Sans adaptation, les pertes liées à la chaleur et à l'humidité pourraient représenter 6% du produit intérieur brut de Bangkok d'ici 2050.
Plus de 1,3 million de travailleurs en extérieur sont directement exposés, livreurs, ouvriers du bâtiment, vendeurs de rue. 90% des personnes interrogées disent que leurs factures d'électricité ont grimpé de 10 à 50% pendant les vagues de chaleur et les habitants des logements mal ventilés, souvent les plus précaires, encaissent de plein fouet.
En 2050, ce scénario pourrait être la norme un jour sur trois.












