Édition internationale

Sommet de l'ASEAN : transformer la crise en opportunité

Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, participe du 7 au 9 mai 2026 au 48e Sommet de l'ASEAN à Cebu, aux Philippines, sur le thème « Navigating Our Future, Together ». Un slogan d'avenir partagé, malgré tout.

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Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 7 mai 2026


 

Au 48ème Sommet de l’Asean, organisé à Cebu, aux Philippines, outre le Premier ministre thaïlandais, neuf chefs d'État ou de gouvernement sont sur la liste des invités : le Sultan Hassanal Bolkiah de Brunei, Hun Manet (Cambodge), Prabowo Subianto (Indonésie), Sonexay Siphandone (Laos), Anwar Ibrahim (Malaisie), Ferdinand Marcos Jr (Philippines), Lawrence Wong (Singapour), Xanana Gusmão (Timor-Leste) et Le Minh Hung (Vietnam). Le secrétaire général de l'ASEAN, Kao Kim Hourn, des représentants du Myanmar et la Banque asiatique de développement complètent le plateau.

 

Une crise qui a rebattu les cartes

 

Le sommet devait durer cinq jours. Ferdinand Marcos Jr (Philippines) l'a réduit à trois, pour recentrer les discussions sur l'essentiel. Signal clair de l'urgence.

L’essentiel du débat portera sur le détroit d'Ormuz. Depuis les premières frappes américano-israéliennes contre Téhéran fin février 2026, le passage est quasiment fermé. Avant la guerre contre l'Iran, 84% du pétrole brut et 83% du gaz naturel liquéfié destinés à l'Asie transitaient par là. Pour des pays comme la Thaïlande, qui achète l'essentiel de ses hydrocarbures dans le Golfe, la perturbation se répercute directement sur les prix à la pompe et les coûts de production agricole. Les ministres de l’Économie de l'ASEAN ont déjà évoqué des pistes concrètes : diversification des sources d'énergie, développement des renouvelables, activation de l'ASEAN Power Grid.

L'alimentation suit la même logique. Engrais et céréales transitent par des zones sensibles. Une disruption prolongée ferait monter les prix locaux dans des pays où l'agriculture reste un secteur majeur.

Enfin, plusieurs millions de travailleurs originaires d'Asie du Sud-Est sont employés au Moyen-Orient. En cas d'escalade, leur rapatriement deviendrait une urgence diplomatique pour Bangkok comme pour Manille ou Jakarta.

 

La stratégie d’Anutin Charnvirakul

 

Le Premier ministre cadre la réunion en termes offensifs. Devant la presse, avant son départ, il a déclaré vouloir « utiliser les crises qui frappent d'autres régions du monde pour créer des opportunités pour la nôtre » donc profiter du réalignement des chaînes d'approvisionnement mondiales pour positionner l'ASEAN et la Thaïlande comme hub alternatif pour le commerce, la logistique et l'investissement.

Reste que les vraies décisions se prendront ailleurs qu'en plénière. Anutin Charnvirakul l'a dit lui-même : « C'est un forum régional donc les dirigeants se connaissent déjà. Même sans réunion formelle au sommet, nous restons en contact permanent. »

Du concret sortira-t-il du Sommet ? Le communiqué final est attendu samedi 9 mai 2026.

 

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