Édition internationale

Des universitaires thaïs alertent sur une crise politique, économique et judiciaire

À l’approche du scrutin législatif du 8 février 2026, le collectif « Academics for Society » alerte sur une crise durable en Thaïlande. Les universitaires appellent à des réformes profondes portées par des dirigeants intègres.

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Écrit par Célia SENNEGON
Publié le 14 janvier 2026


 

Mardi 13 janvier 2026, un groupe se nommant « Academics for Society », qu’on pourrait traduire par les « Universitaires pour la société », a publié un communiqué mettant en garde les électeurs à l’approche du scrutin législatif prévu le 8 février en Thaïlande. Le groupe partage son inquiétude face aux partis politiques qu’il considère défavorables au développement à long terme de la Thaïlande. À la tête du groupe, Vicha Mahakun, doyen de la faculté de droit de l’Université Rangsit et ancien membre de la Commission nationale de lutte contre la corruption, parle de « récession structurelle » profonde touchant l’économie, la société et le système judiciaire thaïlandais, autrement dit, on peut parler de crise durable.

Selon le communiqué d’« Academics for Society », le pays a besoin de dirigeants dotés de compétences mais surtout de courage moral. Sans cela, la Thaïlande risque d’avancer dans la mauvaise direction.

 

Les quatre piliers d’une Thaïlande meilleure

 

Le collectif a donc mis en avant quatre piliers principaux sur lesquels la prochaine administration devrait se baser.

Le collectif plaide d’abord pour une refonte en profondeur des structures économiques nationales afin de restaurer la compétitivité. Cela implique le démantèlement des monopoles établis et l’assurance d’opportunités équitables pour les petites et moyennes entreprises. Il a également insisté sur l’importance d’une véritable décentralisation du pouvoir vers les communautés locales.

 

Le groupe appelle également à une réforme en profondeur du système judiciaire et des réseaux d’influence qui l’entourent. Il demande une justice indépendante, sans discrimination ni pressions politiques, et la fin des pratiques financières illégales et des intérêts privés. La déclaration propose aussi de réformer les institutions bouddhistes pour plus de transparence, de lutter contre les « faux moines » et de limiter la marchandisation de la religion, afin de rétablir la confiance du public.

 

Assurer un avenir durable à la Thaïlande

 

Troisièmement, les universitaires ont souligné l’urgence de se préparer aux défis démographiques et environnementaux. Le vieillissement de la population thaïlandaise, la diminution de la main-d’œuvre et l’intensification des catastrophes naturelles, telles que les inondations, les sécheresses et l’érosion côtière, nécessitent une planification stratégique à long terme plutôt que des solutions temporaires, ont-ils insisté.

 

Enfin, vient une mise en garde contre les dirigeants sans réelle expérience ou qui servent de façade à d’autres intérêts. Le groupe rejette en particulier les personnes qualifiées d’« enfants de la politique », c’est-à-dire celles qui doivent leur position à leur famille ou à leur réseau plutôt qu’à leurs compétences, ainsi que les individus liés à des cercles de pouvoir locaux. Selon le collectif, ces personnes cherchent à accéder à des fonctions publiques non pas pour servir l’intérêt général, mais pour protéger ou favoriser leurs intérêts personnels.

 

À travers cet appel, les universitaires espèrent peser sur le choix des électeurs et rappeler l’urgence de réformes structurelles pour assurer un avenir durable à la Thaïlande.

 

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