Éric Miné, tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie », présente aujourd’hui son programme dans lepetitjournal.com Thaïlande.


lepetitjournal.com Thaïlande poursuit la publication de sa série d’interviews des têtes de listes aux élections consulaires de la fin du mois de mai 2026.
L’ordre aléatoire résulte du tirage au sort réalisé par les autorités consulaires et qui définit notamment l’ordre d’affichage des listes et de disposition des bulletins de vote.
Concernant les photos, nous avons sollicité nos interlocuteurs pour recevoir une photo de la tête de liste et une autre de l’équipe. Certains ont choisi d’apparaître seuls, d’autres exclusivement en équipe. Ce choix leur appartient.
Aujourd’hui, Éric Miné, tête de liste Rassemblement National Thaïlande-Birmanie.
lepetitjournal.com : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Éric Miné : Auteur d’ouvrages et d’écrits référencés à la BNF, partenaire d’une société de conseil au Laos, pays où j’ai résidé avant de m’établir en Thaïlande, engagé de longue date en politique et soutien indéfectible du camp national, j’ai été élu une première fois conseiller consulaire pour notre circonscription en 2014 sous les couleurs du « Rassemblement Bleu Marine ».
Réélu en 2021 conseiller des Français de l’étranger sous l’étiquette du « Rassemblement National », j’achève en mai prochain ce second mandat.
Élu sortant et dans la fidélité de mes engagements précédents, je sollicite les suffrages de nos compatriotes résidant en Thaïlande et en Birmanie pour ces élections consulaires 2026.
Que représente pour vous la mission principale de Conseiller des Français de l’étranger ?
À rebours de l’idée communément véhiculée que le conseiller des Français de l’étranger serait d’abord un élu « de proximité », en charge surtout de questions locales, j’estime au contraire que sa mission principale est de faire de la politique.
Élu au suffrage universel direct, il en tire sa légitimité et le rôle politique est le seul pouvoir réel et indiscutable de son mandat.
Il vote :
Pour l’élection des sénateurs des Français de l’étranger ;
Pour l’élection du président du conseil consulaire ;
Pour l’élection des conseillers à l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger).
Quant au président du conseil consulaire et aux conseillers qui siégeront à l’AFE, ils seront en capacité de parrainer un candidat à l’élection présidentielle. Quand on parle de l’élection présidentielle, c’est évidemment politique.
Un candidat apolitique, ça n’existe pas. Le mandat de conseiller des Français de l’étranger est d’abord un mandat politique.
Hors de ce champ où le pouvoir des élus est de plein droit, les conseillers se réunissent en conseil consulaire au moins deux fois par an dans le cadre des missions de proximité qui leur ont été définies par la loi. Ils votent pour donner leur avis sur de nombreux sujets : bourses scolaires, aides sociales, subventions aux associations, etc. Mais, dans ce cadre et contrairement aux attributions précédemment décrites, le rôle des conseillers des Français de l’étranger est là seulement consultatif. Leur vote au consulat en conseil consulaire est transmis aux commissions compétentes au niveau national qui tranchent et prennent une décision finale sur les différents dossiers, en tenant ou ne tenant pas compte des avis exprimés par les élus.
Enfin, dans ces missions de proximité auprès de la communauté française, outre sa fonction représentative lors des événements officiels la concernant, il incombe au conseiller de faciliter les rapports des administrés avec l’administration, souvent pour des problèmes d’incompréhension ou de mauvais aiguillage dans les services. Le conseiller des Français de l’étranger résout ainsi beaucoup de petits soucis individuels tout en soulageant le consulat. C’est bien et c’est utile.
Mais ça ne saurait être l’objet premier d’un élu au suffrage universel.
Ces missions de proximité sont sans portée réelle, non pas du fait de leur champ d’action restreint qui les en affranchirait sur un plan local, mais parce que le conseiller des Français de l’étranger n’y dispose que d’un pouvoir théorique.
Il transmettra en revanche les préoccupations de nos compatriotes établis hors de France aux parlementaires et responsables des partis dont il est proche. Ainsi, oui, il pourra agir en leur faveur sur le cadre légal français duquel ceux-ci dépendent. Mais cette démarche relève là encore de la politique.
Le conseiller des Français de l’étranger est avant tout un élu de la République. Il est un grand électeur engagé pour une cause, un camp, des convictions qui guideront son action et l’idée qu’il a de la France et de sa projection au-delà des frontières.
Les candidats à ces élections consulaires qui se présentent devant les électeurs comme seulement soucieux de leurs intérêts locaux et libres de tout engagement partisan leur mentent, au mieux par omission. Une fois élus, ces nouveaux conseillers seront membres du collège électoral du sénat et y voteront à droite ou à gauche. Voter pour des candidats « sans étiquette » quand on est électeur c’est voter indirectement pour des sénateurs de droite ou de gauche, mais à l’aveugle.
Pour l’électeur, voter à ces élections consulaires est donc, lui aussi, un geste éminemment politique. C’est soutenir un camp, que les candidats leur dise ou non lequel.
Moi, je le leur dis.
Comment avez vous constitué votre liste ?
En préambule, j’ai indiqué pour moi-même que la qualité indissociable d’un engagement dans la vie publique m’apparaissait être la fidélité. Dans le cas d’une candidature à des élections, c’est la fidélité envers les électeurs, aux engagements que l’on a pris vis-à-vis d’eux notamment, qui compte. Dans le scrutin de liste qui est le nôtre, cela vaut pour les colistiers.
Sur ce principe, j’ai ainsi privilégié mes anciens soutiens. Ceux qui m’accompagnaient dans les dernières élections consulaires ont eu la priorité pour figurer sur la liste du Rassemblement National Thaïlande-Birmanie.
Je retrouve à mes côtés Carole Bauduin, ma seconde de liste, retraitée maintenant de la direction administrative de l’école française de Pattaya mais toujours très active et déterminée ; Axel Gauthier, professeur de français à Bangkok, qui rappelle que les enseignants ne sont pas toujours de gauche ; Didier Treutenaere, énarque et ancien haut fonctionnaire, auteur d’ouvrages savants sur le bouddhisme ; enfin, Alain Bois, militant historique de la cause nationale. Mais nous avons aussi avec nous deux nouvelles dames, sémillantes retraitées qui ont bien voulu nous apporter leur concours, soulignant au passage qu’il n’est pas nécessaire d’afficher un militantisme pur et dur pour figurer sur une liste politiquement engagée et permettre ainsi une candidature dans un scrutin exigeant la parité. C’est là un réflexe démocratique dont je leur suis profondément reconnaissant.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Les absents ont toujours tort, dit l’adage populaire.
Chacun sait que l’abstention pour ce type de scrutins est forte, je le regrette. Peut-être la participation serait-elle plus grande si tous les intervenants dans ces élections, à commencer par les pouvoirs publics, en donnaient les vrais enjeux.
J’ai tenté pour ma part de vous les donner.
Je répondrai donc par une formule : ne vous laissez pas voler votre voix, votez pour vos idées !
Quels sont, selon vous, les plus grand défis et les dossiers les plus urgents à traiter pour les Français de votre circonscription ?
En Thaïlande, un sujet tout particulièrement répond à votre question, tout à la fois défi légitime et dossier urgent à traiter s’il en est car il souligne une dérive institutionnelle provoquant conséquemment de grandes inquiétudes. Je parle bien sûr de la CFE (Caisse des Français de l’Étranger), « la sécurité sociale des Français de l’étranger » comme elle se présente encore elle-même et dont elle fut effectivement le prolongement volontaire durant de nombreuses années jusqu’à sa réforme de 2018.
Hors, depuis cette réforme macroniste, portée, rappelons-le, par la députée de notre circonscription, Mme Genetet, plus rien ne va plus. Les courriers de protestation s’amoncellent, la situation financière de la caisse est catastrophique et on ne compte plus toutes ces dernières années les interventions des uns ou les propositions des autres pour tenter d’enrayer le désastre sans que le cours inexorable du délitement de cette institution, pourtant à l’origine si française, ne paraisse pouvoir être stoppé. Des coûts de plus en plus élevés pour les assurés et une baisse des garanties selon un zonage nourrissant toutes les suspicions en est la partie la plus visible.
Qu’en est-il, en fait ?
La réforme de 2018 fut un changement total de philosophie. La progressivité des cotisations selon les revenus, logique de couverture sociale propre à notre « sécu » nationale, fut abandonnée au profit de cotisations forfaitaires établies selon les risques courus, et donc dès lors par tranches d’âge, rejoignant ainsi le principe général du monde des assurances, les objectifs de rentabilité allant de pair.
Au passage, auparavant réservée aux Français et à leurs éventuels conjoints étrangers, la caisse ouvrait ses critères d’adhésion aux ressortissants suisses et de l’Union Européenne. Et ce dernier point n’est pas anodin de par son symbole.
Car, que ne nous dit-on pas dans les multiples débats que cette pénible situation suscite ?
Dans la plupart des interventions d’élus comme dans les réponses sur le sujet issues des « Assises de la protection sociale » de l’AFE tenues il y a peu, rare fut l’évocation d’un principe général de l’UE, véritable totem de la Macronie : la pourtant fameuse « concurrence libre et non faussée »
Le principe même du service public à la française y est étranger. En cassant sans le dire le lien historique de la CFE avec sa mission traditionnelle, la France ne faisait que se conformer aux règles toujours plus exigeantes d’une UE bien peu respectueuse des anciennes protections nationales.
On peut même légitimement se demander si les déboires de la CFE ne sont pas tout simplement un galop d’essai pour le véritable gros morceau dans l’œil du cyclone, notre vénérable sécurité sociale française.
Donc, quelles solutions ?
Les solutions ne viendront certainement pas des recommandations de responsables politiques ou économiques liés au pouvoir actuel ni, encore moins, de ceux proches de l’actuelle présidente socialiste de la caisse, Mme Frej, dont mon collègue et président du conseil consulaire de Thaïlande, Christian Chevrier, réclamait encore récemment la démission.
Les partis qu’ils représentent soutiennent tous au Parlement européen les décisions de Bruxelles.
Seul le Rassemblement National refuse cette dérive mercantile et dévastatrice. Seul, il pourra mettre fin au démantèlement en cours de la CFE, en restaurant et pérennisant sa mission de service public.
Et seul son succès à la présidentielle de l’année prochaine sera en mesure d’en assurer l’effectivité.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?
Un seul axe.

Si je suis réélu et dans la continuité de mes mandats précédents, mon programme sera de contribuer, à la place et avec les moyens qui seront alors les miens, à l’élection à la présidentielle de 2027 du candidat ou de la candidate du Rassemblement National.
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