Olivier Bendel est tombé très jeune dans la marmite. La restauration c’est sa vie. Après Paris et Singapour, Bangkok est son nouveau terrain de jeu. Il y propose des tapas et de la cuisine de l’Isan.


« La cuisine m’a pris très tôt dans ses filets. J’ai toujours adoré manger. Mes grands-parents m’emmenaient dans de beaux hôtels et de bons restaurants. Entre 10 et 12 ans, j’ai commencé à cuisiner en me plongeant dans les livres des grands chefs. Mes parents étaient moins intéressés alors je faisais tout ça le week-end, chez mes grands-parents. Pour mes 13 ans, mes parents m’ont demandé ce que je voulais : j’ai demandé un repas dans un restaurant 3 étoiles. Ils m’ont emmené à Roanne chez Troisgros. On m’a proposé le menu enfant. J’ai dit non et j’ai commandé des ris de beau. Pierre Troisgros est arrivé. Il m’a emmené en cuisine. Je me suis installé autour du piano à le regarder. J’ai décidé que ce serait mon métier. »
L’école hôtelière de Lausanne pour bien se former
Olivier Bendel a aujourd’hui 55 ans. Parisien d’origine, il passe son bac avant une papa avocat ne lui intime presque l’ordre de débuter des études de Droit. Il abandonne vite pour s’adonner à sa passion de toujours et intégrer l’école hôtelière de référence, à Lausanne. À la sortie, il ne tarde pas à montrer ses capacités hors du commun. Il rejoint le spécialiste des moules-frites Léon de Bruxelles, devient vite directeur d’un restaurant à Paris puis directeur général du groupe. Sous son mandat, 47 restaurants seront ouverts en France, jusqu’à l’entrée en bourse. Un fonds de pension prend la main. Les dirigeants historiques s’en vont. Lui doit rester six mois. « Ils ne comprennent rien à ce métier. Ça dure 48 heures. »
Il n’est pas fait pour la retraite
Olivier a besoin de faire son deuil. « J’ai l’impression d’abandonner les équipes, explique-t-il. Je fais un tour du monde de quelques mois. Je rejoins en Suisse un ancien de Lausanne. On ouvre de nouveaux marchés pour Nespresso pro en Asie et en Amérique. Le démarrage est compliqué mais ça finit par bien se passer et Nestle nous rachète. Je faisais alors 12 tours du monde par an. Je dis à mon ex-femme que je prends ma retraite et qu’on part pour l’Asie parce qu’on l’aime tous les deux. Nos enfants sont petits. Elle choisit Singapour. On est en 2009. »

Après quelques mois, Olivier tourne comme un lion en cage. Il n’est pas fait pour la retraite. Il ouvre la première Entrecôte de Singapour. Puis Sabio, premier tapas de Singapour. « C’était un endroit tout petit, d’à peine 25 places, mais très vite, tous les soirs, il y avait 100 personnes debout dans la rue à boire une sangria et grignoter, la vraie ambiance d’un tapas espagnol. »

Olivier Bendel aura jusqu’à une dizaine de restaurants à Singapour. Il lui reste aujourd’hui 3 Entrecôte.
Olivier Bendel a ouvert 77 restaurants
C’est en 2024 qu’il se dédouble en Thaïlande en 2024 avec une double idée. Le marché devient compliqué à Singapour et il ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Côté vie privée, il s’est séparé de son épouse et la nouvelle femme de sa vie est à moitié thaïlandaise. Même si Olivier est devenu citoyen singapourien, le couple envisage de passer ses vieux jours entre les deux pays.

Olivier Bendel a ouvert Sabio, à Sukhumvit d’abord, avant de déménager dans l’enceinte de l’hôtel voco, qui a ouvert fin 2025 à Surawong. « Nous avions ouvert au 5ème étage d’Emsphere, un étage qu’avant ouverture on nous avait promis festif et international et qui est en fait assez calme et très thaïlandais. En cherchant un nouvel endroit, nous avons rencontré le directeur général du voco Bangkok Surawong, Walid Ouezini. L’hôtel envisageait d’avoir un restaurant espagnol. La rencontre s’est faite au bon moment. »

À l’ancien emplacement, Olivier a ouvert un restaurant thaïlandais, spécialisé dans la cuisine de l’Isaan. Il s’appelle Jae Bank Isaan. Lui qui aime donner son avis sur toutes les recettes, pour la première fois de sa carrière, ne les maîtrise pas. Après avoir ouvert 77 restaurants !
Installer Tasca Sabio tout en haut de la liste
Olivier Bendel le redonnait, à Bangkok, il en est encore à la phase d’apprentissage. Il découvre un nouveau marché, très différent de Singapour, plus festif, plus animé. Les clients dépensent, certes, mais dans une économie qui n’est pas la même, avec des marges plus faibles. Celui qui s’appelle désormais Tasca Sabio n’est pas le seul restaurant espagnol de Bangkok mais Olivier veut l’installer tout en haut de la liste. Considérant la qualité de ce qu’il nous propose à manger, il devrait y parvenir, même s’il faudra certainement un peu de temps.
J’ai plein d’idées pour Bangkok
Et ensuite ? « Je sais que je ne suis pas capable de m’arrêter. J’ai plein d’idées pour Bangkok et j’y aurai peut-être un jour 10 restaurants. Ma compagne et moi avons envie de faire de Bangkok une vraie base. Bien sûr, il y a toujours des inconvénients. Il faut apprendre, évoluer, s’intégrer à l’endroit où l’on s’installe, comprendre et vivre Bangkok. Avoir une compagne à moitié thaïlandaise m’y aide. Ce qui est sûr c’est une mon avenir est asiatique. J’adore rentrer en Europe pour les vacances mais après, il faut que je rentre à la maison. »
Tasca Sabio Bangkok, c’est ici :
https://maps.app.goo.gl/oAU83XNCYpVgWhCf6?g_st=ic
Jae Bank Isaan, c’est là :
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