Édition internationale

Thaïlande-UE : Bangkok veut accélérer les négociations

Bangkok souhaite accéléré la signature d’accords avec Bruxelles, tandis qu’Anutin Charnvirakul a dîné ce lundi 25 mai 2026 à l’Élysée avec Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron et Anutin Charnvirakul Emmanuel Macron et Anutin Charnvirakul
Écrit par Louis DELAUNOIS
Publié le 26 mai 2026


 

En déplacement à Paris, le Premier ministre thaïlandais a rencontré différents diplomates lundi 25 mai 2026 lors d’un petit déjeuner de travail.  Il a  appelé les représentants diplomatiques du royaume en Europe à intensifier leurs efforts afin d’accélérer les négociations d’un accord de libre-échange entre la Thaïlande et l’Union européenne. Le gouvernement estime qu’un tel accord est devenu stratégique pour renforcer la compétitivité du pays et attirer davantage d’investissements étrangers.

 

Une urgence économique face à la concurrence régionale

 

Bangkok craint de prendre du retard par rapport à plusieurs voisins d’Asie du Sud-Est déjà liés à l’Union européenne par des accords commerciaux préférentiels. Le Vietnam, notamment, bénéficie depuis plusieurs années d’un accord de libre-échange avec l’UE, offrant à ses exportateurs un avantage tarifaire important sur le marché européen.

Pour les autorités thaïlandaises, l’absence d’accord comparable risque d’affaiblir l’attractivité du royaume auprès des industriels étrangers, alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales se réorganisent et que les investisseurs cherchent de nouvelles bases de production en Asie.

 

Une stratégie diplomatique tournée vers l’investissement

 

Au-delà du commerce, la Thaïlande cherche également à renforcer son image auprès des partenaires européens. Le Premier ministre a demandé aux diplomates de promouvoir plus activement les opportunités d’investissement dans des secteurs jugés prioritaires, comme les technologies, l’industrie verte, les infrastructures ou encore l’économie numérique.

Bangkok souhaite se positionner comme une plateforme régionale au cœur de l’ASEAN, capable de servir de hub industriel et logistique pour les entreprises européennes cherchant à diversifier leur présence en Asie.

Le Premier ministre a présenté une stratégie nommée  « Diplomatie 2.0 » comme une forme concrète et proactive de diplomatie visant à maintenir l'équilibre dans un contexte de conflits mondiaux, en s'appuyant sur quatre piliers : la sécurité, la coopération économique, les questions sociales et environnementales, et l'aide humanitaire.

 

La Thaïlande, un pays stable

 

Le gouvernement thaïlandais veut rassurer les investisseurs étrangers sur la stabilité politique et économique du pays. Les autorités soulignent les efforts entrepris pour moderniser l’économie, améliorer le climat des affaires et renforcer les infrastructures.

Pour Bangkok, la conclusion d’un accord de libre-échange avec l’UE représenterait une étape majeure afin de consolider sa place parmi les principales économies exportatrices d’Asie du Sud-Est.

 

De l’importance d’intégrer l’OCDE

 

Pour rappel, l’OCDE est une organisation internationale regroupant des pays développés et émergents. Lors de cette rencontre, ce lundi 25 mai 2026, le Premier ministre thaïlandais a une nouvelle fois affirmé sa volonté de faire entrer la Thaïlande parmi les 50 pays les plus riches du monde. Selon l’organisation, un délai de cinq ans serait envisagé.

 

Un dîner de travail à l’Élysée

 

Initialement annoncé pour le mercredi 27 mai, le dîner organisé pour Anutin Charnvirakul à l’Élysée, à l’invitation d’Emmanuel Macron, a finalement eu lieu deux jours plus tôt, à la suite d’une réorganisation des agendas des deux dirigeants, ce lundi 25 mai 2026. Quatre grands points ont été abordés. lepetitjournal.com vous les détaille.

 

La France et la Thaïlande misent sur les investissements et les technologies d’avenir

 

Le président français et le Premier ministre thaïlandais ont affiché leur volonté de renforcer considérablement les relations économiques entre les deux pays. Les discussions ont principalement porté sur l’augmentation des échanges commerciaux et des investissements dans plusieurs secteurs stratégiques à forte valeur ajoutée.

Parmi les domaines ciblés figurent notamment les énergies renouvelables, le spatial, l’aéronautique, les réseaux énergétiques intelligents ainsi que les infrastructures liées à l’intelligence artificielle et aux centres de données. Autant de secteurs dans lesquels les entreprises françaises disposent d’un savoir-faire reconnu et que Bangkok considère comme prioritaires pour moderniser son économie.

 

Des entreprises françaises intéressées par la Thaïlande

 

À la suite d’échanges organisés avec le MEDEF International et plusieurs grands groupes français, différentes entreprises ont manifesté leur intérêt pour développer leurs investissements en Thaïlande. Les autorités thaïlandaises souhaitent attirer davantage de capitaux européens afin de consolider la place du royaume comme plateforme industrielle et technologique en Asie du Sud-Est. De son côté, la France a salué les investissements déjà réalisés par des entreprises thaïlandaises sur son territoire et espère voir cette dynamique se renforcer dans les années à venir.

 

L’accord de libre-échange avec l’UE au cœur des discussions

 

Le dossier de l’accord de libre-échange entre la Thaïlande et l’Union européenne a occupé une place centrale lors des discussions bilatérales. Bangkok considère cet accord comme une priorité stratégique et espère conclure les négociations avant la fin de l’année.

Le Premier ministre thaïlandais a remercié la France pour son soutien dans les négociations avec Bruxelles, estimant qu’un tel accord représenterait un tournant économique majeur pour les deux parties. L’objectif affiché est de renforcer les échanges commerciaux et d’améliorer l’attractivité de la Thaïlande auprès des investisseurs européens.

 

Une coopération renforcée en matière de sécurité

 

La Thaïlande et la France ont également convenu d’élargir leur coopération dans les domaines de la sécurité et de la cybersécurité. Les deux pays participent déjà ensemble à l’exercice militaire Cobra Gold, l’un des plus importants exercices militaires multinationaux de la région Asie-Pacifique.

Bangkok souhaite notamment intensifier la coopération internationale dans la lutte contre les escroqueries en ligne et la criminalité numérique, devenues des enjeux majeurs en Asie du Sud-Est. Selon le gouvernement thaïlandais, cette stratégie a déjà permis plusieurs arrestations, des rapatriements de suspects ainsi que la saisie de fonds issus d’activités illégales.

 

Les tensions régionales sur la table

 

Au cours de ce repas, le Premier ministre thaïlandais est également revenu sur les questions régionales, notamment les différends avec le Cambodge et la situation en Birmanie.

Il a réaffirmé l’attachement de la Thaïlande aux principes de souveraineté, de paix et de respect du droit international. Concernant les différends maritimes avec Phnom Penh, Bangkok a expliqué sa décision de dénoncer le mémorandum d’entente n°44 par l’absence de progrès après près de vingt-cinq années de discussions.

Le chef du gouvernement thaïlandais a toutefois insisté sur la volonté de maintenir le dialogue bilatéral avec le Cambodge, tout en s’appuyant sur les mécanismes du droit international.

Plus que jamais, la Thaïlande et la France ont voulu montrer l’image d’alliées.

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