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Thaïlande : de nouvelles mesures pour contrôler le marché des armes à feu

Dans une volonté d’accentuer le contrôle sur les armes à feu, de la distribution à la détention, la Thaïlande pourrait autoriser les citoyens à rendre les armes illégales sans risque de poursuites.

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Écrit par Clara AUTHIER
Publié le 19 août 2026


 

Le gouvernement thaïlandais envisage d’autoriser ses citoyens à remettre à l’État les armes à feu détenues illégalement, c’est-à-dire sans permis, sans risquer de faire face à des accusations criminelles. Le vice-Premier ministre a aussi annoncé que les personnes qui avaient illégalement mis en gage des armes à feu, étaient encouragées à les rendre plutôt qu’à les conserver. Citant l'Australie comme exemple, Pakorn Nilprapunt a déclaré que certains pays avaient introduit des programmes de rachat d'armes à feu pour les propriétaires agréés, bien que les politiques de contrôle des armes à feu n’étaient pas les mêmes.

Cette proposition s’inscrit dans le cadre d’une volonté gouvernementale de contrôler plus durement la circulation ou la possession d’armes à feu à travers le pays, en réponse à l’augmentation des fusillades enregistrées depuis 2023.

Le vice-Premier ministre a déclaré que des mesures similaires avaient été introduites huit fois par les gouvernements précédents mais que seul un nombre limité d'armes à feu avait été rendu à l’État. La Thaïlande se classe deuxième en Asie concernant le nombre d’armes à feu possédées par des particuliers. « La Thaïlande doit s’attaquer au grand nombre d’armes à feu déjà en circulation, en particulier les armes illégales qui sont entrées dans le pays lors de conflits passés dans les pays voisins », a-t-il expliqué.

 

Un durcissement des lois qui ne touche pas que les usagers

 

Ce contrôle des armes à feu, qui tend vers de plus en plus de fermeté, n’impacte pas seulement ceux qui en utilisent ou en possèdent mais aussi tout ce qui gravite autour, de l’économie au commerce, en passant par l’emploi.

Dans des propos recueillis par le Bangkok Post, un ancien armurier raconte comment le durcissement des lois thaïlandaises l’a impacté, au point de devoir fermer son commerce.

Comme tous les magasins spécialisés, après la fusillade du centre commercial de Bangkok en 2023, Warintorn Boonyachai ne pouvait plus importer de nouvelles armes. Ce durcissement des lois a mis le propriétaire dans l’impossibilité de réaliser de nouvelles ventes, compte tenu du stock qu’il ne pouvait désormais plus alimenter.

Pour couvrir les salaires de ses employés, il a décidé, il y a cinq mois, de convertir son commerce en boulangerie.

La situation de Warintorn Boonyachai montre une réalité de plus en plus courante en Thaïlande mais surtout, elle montre les conséquences économiques de la volonté de contrôle des armes à feu.

 

Des lois qui se durcissent mais à quel prix ?

 

Le renforcement des restrictions légales sur les armes à feu soulève une autre question : celle du marché noir.

Thititorn Bupparamanee, président de l'Association des commerçants d’armes à feu de Thaïlande, a déclaré, dans un article du Bangkok Post, que le durcissement des lois ne résoudrait pas le problème de la violence armée du pays. « Ils ne règlent pas le problème aux bons endroits, parce que s'ils le faisaient, il y aurait moins de criminalité », a-t-il déclaré.

Certains commerçants estiment que rendre plus difficile l’achat légal pourrait pousser certaines personnes à se tourner vers des armes obtenues illégalement. Selon eux, les lois n’empêcheraient pas les personnes le souhaitant de se munir d’armes à feu mais elles pourraient les pousser à se mettre en danger inutilement.

La question sécuritaire, qui motive le durcissement des lois, devra trouver son équilibre entre réduction de la violence armée et contrôle efficace des nombreuses armes déjà présentes dans le pays. Une refonte du système d’obtention de licence de vente et de port d’arme s’imposera elle aussi.

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