Le Cambodge a officiellement enclenché un mécanisme prévu par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) pour tenter de résoudre son différend maritime avec la Thaïlande.


L’initiative cambodgienne a été accueillie avec calme par Bangkok, estimant que sa position reste inchangée malgré cette démarche diplomatique.
Phnom Penh porte le dossier devant l’UNCLOS
Le gouvernement cambodgien a annoncé avoir engagé une procédure de conciliation obligatoire dans le cadre de l’UNCLOS, afin de traiter le contentieux maritime qui l’oppose à la Thaïlande dans le golfe de Thaïlande. Selon Phnom Penh, cette initiative vise à défendre ses droits souverains sur une zone maritime contestée après la décision de Bangkok de mettre fin à l’accord de 2001, plus connu sous le nom de « MOU 44 ». Cet accord constituait jusqu’alors le principal cadre de négociation entre les deux pays sur leurs revendications respectives. Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a affirmé que cette démarche s’inscrivait dans le respect du droit international.
Toujours pas d’accord sur la zone maritime
Au cœur du litige se trouve une vaste zone maritime d’environ 26.000 kilomètres carrés située dans le golfe de Thaïlande. Cette région est considérée comme particulièrement stratégique en raison de ses importantes réserves potentielles de pétrole et de gaz naturel. Depuis plus de deux décennies, Bangkok et Phnom Penh tentent de trouver un terrain d’entente sur la délimitation de leurs espaces maritimes respectifs, sans parvenir à un accord définitif.
Bangkok refuse toute escalade
Du côté thaïlandais, le Premier ministre a minimisé la portée de l’initiative cambodgienne. Selon lui, la Thaïlande n’a aucune raison de modifier sa stratégie ni de répondre par des mesures particulières. Le chef du gouvernement estime que la position thaïlandaise demeure solide et cohérente, malgré la décision du Cambodge de recourir à un mécanisme international. Anutin Charnvirakul a également rappelé que Bangkok privilégie traditionnellement les négociations bilatérales pour résoudre les différends avec ses voisins, plutôt que les procédures internationales.
Un nouveau chapitre dans les relations bilatérales
Si la procédure engagée par Phnom Penh ne garantit pas une résolution rapide du différend, elle marque néanmoins une évolution importante dans la gestion de ce dossier sensible. En choisissant de s’appuyer sur les mécanismes de l’UNCLOS, le Cambodge cherche à donner une dimension internationale à un contentieux longtemps traité dans un cadre bilatéral.
Il n’y a plus qu’à attendre l’évolution des différentes procédures engagées afin de potentiellement parvenir à un accord entre les deux pays.












