Le bassin argileux de la capitale pourrait amplifier les ondes sismiques jusqu'à six fois. Le séisme de magnitude 7,8 survenu jeudi 2 avril 2026 au matin au large de l'Indonésie remet le sujet sur la table.


Un séisme de magnitude 7,8 a frappé la mer des Moluques du Nord ce jeudi 2 avril 2026 à 5h48, heure thaïlandaise. L'épicentre se situait à 10 kilomètres de profondeur seulement, au large de Ternate en Indonésie, une faible profondeur qui amplifie mécaniquement les risques de perturbations marines. Les agences de surveillance ont émis des alertes tsunami sur un rayon de 1.000 kilomètres, couvrant des portions de l'Indonésie, des Philippines et de la Malaisie.
Bangkok sur son lit d'argile
Mercredi 1er avril, le professeur Pennung Warnitchai, directeur du Centre de recherche sismique de Thaïlande, alertait sur la vulnérabilité particulière de Bangkok. La capitale repose sur un bassin argileux dont les propriétés géologiques transforment radicalement le comportement des ondes sismiques. Une fois entrées dans ce bassin, elles sont amplifiées de trois à six fois. Les tremblements y durent plus longtemps, jusqu'à deux minutes, avec des fréquences qui correspondent précisément aux périodes d'oscillation naturelle des immeubles de grande hauteur. Ce qui crée un effet de résonance et démultiplie les dégâts.
Les tours en première ligne
Les données recueillies lors du dernier séisme significatif illustrent concrètement le risque. Sur près de 1.000 immeubles d'une vingtaine d'étages évalués, environ 10% présentaient des dommages. Sur les six tours d'environ 60 étages inspectées, trois étaient endommagées, soit 50% du groupe. Les dégâts allaient de fissures non structurelles à des déformations graves des armatures.
60 secondes pour se sauver
Pennung Warnitchai préconise deux réponses. Installer des amortisseurs dans les immeubles de grande hauteur, ce qui permettrait de porter leur capacité d'absorption des vibrations de 1 à 2,5% actuellement jusqu'à 5 à 10%, comparable aux standards japonais. Mettre en place un système d'alerte précoce d'une minute, le délai estimé entre la détection des premières ondes rapides et l'arrivée des ondes destructrices sur Bangkok. Soixante secondes suffisent, dit-il, pour arrêter les systèmes critiques ou déclencher les procédures de protection. Le centre prévoit d'installer des équipements de surveillance structurelle dans au moins 20 bâtiments à Bangkok, mais aussi à Chiang Mai et Chiang Rai, dès l'année prochaine.












