Édition internationale

Thaïlande-Cambodge : l'ONU pour arbitre, 300 milliards pour enjeu

Bangkok et Phnom Penh portent leur querelle maritime devant les Nations Unies. Au fond du golfe de Thaïlande : du pétrole, du gaz et vingt-cinq ans de négociations qui n'ont mené nulle part.

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Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 8 juin 2026


 

Le 2 juin 2026, le Cambodge a formellement saisi l’UNCLOS, le mécanisme de règlement des différends maritimes de l'ONU, après que Bangkok a résilié en mai 2026 un accord-cadre de 2001 sur les eaux disputées du golfe de Thaïlande. La zone en question couvre 26.000 km² et contiendrait des réserves de gaz et de pétrole estimées à 300 milliards de dollars. Vingt-cinq ans de négociations bilatérales n'ont produit aucun résultat.

Le 5 juin 2026, Bangkok a finalement accepté de participer au processus. Le gouvernement thaïlandais a jugé nécessaire de le préciser deux fois en trois jours : cette participation ne concerne que la frontière maritime, pas le partage des ressources. Le ministère des Affaires étrangères a même publié un infographique sur Facebook pour expliquer au public que la procédure n'est pas contraignante. Autrement dit : on vient, on ne cède rien et on le dit fort.

 

Une rencontre à New York sans résultat

 

De son côté, Phnom Penh accuse Bangkok d'avoir rompu ses engagements en résiliant l'accord de 2001. Bangkok accuse Phnom Penh de saper la confiance en saisissant l'ONU. Les deux ministres des Affaires étrangères s'étaient rencontrés le 26 mai 2026 en marge d'un débat du Conseil de sécurité à New York. Sans résultat non plus.

La résiliation de l'accord par Bangkok était une promesse de campagne du Premier ministre Anutin Charnvirakul, réélu en février 2026 sur fond de sentiment nationaliste après deux affrontements militaires avec le Cambodge en 2025. La souveraineté, ça se vend bien dans les urnes. Le pétrole aussi, quand on sait à qui il appartient.

L'ONU a enregistré les lettres. Les experts seront nommés. Les recommandations ne seront pas contraignantes. Les 300 milliards restent pour l’instant au fond de l'eau.

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