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Pendant que Koh Lan croule sous les déchets, à Phuket on débat du tourisme durable

Phuket a accueilli 580 délégués de 55 pays pour parler tourisme durable. À 650 km de là, Koh Lan accumule 150.000 tonnes de déchets.

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Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 27 avril 2026


 

À Koh Lan, l'île-carte-postale de Pattaya, les cocotiers poussent au-dessus d'un stock de 150.000 tonnes de déchets. L'île reçoit 5 millions de visiteurs par an et génère plus de 10.000 tonnes supplémentaires d'ordures chaque année. Le maire de Pattaya, Poramet Ngampichet, a inspecté un incinérateur récemment confié à Smart Waste Management Co, censé traiter les 150.000 tonnes déjà accumulées. Vasu Klomkliang, président de la société, assure que l'installation sera « sans odeur et peu polluante ». Un centre pédagogique de tri sera ouvert prochainement aux touristes et aux résidents de l'île.

Pendant ce temps, à 650 kilomètres au nord-ouest, Phuket accueillait en cette fin avril la Global Sustainable Tourism Conference 2026, avec 580 délégués de 55 pays et, en conclusion, un appel au gouvernement à faire davantage. L'écart entre les deux images résume assez bien l'état du tourisme vert en Thaïlande.

 

Des standards, mais lesquels ?

 

Seuls 1 à 2% des hôtels dans le monde disposent d'une certification reconnue par le Conseil mondial du tourisme durable. La Thaïlande n'échappe pas à cette réalité. Son problème n'est d'ailleurs pas l'absence de labels, c'est l'inverse : plusieurs certifications « durables » coexistent sur le marché thaïlandais, sans qu'aucune n'impose sa référence. Chaque organisme propose ses critères, ses barèmes, ses étoiles. Le programme d'autoévaluation de l'Autorité du tourisme de Thaïlande, censé servir de point d'entrée, ne couvre à son niveau de base que trois critères des objectifs de développement durable de l'ONU. Trois sur dix-sept... Un hôtel peut afficher un label sans que son voisin ni son client ne sache vraiment ce qu'il certifie.

Pour les petits hôteliers, investissement initial et démarches administratives restent les deux freins principaux. Des prêts verts existent mais leurs taux ne convainquent pas. La Thai Hotels Association réclame que les hôtels déclarés, soumis aux normes et aux taxes, obtiennent des avantages que les hébergements non licenciés n'auraient pas. Airbnb sauvages, guesthouses au noir : ces structures captent les mêmes touristes sans aucune contrainte. Un rééquilibrage que le secteur attend depuis plusieurs années.

 

Le chantier concret

 

À Koh Lan, les travaux avancent sans attendre les conférences. Financé à hauteur de 241,55 millions de bahts par l'État, la construction du nouveau débarcadère a démarré en mars 2025. Livraison prévue en août 2027. Un ponton plus grand, une capacité d'accueil accrue. L'île croule déjà sous 150.000 tonnes de déchets accumulés. Elle aura bientôt une porte d'entrée plus large.

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