Élections encore incertaines, économie en panne, tourisme fragilisé et faits divers : la Thaïlande est particulièrement présente dans la presse française.


Élections et économie : la Thaïlande face à un décrochage régional
En attendant des analyses politiques plus poussées, qui viendront avec la publication des résultats définitifs des élections législatives, les médias économiques français ont livré leurs analyses avant même le scrutin thaïlandais. Plus que la recomposition parlementaire encore floue, ce sont les enjeux économiques de ces élections qui ont retenu l’attention. BFM et Les Échos se sont ainsi penchés sur l’état réel de l’économie du royaume et sur les défis majeurs qui attendent le futur gouvernement.
Dans Les Échos, la campagne électorale est décrite comme un exercice d’évitement. Si tous les partis reconnaissent que le modèle économique thaïlandais arrive à bout de souffle, aucun n’a réellement fait des réformes structurelles le cœur de son programme. « Les grands partis reconnaissent que l'économie doit être restructurée mais aucun n'a centré sa campagne sur ce sujet », souligne le quotidien.
À la place, la scène politique est dominée par des promesses électorales spectaculaires et coûteuses : loteries géantes, aides directes aux ménages, propositions parfois insolites destinées à capter l’attention d’un électorat inquiet. Les Échos expliquent cette stratégie par l’absence de parti dominant et par la nécessité, pour chacun, de rester compatible avec d’éventuelles alliances post-électorales.

BFM adopte un ton encore plus sévère et parle sans détour d’une Thaïlande devenue « l’homme malade de l’Asie ». « En dix ans, la Thaïlande, autrefois considérée comme un modèle, est devenue « l’homme malade » de l’Asie », estime l’économiste Burin Adulwattana, cité par la chaîne. La croissance plafonne à des niveaux « à l’européenne », très loin de ceux affichés par les voisins régionaux.
Les deux médias convergent sur un point : quel que soit le vainqueur du scrutin, le futur exécutif devra se confronter à des défis particulièrement relevés. « Quel que soit le parti qui l'emportera, il héritera d'une économie fragile », résume un analyste repris par Les Échos, évoquant des contraintes budgétaires sévères et des défis démographiques lourds.
Une économie à bout de souffle, coincée dans le « piège du revenu intermédiaire »
BFM détaille longuement les causes du ralentissement thaïlandais. Le moteur historique des exportations industrielles s’essouffle, notamment dans l’automobile, tandis que les droits de douane américains et la concurrence chinoise pèsent sur la compétitivité du pays. La chaîne rappelle également que l’appréciation du baht pénalise à la fois les exportations et l’attractivité touristique.
Autre point noir largement mis en avant : l’endettement massif des ménages, proche de 90 % du PIB, qui bride la consommation intérieure. Les salaires progressent peu et la Thaïlande ne peut plus s’appuyer sur son avantage historique de main-d’œuvre bon marché. Selon BFM, le pays est désormais pris dans le « piège du revenu intermédiaire », ce moment où les stratégies de croissance anciennes ne suffisent plus à franchir un nouveau cap de développement.
Tourisme : la grande désillusion du « Pays du sourire »

Ce malaise économique se reflète directement dans le secteur touristique, comme le souligne Ouest-France. Le journal dresse le portrait d’une destination en perte de repères, incapable de retrouver son niveau d’avant-Covid. « S’il est un pays qui semble ces derniers temps ne pas trop savoir où il va en matière de tourisme, c’est bien la Thaïlande », écrit Ouest-France. En 2025, le pays n’a accueilli que 32,97 millions de visiteurs étrangers, loin des près de 40 millions d’avant la pandémie et derrière la Malaisie, devenue leader régional.
Le quotidien insiste sur l’accumulation de facteurs négatifs : règles d’entrée sans cesse modifiées, tensions avec le Cambodge, fermetures prolongées de sites naturels, chute du marché chinois, hausse du coût de la vie et concurrence accrue d’autres destinations asiatiques. À cela s’ajoute une dégradation de l’image du pays, minée par la pollution, le surtourisme et les arnaques visant les étrangers. Face à cette situation, les autorités veulent reprendre la main. « Il y a urgence », résume Ouest-France, évoquant une volonté officielle de recentrer la stratégie touristique sur la qualité, la durabilité et des offres plus ciblées, loin d’un tourisme de masse parfois jugé incontrôlé.
Koh Samui : la vitrine dorée du succès français

À contre-courant de cette crise, TF1, à travers un reportage de Sept à Huit, s’intéresse à Koh Samui, devenue en une décennie « l’île préférée des Français ». Le média avance le chiffre de 6.000 Français installés sur cette île de 65.000 habitants.
Le magazine de TF1 dresse le portrait de David, entrepreneur originaire de Perpignan, qui a fait le pari d’un tourisme haut de gamme et festif. « Changer de vie, pourquoi attendre la retraite ? », questionne-t-il. Son hôtel-restaurant-beach club cartonne. « On est quasiment full tout le temps », affirme-t-il.
Le reportage montre une île mondialisée, où se croisent clients russes, européens et moyen-orientaux, DJ internationaux et gastronomie importée. Une réussite éclatante, mais qui illustre aussi une Thaïlande à deux vitesses, où certaines niches prospèrent pendant que le reste du pays doute.
Exil birman : Arte éclaire une tragédie silencieuse

Arte propose un nouveau reportage intitulé « Thaïlande : l’exil sans fin des Birmans ». Le documentaire rappelle que, cinq ans après le coup d’État en Birmanie, des centaines de milliers de personnes continuent de fuir la guerre civile et la répression militaire. « Des centaines de milliers d’exilés fuient bombardements, crise économique et pressions politiques de la junte », rappelle Arte. Le reportage se concentre sur ces communautés birmanes installées en Thaïlande, souvent dans une grande précarité, et invite avant tout à aller découvrir le documentaire pour mesurer l’ampleur humaine du drame.
Fait divers à Phuket : l’image touristique écornée

Dans La Charente Libre, l’actualité thaïlandaise passe par un fait divers embarrassant. Un couple français, filmé en plein acte sexuel à l’arrière d’un tuk-tuk à Phuket, a provoqué une vague d’indignation. La vidéo, devenue virale, a suscité de vives réactions en Thaïlande, beaucoup dénonçant « un manque de respect envers les normes culturelles locales ». Rapidement interpellés, les deux touristes ont été condamnés à une amende, leurs visas annulés et leur expulsion confirmée. Une affaire qui relance le débat sur le comportement de certains visiteurs et ses conséquences sur l’image du pays.
Boxe : un Nantais tente sa chance à Bangkok

Dans un registre plus positif, Ouest-France suit le parcours de Benjamin Dubois, boxeur nantais engagé dans son vingtième combat professionnel, le troisième consécutif en Thaïlande. Séduit par le pays lors d’un road trip, il y a trouvé de nouvelles opportunités sportives. « La boxe thaï est évidemment le premier sport de combat mais la boxe anglaise fait peu à peu son trou », explique-t-il. À Bangkok, il vise une ceinture régionale, avec l’espoir que « ça se finira mieux que la dernière fois », après une décision controversée.












