Bangkok salue la trêve américano-iranienne mais le gouvernement prévient que les prix de l'énergie resteront élevés encore un à deux ans.


Anutin Charnvirakul a réagi depuis Bangkok ce lundi 15 juin 2026. Le Premier ministre thaïlandais décrit l'accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran comme « une évolution positive » susceptible de réduire les incertitudes mondiales et de soutenir la stabilité économique. Il a ajouté que la Thaïlande avait su absorber cette année une série de chocs externes, entre conflits armés, perturbations économiques et pressions sur les chaînes d'approvisionnement, et que le gouvernement s'appuyait sur des stratégies à long terme plutôt que sur des ajustements au fil des événements.
L'accord, annoncé conjointement par Washington et Téhéran, prévoit un arrêt des opérations militaires dans la région et la réouverture du détroit d’Ormuz que Donald Trump à confirmé. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a évoqué une fin immédiate des hostilités et l'ouverture de négociations sur un règlement durable. La signature est attendue en Suisse le vendredi 19 juin 2026.
La fermeture prolongée du détroit depuis le début du conflit a pesé sur les marchés de l'énergie et fait grimper les cours du brut, avec des répercussions directes sur les coûts de production, le transport et les prix à la consommation, en Thaïlande comme ailleurs.
Une Thaïlande dépendante
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Ekniti Nitithanprapas a salué la nouvelle, estimant qu'elle pourrait contribuer à faire baisser les prix de l'énergie et à réduire les risques pesant sur l'économie mondiale.
Selon lui, la Thaïlande reste structurellement dépendante des importations de carburant et vulnérable aux chocs énergétiques futurs. Un recul temporaire des cours ne change pas ce constat. « Le monde reste volatile. Le calme d'aujourd'hui peut être perturbé demain », a-t-il déclaré. Ekniti Nitithanprapas a précisé que le conflit avait affecté les capacités de production pétrolière et qu'un retour aux conditions d'avant-guerre n'était pas envisageable à court terme. La Thaïlande pourrait donc continuer à faire face à des coûts énergétiques élevés pendant encore un à deux ans, même si les marchés réagissent favorablement dans l'immédiat.
Poursuivre le déploiement des énergies renouvelables
Le gouvernement entend donc poursuivre ses programmes en faveur des énergies renouvelables, dont le déploiement de l'énergie solaire, pour renforcer la sécurité énergétique sur le long terme et réduire la dépendance aux importations. Les autorités surveillent par ailleurs les pressions inflationnistes et l'impact des prix de l'énergie sur les ménages et les petites entreprises.












