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Ce que la guerre au Moyen-Orient va coûter en Thaïlande

La NESDC modélise trois issues possibles au conflit au Moyen-Orient. Dans chaque cas, la Thaïlande ralentit. Ce que cela change pour votre quotidien.

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Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 28 avril 2026

 

4,9%. C'est le taux d'inflation que la Thaïlande devrait subir si le conflit au Moyen-Orient s'étend à toute la région jusqu'en 2027. Ce n'est pas qu’une hypothèse : c'est le pire des trois scénarios présentés lors d'une réunion interministérielle récente par la NESDC, le bureau gouvernemental chargé de la planification économique. Les partenaires autour de la table étaient le ministère des Finances, la Banque de Thaïlande et le Bureau du budget, réunis pour calibrer le cadre budgétaire 2027. La prévision de croissance pour 2026 a déjà été révisée à la baisse, à 1,4%, contre 2% estimés en début d'année. La Banque de Thaïlande retient 1,5%.

 

Si la paix arrive avant l'été

 

C'est le scénario optimiste. Les négociations aboutissent au cours du premier semestre, les exportations de pétrole du Golfe reprennent progressivement, le baril de brut Dubai descend à une moyenne de 90 dollars en 2026, puis à 75 dollars l'an prochain. L'inflation resterait à 2,9% cette année avec une croissance de 1,4% en 2026, puis 2,2% en 2027.

Pour un expatrié à Bangkok, cela ressemble à une année habituelle légèrement dégradée. Les prix continuent de monter mais sans brutalité.

 

Enlisement jusqu'en décembre

 

Deuxième scénario : le conflit dure jusqu'au second semestre 2026. Le pétrole se maintient à 110 dollars le baril sur l'ensemble de l'année. L'inflation grimpe à 4,6% et la croissance tombe à 0,8%.

4,6% d'inflation en Thaïlande se ressentent à la pompe et sur la facture d'électricité. La Thaïlande importe l'essentiel de son pétrole brut et produit une large part de son courant à partir de gaz naturel. Les deux postes montent ensemble. Les ménages thaïlandais, déjà fortement endettés selon la NESDC elle-même, réduisent leurs dépenses. La consommation intérieure flanche. Les restaurants répercutent les hausses sur la carte.

 

Extension régionale jusqu'en 2027

 

Troisième scénario : le conflit s'étend à l'ensemble de la région, sans résolution avant le premier semestre 2027. Le pétrole reste à 115 dollars le baril en 2026, puis à 110 dollars en 2027. L'inflation atteint 4,9% cette année, avant de retomber à 1,8% l'an prochain. La croissance descend à 0,7%.

À 0,7%, la Thaïlande ne crée plus guère d'emplois nets. Les secteurs exportateurs, à commencer par l'automobile et l'électronique, souffriraient des mesures protectionnistes américaines que la NESDC range également parmi les risques de l'année. S'y ajoute un possible Super El Niño, susceptible de réduire les récoltes et de pousser les prix alimentaires à la hausse. Pour un expatrié payé en euros ou en dollars, un baht affaibli améliore le pouvoir d'achat local à court terme. Mais une inflation à 4,9% sur les biens de consommation courante gomme une part de cet avantage.

Les agences gouvernementales travaillent pour l'instant sur la base du scénario 1 pour préparer le budget 2027. Le premier semestre 2026 n'est pas terminé.

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