Le dramatique effondrement d’une grue de chantier sur un train de passagers en Thaïlande, survenu le 14 janvier 2026, résulte d’une série de négligences et d’erreurs de sécurité, selon le ministère des Transports.


Le 14 janvier 2026, près du district de Sikhio , en Thaïlande, une grue s’est effondrée sur un train. L’accident a impliqué une imposante structure métallique utilisée dans le cadre du projet de train à grande vitesse reliant Bangkok au nord-est du pays. Une partie de cette grue spécialisée, appelée « Launching Gantry », s’est effondrée au moment du passage d’un train de voyageurs assurant la liaison Bangkok–Ubon Ratchathani. Pour rappel, le bilan humain est particulièrement lourd avec 31 personnes qui ont perdu la vie et 71 autres ont qui été blessées, faisant de cette catastrophe l’un des accidents ferroviaires les plus meurtriers survenus Thaïlande ces dernières années.
Un « échec systémique »
Dans son rapport, le ministère des Transports ne parle pas d’une erreur isolée mais d’un véritable « échec systémique », impliquant plusieurs niveaux de responsabilité. Les enquêteurs estiment que plusieurs procédures de sécurité essentielles n’ont pas été respectées lors des opérations de déplacement de la grue.
Selon les conclusions officielles, les équipes techniques auraient déplacé la structure sans repositionner correctement certains points d’appui destinés à répartir la charge. Cette mauvaise manipulation aurait concentré plus de 700 tonnes sur un seul support métallique, provoquant finalement la rupture des fixations et l’effondrement de l’ensemble.
Le rapport pointe également du doigt des insuffisances dans la supervision du chantier ainsi qu’un manque de contrôle de la part des autorités ferroviaires.
Une entreprise chinoise mise en cause plusieurs fois
L’entreprise chinoise China Railway No.10, filiale du géant public China Railway Group (CREC), se retrouve aujourd’hui au cœur de plusieurs scandales majeurs en Thaïlande. En mars 2025, alors que la Thaïlande, et particulièrement Bangkok, est touchée par un séisme relativement important, un immeuble en construction réalisé par cette même entreprise s’effondre. 96 personnes trouvent la mort dans ce tragique effondrement.
Les enquêteurs thaïlandais soupçonnent l’utilisation de matériaux non conformes, de faux documents d’ingénierie ainsi qu’un système de prête-noms destiné à contourner la législation thaïlandaise sur les investissements étrangers. Ces deux catastrophes ont profondément choqué l’opinion publique et relancé les critiques sur les normes de sécurité appliquées à certains grands projets d’infrastructure liés aux investissements chinois en Asie du Sud-Est.
Vers un renforcement des règles de sécurité
À la suite de la catastrophe, le ministère des Transports recommande une série de mesures destinées à éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Parmi elles figurent l’interdiction des travaux au-dessus des voies ferrées lors du passage de trains, le renforcement des inspections indépendantes des grues de chantier et l’installation de systèmes de surveillance en temps réel.
Les autorités souhaitent également durcir les sanctions contre les entreprises qui enfreignent les protocoles de sécurité sur les grands chantiers d’infrastructure.
Le projet de train à grande vitesse reliant Bangkok à la Chine, développé en coopération entre les deux pays, constitue l’un des principaux investissements stratégiques de la Thaïlande dans le domaine des transports. L’accident et ces conclusions relancent les interrogations sur l’ensemble des normes de sécurité appliquées aux grands travaux dans le pays.












