Édition internationale

Une licence de Paris-Panthéon-Assas bientôt accessible à Phnom Penh

La toute fraîche Université Francophone d’Asie (UFA) a signé un partenariat avec la prestigieuse université parisienne. Les études des jeunes francophones d’Asie du Sud-Est pourront commencer sur place.

Logos universités Asie et AssasLogos universités Asie et Assas
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 10 avril 2026


 

C’est un joli bébé qui vient de naître à Phnom Penh. Ses parents l’ont baptisé Université Francophone d’Asie (UFA). En annonçant sa naissance, ses géniteurs ont également fait part d’une autre grande nouvelle : l’ouverture délocalisée, dès le rentrée de septembre 2026, en partenariat avec l’université Paris-Panthéon-Assas, de la licence en Gestion avec parcours Management des Organisations et Digitalisation (MOD), spécialité « Distribution, Logistique et Digitalisation », dans la capitale cambodgienne. Le diplôme sera délivré par l’université Panthéon-Assas et reconnu par l’État français, ouvrant ainsi aux élèves les portes d’un vaste choix de masters en France et à l’international. Si nous en parlons ici, en Thaïlande, c’est que le projet a été pensé pour tous les étudiants francophones d’Asie du Sud-Est, comme un sas entre le pays où ils ont obtenu leur bac et le grande aventure des études effectuées loin de leur terrain familier. lepetitjournal.com en a discuté avec Amaury de Saint Blanquat, cofondateur de l’Université Francophone d’Asie.

 

La découverte du Cambodge et du monde de l’éducation

 

Amaury de Saint Blanquat est installé au Cambodge depuis vingt ans. Né du côté de Toulouse, il a grandi en région parisienne où il a exercé ensuite dans le monde des affaires. C’est en 1996 qu’il a découvert le Cambodge où il est venu aider un ami qui s’occupait de restauration (celle des œuvres anciennes, pas des estomacs…). Il rencontre alors une anthropologue française qui deviendra sa femme. Il y a vingt ans, ils s’installent sur place.
 

Amaury de Saint Blanquat

 

Après quelques années dans les ressources humaines, Amaury de Saint Blanquat crée l’École Française Internationale de Phnom Penh, sa rencontre avec le monde de l’éducation. Il s’agit d’une école bilingue, accréditée par l’AEFE pour les classes de maternelle, par Cambridge aussi et l’IB suisse pour le bac international.

 

La déprime, l’échec et le retour sans diplôme

 

Comment lui est venue l’idée de s’intéresser aux études supérieures ? « J’ai trois enfants qui ont suivi leur scolarité au lycée ici puis qui sont repartis en France après le bac, explique-t-il. C’est à la fois une douleur et une difficulté et pourtant, eux ont une partie de leur famille en France. Pour d’autres, issus de familles mixtes ou non, nés ici, le départ aussi tôt se solde trop souvent par la déprime, l’échec et le retour sans diplôme. Il faut leur donner les moyens de démarrer leurs études supérieures dans leur zone de confort. Ils pourront partir ensuite effectuer leur master ailleurs, avec un peu plus de maturité. »

 

Un tremplin vers la France ou ailleurs

 

Amaury de Saint Blanquat fait un deuxième constat. « Les anglo-saxons sont hyper dynamiques en la matière dans la région. On peut facilement y obtenir un bachelor britannique, américain ou australien. Il est trop dommage de perdre ainsi les francophones, de naissance ou amoureux de notre langue. »

 

Étudiants nouvelle licence Assas de Phnom Penh

 

C’est avec toutes ces idées en tête qu’il est allé voir Pierre Vincent, le Conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC) de son ambassade. Il lui a alors expliqué qu’il cherchait un partenaire francais prestigieux. Par l’intermédiaire de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), Paris-Panthéon-Assas a dit « banco ». Le fonctionnement sera le même qu’en France, le diplôme aussi, ainsi que certains des enseignants qui viendront de Paris. « Nous avons choisi cette licence parce qu’elle est la plus généraliste possible et ouvre les portes de nombreux masters. Elle est un tremplin vers la France ou ailleurs. »

 

Partager les sièges entre Français et francophones

 

Tout cela a un coût : 11.500 $ (un peu moins de 10.000 €) par an, avec 30% de remise pour les titulaires d’un bac français. Une promotion accueille trente étudiants à Assas. Ce sera la même chose en Asie. Le fonctionnement sera un peu celui d’un IUT, avec un suivi régulier de l’activité des étudiants, ce qui est très important pour eux et leurs familles. C’est un argument qu’Amaury de Saint Blanquat met en avant, comme le dynamisme étudiant francophone de la capitale cambodgienne, grâce à des partenariats avec des masters français. « Et la vie n’y coûte pas cher », ajoute-t-il pour attirer les étudiants de toute l’Asie du Sud-Est. Son ambition est de partager les sièges entre anciens élèves de lycées français et francophones de lycées locaux. Pour aider ceux-là, la première année sera bilingue français-anglais et, si une remise à niveau est nécessaire, un semestre de cours de français sera proposé avant d’intégrer le cursus, grâce à un partenariat avec l’Alliance française.

 

Pour en savoir plus :

https://www.ufa-universite.asia/

 

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